Mardi 31 janvier, une grève est organisée dans l’Education nationale, contre les sup- pressions de postes et contre la réforme de
l’évaluation des enseignants. Cette dernière a pour conséquences un ralentissement des aug- mentations de salaires (jusqu’à 15 000 euros de perte sur une carrière) et un accroissement du poids de la hiérarchie.
Suppressions de postes
Les suppressions de postes se chiffrent à 5 700 cette année dans le premier degré, soit 98 à Paris (131 dans le second degré). Cela nuit à la qualité de l’éducation, avec une augmentation du nombre d’élèves par classe, la suppression des postes de remplaçants et des RASED.
Pour les étudiants qui passent le concours, cette saignée représente deux dangers. D’abord, ce sont autant de postes en moins offerts au con- cours. C’est aussi un grand danger pour le statut de fonctionnaire. En effet, les rectorats multiplient les appels aux étudiants passant le concours ou ayant échoué pour les recruter comme contrac- tuels. Les étudiants de master en alternance sont les cobayes les plus visibles : des salaires payés très en retard et payés à la journée (les congés ne sont pas rémunérés), un refus de la part du rectorat de payer les indemnités ZEP et les congés maladie. Ils sont d’ailleurs mobilisés pour faire valoir leurs droits, pour obtenir du rectorat des conditions de travail correctes.
Pour rejeter la précarité, obtenir un plus grand nombre de postes aux concours, l’ouverture de la liste complémentaire, il faut s’opposer aux suppressions de postes !
Menace sur les IUFM
Alors que la masterisation a déjà causé de si nom- breux dégats, le gouvernement prévoit d’étudier le 8 février un projet de loi qui supprime tout rôle aux IUFM dans la formation des maîtres. Suppri- mant la référence aux IUFM, le projet de loi la remplace par « notamment par les universités ». Quelles seraient les conséquences ?
- La réduction des budgets des IUFM : actuelle- ment, ils sont décidés par le ministère, sans que les universités puissent y toucher. En les suppri- mant de la loi, ils perdent leur spécificité.
- La possibilité que la formation des maîtres, avant comme après le concours, soit effectuée par des officines privées, y compris confes- sionnelles, ou part les rectorats... Cela casse tout cadre national !
La mobilisation commence à s’organiser pour refuser la suppression des IUFM.
La mobilisation du 31 janvier peut aussi permettre d’échanger sur les conditions de travail et d’études à l’IUFM cette année.
Pour une formation et des diplômes de qualité, il faut s’organiser et faire entendre notre voix !
Mardi 31 janvier
Réunions d’information et de discussion
12h à Batignolles et à Molitor
Grève et manifestation, 14h RER Luxembourg
Etudiants et formateurs mobilisés, avec : SNUipp-FSU, SUD-éducation, CGT-éduc’Action

La saignée des postes se poursuit dans l’Éducation Nationale, aggravant toujours plus les conditions de travail des personnels et les conditions d’étude des élèves. Encore plus de 10000 postes en moins cette année, plus de 80000 depuis 2007 ! C’est bien la casse du service public de l’éducation qui se poursuit !
Les lycées professionnels sont particulièrement touchés cette année, dans le cadre d’un ensemble de projets visant à casser la formation professionnelle publique, au détriment, principalement, des élèves des classes populaires (loi relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie...).
Parallèlement, le ministère n’a pas encore pris acte du refus, par la profession, de son projet de réforme de l’évaluation des enseignants, qui représente l’avènement d’un management sur le modèle de l’entreprise capitaliste obéissant à des logiques comptables et non éducatives, mais aussi l’individualisation, la mise en concurrence, la caporalisation des personnels.
La notation-évaluation déjà mise en place pour les personnels non-enseignants a déjà démontré sa nocivité avec l’augmentation des pressions hiérarchiques, l’infantilisation des personnels, la gestion individualisée des carrières que l’on veut désormais étendre aux enseignants. La fédération SUD éducation dénonce ce projet et appelle à construire dans l’unité la mobilisation pour le contrer.
Le projet d’évaluation des enseignants doit être retiré !
Les modalités d’évaluation-notation des personnels administratifs, ouvriers, de santé et du social doivent être abandonnées !
Tous les postes supprimés doivent être rétablis !
C’est sur ces revendications que SUD Éducation appelle tous les personnels de l’Éducation Nationale, de la maternelle à l’université, à se mettre en grève le 31 Janvier 2012, et à se réunir en assemblées générales pour déterminer les suites de l’action.
Elle les appelle également à manifester leur opposition à ces mesures et suppressions de postes sous les formes les plus adaptées à la réalité locale de la mobilisation : reconduction de la grève là où c’est possible, manifestations, rassemblement – boycott des comités techniques, etc.
Elle s’adresse dès aujourd’hui aux fédérations de l’éducation nationale pour leur proposer de s’associer à cet appel.

Voeux_Education_JLM_30_janvier_2012

C'était à l'automne 2011, devant un parterre d'entrepreneurs à l'Elysée. Nicolas Sarkozy leur confiait qu'il n'avait pas eu le "courage" de réformer l'école.
Courage est le terme qui convient pour des hommes politiques de droite lorsqu'il s'agit de se frotter à la jeunesse. La loi Devaquet de 1986 sur les universités, le smic-jeunes d'Edouard Balladur en 1994, le contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin en 2006: tous ont perdu face aux jeunes.

Et lorsque M. Sarkozy a vu les émeutes urbaines en Grèce, en décembre 2008, il a vite retiré la réforme du lycée de son ministre de l'éducation
Xavier Darcos. Pourtant, le chef de l'Etat estime
avoir un atout en main : la réforme des universités, devenues autonomes. Ce qu'il a accompli pour l'enseignement supérieur, il souhaite le
réaliser dans le secondaire au cours d'un éventuel second quinquennat.
"
SUJET EXPLOSIF
L'éducation et la recherche constituent pour la France un formidable moyen de reprendre son destin en main", a déclaré le président de la République, jeudi 5 janvier, à l'occasion de la présentation des vœux à la communauté éducative, près de Poitiers.
Son diagnostic est que les parents d'élèves et leurs enfants ne sont guère satisfaits de l'enseignement public. Le ministre de l'éducation, Luc Chatel, a constaté le succès de l'école privée. M.Sarkozy observe l'engouement pour Acadomia, l'entreprise de cours particuliers.
Il faut donc agir en conciliant deux thèses. M. Chatel, pour répondre aux attentes des parents, a voulu s'attaquer aux rythmes scolaires – trop d'heures de cours sur trop peu de semaines. C'est un sujet explosif, car il implique de réduire de quinze jours les vacances d'été. Le conseiller éducation de l'Elysée, Jean-Baptiste de Froment, s'intéresse davantage, lui, à la revalorisation du métier d'enseignant et à l'autonomie des établissements.
Pour le chef de l'Etat, il n'est pas question de revenir sur la réduction des effectifs. "La question n'est pas celle des moyens, qui ont augmenté de 80% ces trente dernières années sans résultats tangibles", a-t-il dit jeudi, avant d'attaquer le candidat socialiste, François Hollande : "Plus de professeurs, moins payés, moins motivés, moins impliqués dans les établissements au service des élèves. Est-ce vraiment cela que nous voulons ?" "Je veux le dire comme je le pense: imaginer la recréation de postes dans l'Education nationale, c'est irresponsable, compte tenu de la situation financière de notre pays", a-t-il ajouté.
Mais l'axe de campagne suscite des doutes. "Nous sommes assimilés à la suppression du nombre de professeurs", analyse un ministre. M. Sarkozy peut difficilement réitérer l'opération séduction qui lui avait permis de conquérir, en 2007, une partie du vote enseignant. Surtout si l'ex-ministre de l'éducation socialiste Claude Allègre (1997-2000), 74 ans, refait son apparition dans la galaxie sarkozyste.
Le chef de l'Etat avait fait miroiter une entrée au gouvernement à M. Allègre, en 2009, mais avait reculé après l'excellent score des Verts aux élections européennes, juste avant le sommet de Copenhague sur le climat.
Sourece : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/05/sarkozy-veut-reconquerir-le-vote-enseignant_1626115_1471069.html
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2012, année de résistance et d'espoir.
Résistance devant les attaques sourdes du gouvernement qui a profité des vacances de fin d'année pour préciser les contours de la saignée de la rentrée 2012 en terme de suppressions de postes.
Espoir car les échéances électorales qui se profilent permette d'enclencher la révolution citoyenne pour porter une rupture radicale et concrète avec le système et enfin assigner à l'école de la République des missions claires pour servir l'intérêt général et non plus celui d'une petite oligarchie.
Mais les voeux sont aussi l'occasion de préciser en profondeur l'idée que nous nous faisons de l'école de la République. C'est pourquoi Jean-Luc MELENCHON, candidat unitaire du front de Gauche à la présidentielle, présentera ses voeux pour 2012 à l'ensemble de la communauté éducative le 30 janvier prochain à Paris, au théâtre La Comedia.
Nous devons faire de ce moment un évènement de la campagne car enfin un discours de fond sera posé et une visée sera tracée pour l'école de la République.
Retrouvons nous nombreux le lundi 30 janvier. Faisons circuler l'information par internet, dans les salles des profs, dans les réseaux associatifs et syndicaux, aux portes des écoles. C'est un mouvement populaire que nous souhaitons initier et nous pouvons le porter à l'école en créant la dynamique autour de notre candidat et des propositions du Front de Gauche. C'est le 30 janvier que ça se passe !
Nous devons en parallèle porter le débat au plus près des citoyens. Les appels éducation pour un Front de Gauche sont faits pour cela. Déclinez les localement, dans votre ville, votre circonscription ou votre département. Organisez des assemblées citoyennes sur l'éducation. Faites vivre le débat.
Et parce que le Front de Gauche fait le pari de la raison et entend convaincre par le débat argumenté, nous commençons en cette rentrée notre regard croisé avec les programmes éducation des autres candidats à la présidentielle : aujourd'hui, le MODEM de François BAYROU. Attention aux mirages !
Formulons collectivement le voeu que 2012 soit l'année de la révolution citoyenne et transformons le en réalité.
Salutations fraternelles.
François COCQ pour le collectif d'animation de l'appel des enseignants pour un Front de Gauche
François Bayrou et l'éducation (extrait de la brochure du Front de Gauche : Bayrou, tout un programme)
Ce que dit François Bayrou :
«On ne fera pas des recrutements de dizaines de milliers de fonctionnaires»
L’Education est le seul domaine dans lequel François Bayrou concède qu’il faut arrêter les suppressions de postes. Il l’a affirmé le 27 septembre 2011 sur BFM-TV : «il faut cesser dès cette année de supprimer des postes dans l’Education nationale». Mais à aucun moment, il ne propose de recréer les postes supprimés. Il est d’ailleurs très critique sur la proposition de François Hollande de recruter 60 000 adultes dans l’Education. Pour François Bayrou, «le projet du PS est insoutenable. On ne fera pas des recrutements de dizaines de milliers de fonctionnaires. C’est une illusion meurtrière pour le pays, c’est un mensonge public» comme il l’a déclaré dans Le Monde du 20 octobre 2011.
En effet, le projet du Modem critique la politique de coupes budgétaires de la droite mais ne dit pas clairement qu’il veut revenir dessus. Il plaide de manière très floue pour la «stabilité » et pour la «garantie que l’éducation aura les moyens de sa mission».
Les travaux préparatoires du projet du Modem étaient à peine plus précis en prétendant «garantir pendant 5 ans les moyens de l’Éducation nationale». On comprend mal pourquoi cette garantie ne devrait porter que sur 5 ans. Et surtout il ne semble donc pas question de revenir sur les 80 000 postes supprimés par la droite depuis 2007.
Le projet du Modem souscrit, comme la droite, au mirage libéral de l’autonomie des établissements puisqu’il prétend «réduire l’inégalité sociale à l’école» avec des «établissements plus autonomes». Une autonomie qui est déjà le coeur de la politique éducative actuelle de la droite et qui conduit au contraire à aggraver les inégalités en désengageant l’Etat de l’Education nationale. L’autonomie vise aussi à mettre les établissements en concurrence. Sur ce point, on constate un accord entre le Modem, l’UMP et le Front national.
Le projet du Modem plaide aussi pour allonger la durée de l’année scolaire par un «réaménagement de la semaine et de la durée des congés». Cette proposition, partagée à droite et plus largement par les libéraux, vise directement les enseignants considérés comme ayant trop de vacances et ne travaillant pas assez dans l’année. C’est une marotte du ministère des finances pour faire des économies sur l’Education nationale.
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Lundi 30 janvier
Voeux à la communauté éducative de Jean-Luc MELENCHON, candidat unitaire du Front de Gauche à la présidentielle, au théâtre La Comédia, Paris 11ème.
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Ce jeudi 5 janvier, Nicolas Sarkozy présentait ses vœux au monde de l’éducation. Depuis des années, il est le destructeur conscient et acharné du service public de l’éducation. Par décence, il aurait dû se contenter de s’excuser de cette casse qui menace gravement l’avenir du pays.
Il a d’abord réduit les moyens humains alors que les besoins s’accroissent.
80 000 postes auront été détruits dans l’éducation depuis 2007. Pourtant, comme le notait la cour des comptes en mai 2010, la France affiche déjà le taux d’encadrement le plus faible de l’OCDE, en particulier dans le primaire (5 pour 100 contre 9 pour 100 en Suède ou au Portugal).
L’argument démographique avancé par la droite est de pure fantaisie. Depuis 2007 les inscriptions en primaires ont augmenté en moyenne de 14 000 par an, conséquence logique du dynamisme de la démographie française.
La dégradation du taux d’encadrement est en partie maquillée (37% d’enfants scolarisés avant 3 ans en 2001 contre seulement 13% en 2011) et en partie « absorbée » par la réduction des contenus enseignés (suppression de matière, programmes « allégés » au rabais).
Il a travaillé à la casse des statuts.
En imposant aux futurs enseignants une année de plus de formation, à leurs frais, il accroit la sélectivité sociale des métiers de l’éducation. Mais il s’agit aussi de former une « armée de réserve pédagogique » en vue de casser le statut de fonctionnaire d’Etat. En effet, que pourront bien faire tous les titulaires d’un master « métier de l’enseignement », recalés à des concours offrant de moins en moins de places ? De fait, la part de l’emploi précaire n’a cessé de croitre au détriment des conditions d’enseignement.
Une politique au service de la marchandisation du savoir.
Le recul du service public vise à créer un grand marché du savoir. Avec Nicolas Sarkozy, les officines de soutiens scolaires ont encore prospéré, bénéficiant toujours d’un avantage fiscal conséquent (50% de déduction d’impôt). Avec la suppression des IUFM, les préparations privées et payantes aux concours de l’Education nationale se sont aussi développées. Enfin, la droite a défendu avec constance les droits de l’enseignement confessionnel. « L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé » affirmait Sarkozy en 2007 à Saint-Jean de Latran. Il a depuis fait tout ce qu’il a pu pour favoriser l’enseignement confessionnel : la circulaire Darcos d’abord, puis de la loi Carle (2009) obligent les communes à financer l’enseignement privé et favorisent le séparatisme social et confessionnel. Le monopole public de la collation des grades universitaires a été abandonné par un accord signé avec le Vatican (janvier 2008). Le « plan banlieue » a entre autres choses servi à créer un fonds de soutien aux établissements privés qui créeraient des classes dans les quartiers populaires. Par ailleurs la ventilation des postes a évolué en faveur du privé, en 2011 ce sont 1200 postes qui ont ainsi été transférés du public au privé.
Cette politique de casse est aussi une politique de classe.
En témoignent les inscriptions en baisse au lycée depuis 5 ans toutes filières confondues, en rupture avec l’effort historique de formation du pays, ou la réforme de l’enseignement professionnel (suppression du BEP, bac professionnel en trois ans au lieu de quatre) à l’issue de laquelle plus de jeunes risquent de sortir sans diplôme. Comme toujours, la droite couvre son incurie de poses moralisatrices, en poussant les familles au sauve qui peut individuel (suppression de la carte scolaire, « internats d’excellence » ne concernant que 0,8% des élèves de ZEP) et en blâmant les victimes (loi Ciotti permettant de pénaliser financièrement les familles, dont les enfants sèchent les cours). Il est trop facile d’incriminer les « familles démissionnaires » quand on organise soi-même la démission éducative de l’Etat républicain. C’est en tout cas plus facile que « créer des classes à 15» dans les ZEP (démantelées depuis) comme le promettait le candidat Sarkozy en 2007.
Lors de ces vœux, Nicolas Sarkozy a vanté « l’autonomie » qui a pourtant fait tant de dégâts dans l’enseignement supérieur. Son projet pour la présidentielle est d’appliquer le même modèle libéral aux établissements scolaires. Décidément, dans l’éducation comme partout, il est grand temps de tourner la page du sarkozysme pour reconstruire le service public, garant de l’égalité républicaine et de l’émancipation individuelle.
Jean-Luc MELENCHON

Les organisations syndicales CGT Educ’action, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNLC-FO, SUD Education réunies le 17/11/2011dans le cadre d’une intersyndicale du second degré ont condamné unanimement les projets de textes sur l’évaluation des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation que le ministère veut imposer dès la rentrée 2012.
Sous couvert d’évaluation, c’est une vision du système éducatif fondée sur la performance individuelle que portent ces projets.
Ainsi dans le second degré, la fin de double évaluation reviendrait à reléguer au dernier plan ce qui constitue le cœur du métier, à savoir le travail en classe avec les élèves dénaturant ainsi profondément les métiers de l’éducation.
Les organisations syndicales CGT Educ’action, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNLC-FO, SUD Education appellent les personnels dans les établissements à faire connaître les projets ministériels, à se réunir en assemblée générale et à se mobiliser.
Elles sont déterminées à organiser une riposte forte et rapide pour exiger le retrait du projet. Elles appellent à signer massivement la pétition unitaire qui sera mise en ligne dès lundi et ont mis en perspective une grève le 15 décembre des personnels enseignants des 1er et second degré, d’éducation et d’orientation.
La manifestation en Ile de France partira à 14 heures de la place Denfert-Rochereau et se dispersera à Sèvres-Babylone via le boulevard Raspail, le boulevard du Montparnasse, la rue de Sèvres.
L’ordre de défilé des organisations sera le suivant : FSU Créteil, FO, CGT, UNSA, SUD, SGEN-CFDT, FAEN, FSU Versailles et Paris.
Consultez l’appel interfédéral, signez la pétition et diffusez les raisons de notre colère!
Pour les collègues du primaire, n’oubliez pas votre déclaration d’intention de grève à déposer avant le lundi 11 décembre 16h30 :http://se75.wordpress.com/2009/11/01/participation-a-une-reunion-dinfo-syndicale/
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Les enseignants qui seront recrutés en septembre prochain auront-ils été bien formés ?
Au terme de la première année de mise en œuvre de la réforme de la formation des enseignants dans le cadre de masters, un premier bilan s’impose.
Impliqués à divers titres dans la formation des enseignants dans l’académie de Créteil en tant que formateurs à l’IUFM, conseillers pédagogiques, maîtres formateurs ou étudiants inscrits en 1ère et 2ème année du master « métiers de l’enseignement » à l’IUFM de Créteil et acteurs fortement investis dans la lutte contre cette réforme, les auteurs de cette tribune en dénoncent les effets désastreux qu’ils ont pu constater jour après jour depuis la rentrée scolaire.
La situation post-concours a été largement évoquée par les média. L’opinion publique a ainsi pu apprendre que les jeunes enseignants recrutés cette année se sont retrouvés sans véritable formation face aux élèves, que leur souffrance s’est traduite par de nombreuses démissions ou des arrêts maladie, que des milliers d’élèves ont fait les frais de cette politique et que ce sont les enfants qui n’ont pas pu trouver une compensation au sein de leur famille qui en payeront le plus les conséquences.
En revanche, les média ont peu abordé la situation pré-concours c’est-à-dire les problèmes posés par la préparation des futurs enseignants dans le cadre de la réforme dite de masterisation
Au préalable il faut rappeler que le master ou les parcours « métiers de l’enseignement » proposés depuis septembre par la plupart des universités ne sont pas obligatoires pour devenir enseignant, qu’il s’agisse du premier ou du second degré. Il suffit d’être titulaire de n’importe quel master et de réussir le concours pour se retrouver en charge d’une classe dès la rentrée suivante sans formation professionnelle à la clé.
Pour autant, le cursus consistant à suivre un master étiqueté « Métiers de l’éducation et de l’enseignement » ne prépare pas non plus correctement au métier d’enseignant.
L’argument principal du ministère est de prétendre que cette formation remplace avantageusement la précédente puisque, pour se présenter au concours, il faut désormais justifier d’un master (contre une licence précédemment).
Or, une année après l’entrée en vigueur de la réforme, on s’aperçoit que ce qui était à craindre est advenu : il s’agit d’une vue de l’esprit qui ne résiste pas à l’épreuve du réel. Cette année a montré l’échec de cette prétention à satisfaire des visées inconciliables.
En effet, ces deux années de master doivent concilier des logiques incompatibles : préparer un master (dont la réussite exige d’avoir mené à bien une recherche, obtenu les différentes unités d’enseignement auxquelles s’ajoutent un certificat de langue étrangère de haut niveau, un certificat en informatique, un brevet de natation et un autre de secourisme), préparer un concours et se professionnaliser.
Deux ans avec un triple objectif alors que chacun des objectifs suppose à lui seul un engagement total et exclusif :
Jusqu’à l’an dernier
- les étudiants qui se destinaient à la recherche s’y consacraient deux années à plein temps (c’est encore le cas pour les autres masters)
- Ceux qui préparaient le concours s’adonnaient à sa seule préparation pendant un an minimum
- Ceux qui avaient réussi le concours étaient fonctionnaires stagiaires rétribués et se professionnalisaient dans les IUFM pendant un an (autrefois pendant trois ans puis deux). Le passage par les I.U.F.M. de tous les nouveaux recrutés offrait aussi un cadre national à la formation des enseignants.
Désormais, même si le contenu des masters « métiers de l’enseignement » varie d’une université à l’autre, les deux années de masters sont employées à poursuivre ces trois objectifs à la fois.
Dans l’esprit de leurs concepteurs, les masters comportent trois dimensions qui doivent s’épauler l’une l’autre (la conduite d’une recherche est censée enrichir les futures pratiques professionnelles et nourrir la préparation du concours tout comme les stages en milieu scolaire).
Or, il en est tout autrement
Cette formation ne permet pas une mise en relation progressive et réfléchie des divers apports, mais elle entraine une dispersion des énergies des étudiants comme des formateurs sur trois pôles différents
- un faux master-recherche : dans la mesure où les conditions de la recherche (temps, terrain, séminaires, etc.) ne sont pas réunies.
- Une préparation insuffisante à un concours : le volume horaire qui serait nécessaire à une bonne préparation est rogné par les heures consacrées aux stages, aux séminaires de recherche et à toutes les autres composantes du master.
- Une parodie de professionnalisation : les moments où les étudiants prennent des classes en responsabilité ne peuvent être qualifiés de stages. Le temps de leur préparation et de suivi est insuffisant, le retour critique n’est pas prévu, la qualité de l’enseignement dispensé par les étudiants n’est pas évalué. Ces moments ne préparent pas au métier d’enseignant et en donnent une approche faussée. Ces périodes permettent d’utiliser les étudiants comme moyens de remplacement pour compléter le service des directeurs partiellement déchargés ou remplacer des titulaires en formation continue.
Dans pareil système, les étudiants n’ont ni la possibilité ni la préoccupation d’améliorer leur enseignement. Ils cherchent juste à valider leur master en se conformant à des exercices formels.
En outre, le traitement accordé aux disciplines enseignées à l’école varie en fonction de leur place (ou leur absence) au concours de recrutement. Seuls les mathématiques et le français présents aux épreuves d’admission bénéficient d’une pseudo préparation à la didactique (les étudiants doivent se préparer à présenter une séance devant un jury … dont les professeurs de la discipline ont été écartés). Pour l’histoire, la géographie, l’instruction civique et morale, les langues vivantes, l’EPS, les sciences expérimentales, la technologie, les pratiques artistiques, l’histoire des arts et les techniques de l’information et de la communication, il n’existe aucun cours préparant sérieusement les futurs professeurs des écoles à leur enseignement.
Nous constatons et dénonçons un émiettement de la formation, une perte d’efficience, de sens et de cohérence.
Les conséquences en sont dramatiques : les étudiants sont écartelés parce qu’ils ne peuvent se donner aucun objectif prioritaire. Ils ont le sentiment de travailler de façon superficielle et en sont insatisfaits ; ils ne parviennent pas à mettre en relation les composantes de leur formation, ils vivent une situation de tension psychique et d’incertitude très angoissante, d’autant qu’on leur demande de se former pour un métier qu’ils n’exerceront peut-être jamais, s’ils n’obtiennent pas le concours ou à défaut comme de simples vacataires ou contractuels dans des conditions précaires. A cela s’ajoute que nombre d’entre eux doivent être salariés afin de financer leurs études.
Nous dénonçons donc une maltraitance produite par ces nouvelles conditions de formation.
Un des effets majeurs de la réforme est donc de sacrifier toute la dimension professionnelle de la formation.
Or, le métier d’enseignant ne peut s’apprendre sur le tas.
Mais il ne peut non plus s’apprendre sérieusement en un an lorsqu’on est engagé dans des études visant à réussir en même temps un examen et un concours.
Les pseudo-masters en alternance annoncés par le ministère de l’Education nationale ne sont pas non plus une solution : ils consistent en réalité en un succédané de formation, un effet d’affichage et un moyen pour le ministère d’avoir des étudiants remplaçants bon marché pour compenser les postes qu’il supprime massivement.
Les débuts de la professionnalisation supposent un temps de formation long et une implication totale ; c’est pourquoi il est impératif de rétablir au plus vite une véritable stagiarisation après le concours, à l’instar de celle qui existe pour les autres corps de la fonction publique (magistrature, police etc.).
Un recrutement des enseignants sur concours au niveau licence suivi d’une formation rémunérée en deux ans avec statut de fonctionnaire stagiaire serait la garantie d’une formation de qualité, accessible aux étudiants issus de milieux modestes. Cette formation en 6 ans (3 années de licence + 1 année de préparation concours + 2 années de master) après le bac pourrait donner lieu à l’attribution d’un master.
On l’aura compris, la réforme de la formation des enseignants n’a pas été motivée par une recherche d’amélioration de l’existant. Il importe de rappeler et de dénoncer les vrais mobiles et les finalités réelles de cette réforme :
- Une finalité économique : l’Etat en supprimant toute décharge de service durant l’année de stage et en affectant directement les lauréats fait des économies considérables en moyens humains puisqu’il dispose d’un volant appréciable de remplaçants, se dispense de créer de nouveaux postes et de rétribuer des formateurs.
- Une finalité politique : à terme il s’agit de réduire, voire de supprimer la fonction publique d’Etat d’enseignement en faisant disparaître les concours - dont le nombre de postes diminue chaque année- et en s’alignant sur le modèle de plusieurs autres pays de l’UE. Pour la première fois en France existeront dès la prochaine rentrée des titulaires d’un diplôme d’enseignant indépendamment de la réussite d’un concours. Se met ainsi en place un mode de recrutement des enseignants contractuels et précaires parallèle à celui sur concours en vigueur aujourd’hui et créant les conditions de sa disparition. Le rapport adopté le 29 juin 2011 par la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la formation des enseignants a confirmé la réalité de ce projet. La longueur des études et la multiplication des exigences pour devenir enseignant fonctionnaire dissuadent les étudiants, et en particulier les plus modestes, de suivre la voie des concours.
- Une finalité idéologique : en perdant leur statut de fonctionnaire et la sécurité de l’emploi, les enseignants risquent de perdre très rapidement leur liberté pédagogique. Recrutés sur profil en fonction des projets d’établissement, eux-mêmes subordonnés aux impératifs des bassins d’emploi et des politiques régionales, les enseignants seront mis à la botte de pouvoirs locaux dont dépendra la reconduction de leur contrat. La volonté de faire disparaître les IUFM est un autre aspect idéologique de la réforme de la formation des enseignants. Le gouvernement veut en finir avec ces instituts où s’élabore et se diffuse une pensée critique sur les pratiques d’enseignement, s’appuyant sur les acquis de la recherche et non sur les injonctions ministérielles.
Gageons qu’il n’est pas trop tard pour maintenir une éducation nationale ainsi que la qualité de la formation de ses acteurs, garante de celle de l’enseignement dispensé aux élèves, nos concitoyens de demain, qui font les frais actuellement des mesures gouvernementales
Geneviève Guilpain (Sud Education), Daniel Djament (SNESup), Didier Frydman (CGT Educ’Action), Nathalie Pfaff (élue SNESup au conseil de l'IUFM), Pierre Sauve (Sud Education), Michel Solonel (élu SNESup au conseil de l'IUFM).
Ce texte est soutenu par l’Intersyndicale de l’I.U.F.M. de l’académie de Créteil, Université Paris-Est Créteil : Sud Education, SNESup, CGT Educ’Action.
Des conseillers pédagogiques et maîtres formateurs exerçant dans l’académie de Créteil et des étudiants inscrits en 1ère et 2ème année du master « métiers de l’enseignement du 1er degré » de l’U.P.E.C ont participé à sa rédaction.
il est désormais possible de signer la pétition ci-dessous en ligne à l'adresse :
http://www.jussieu-en-lutte.fr/non-au-PRES
En dépit de la multiplication des textes et des réunions visant à rassurer la communauté des différents établissements, nous considérons qu’ils n’ont pas apporté de réponses aux questions que nous posons sur l’Université globale (autre nom de la fusion à venir) et sur l'IDEX. Ceci explique l'exceptionnelle unanimité des organisations syndicales qui appellent à signer la pétition ci-dessus.
Nous continuons à réclamer un véritable débat, l'accès à tous les documents et refusons la précipitation (rien n’oblige à décider maintenant : il y aura d’autres « tours » d'IDEX). Nous continuons à dénoncer le PRES nouvelle manière tel qu’il se dessine et la logique de l'IDEX.
Soyez assurés de notre détermination à faire entendre votre voix et à défendre un autre projet pour notre université.
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TEXTE DE LA PETITION :
Le PRES P2-P4-P6-Muséum est une "fondation de coopération scientifique" de droit privé, sans représentation des personnels ni des étudiants.
Compte tenu également des modifications dévoilées ces dernières semaines, cette fondation devrait contrôler:
- des laboratoires de P2-P4-P6-Museum dits "d'excellence", l'IDEX, qui ne représenteraient qu'une minorité des laboratoires des quatre établissements et des formations sélectives pour quelques centaines d’étudiants, triés sur le volet, avec des droits d’inscription libres et donc élevés. L'IDEX aurait une gestion financière séparée et serait seule à bénéficier des augmentations de crédits (43 Millions d'euros en 2012)
- L'ensemble P2-P4-P6-Museum ou "université globale" qui perdrait la moitié de ses moyens financiers au profit de l’IDEX mais inscrivant la très grande majorité des étudiants et supportant les laboratoires relégués, c'est-à-dire la majorité des laboratoires, qui eux n'auront pas été sélectionnés pour l'IDEX.
La création de « directions transversales » du PRES génèrera des fusions des services administratifs et des services communs, ce qui accélérera le « dégraissage » des emplois de fonctionnaires.
Cette mise en place précipitée du PRES en décembre, sous la pression du ministère, est une négation de la démocratie, les élections par tous les personnels et étudiants de leurs représentants aux conseils centraux ayant lieu en janvier 2012.
Attaché(e)s au service public d’enseignement et de recherche, aux coopérations avec toutes les universités, nous refusons cette destruction de nos métiers de service public et de nos statuts.
Tous les enseignements, tous les domaines de recherche doivent être maintenus, et disposer des moyens nécessaires. Nos établissements ne doivent pas fusionner !
Nous appelons les membres des conseils d'administration des quatre établissements à voter contre la modification des statuts du PRES, à rejeter ce projet qui ne recueille pas l'assentiment de la communauté universitaire et contre lequel les CT de Paris 4 et Paris 6 se sont déjà prononcés à l'unanimité.
FSU P6 (SNCS, Snesup), CGT P6 (Ferc sup, SNTRS), FO P6, SUD éducation P6, AutonomeSup-SNAS P6, UNEF P6, UNSA P6, SLU, SLR, UNSA P4 (SNPTES-UNSA, A&I-UNSA, SUP'Recherche-UNSA), CGT P4, FSU P4 (Snesup, Snasub, Snep), FO P4, AGEPS P4, Sud Étudiant P4, UNEF P4, FSU Muséum (SNESUP, SNCS, SNASUB), SNPREES-FO Muséum, CGT Muséum, AutonomeSup-SNAS Muséum, SNPTES-UNSA Muséum, Solidaires Muséum, SGEN-CFDT Muséum.
Dans une décision rendue le 28 novembre, le Conseil d'Etat a annulé les articles 3 et 6 de l'arrêté du 12 mai 2010 fixant les compétences des nouveaux enseignants, CPE et professeurs documentalistes et les modalités d'évaluation des agrégés.
Le Conseil estime que le ministre ne pouvait seul supprimer les textes antérieurs. Il invite les parties à discuter. "Il est sursis à statuer sur la date d'effet de ces annulations, jusqu'à ce que les parties aient débattu de la question de savoir s'il y a lieu, en l'espèce, de limiter dans le temps les effets des annulations prononcées aux articles 1er et 2 de la présente décision".
PARIS (AP) — Toutes les fédérations syndicales de l'Education nationale appellent à une journée de grève -de la maternelle au lycée- le 15 décembre pour exiger le retrait de la réforme de l'évaluation des enseignants.
"Les sujets de désaccords et de mécontentements sont aujourd'hui très nombreux dans l'Education nationale: suppressions massives de postes, dégradation des conditions de scolarisation des élèves, conditions de travail de plus en plus difficiles pour l'ensemble des personnels, autant de mesures qui ne sont pas au service de la réussite de tous", dénoncent la FSU, le SGEN-CFDT, la FERC-CGT, FO, l'UNSA-Education et la FAEN dans un communiqué commun diffusé mardi.
"Dans ce contexte, le ministre de l'Education nationale veut imposer dès la rentrée 2012 une modification en profondeur des modalités d'évaluation des personnels", ajoutent les syndicats.
"Les projets de textes, finalisés avant même toute concertation, prévoient: le gel des promotions autres qu'à l'ancienneté jusqu'en 2015", et "la progression de carrière aux seules mains du supérieur hiérarchique Dans le même temps, dans le second degré, le chef d'établissement deviendrait l'unique évaluateur", affirment-ils.
"Parce que ces projets induisent des transformations de nos métiers que nous refusons", les syndicats en demandent "le retrait".
Les six fédérations appellent donc les personnels enseignants, d'éducation et d'orientation "à être massivement en grève le 15 décembre prochain". Elles estiment qu'"il est désormais de la responsabilité du ministère de mettre un terme à ce conflit en retirant ce texte et en ouvrant de véritables négociations sur cette question". AP
A imprimer, signer et remettre à vos correspondants syndicaux.

Depuis le printemps 2011, cinq hommes sont en prison à Abu Dabi (Emirats Arabes Unis). Selon les informations transmises par l’organisation Human Rights Watch, ces hommes sont emprisonnés pour avoir critiqué le gouvernement de leur pays et demandé l’introduction ou l’extension de droits démocratiques. Toujours selon HRW, ils n’ont pas eu droit à un procès équitable, et s’apprêtent à entamer une grève de la faim.
Parmi ces personnes, se trouve Nasser Bin Ghaith, qui a donné un enseignement à Paris-Sorbonne-Université à Abu-Dabi, antenne locale de l’Université Paris-Sorbonne.
L’honneur de l’université exige qu’elle se prononce, de façon claire, pour le respect des droits de la défense, pour la liberté d’opinion et pour la libération immédiate de Nasser Bin Ghaith et de ses codétenus.
Dans quelque domaine et sur quelque territoire que ce soit, l’Université n’est pas seulement une prestataire de services d’enseignement ou de recherche, mais un sujet moral. A ce titre, il est de son devoir de ne pas rester muette devant une injustice qui se commet à ses portes.
Les signatures peuvent être envoyées à l’adresse suivante : pourlhonneurdelasorbonne@gmail.com – en précisant de préférence la fonction ou l’activité présente des signataires.
(cliquez pour afficher)

Comme à Paris 4, mardi 22/11, le Comité Technique de Paris 6 a, ce matin (jeudi 24/11), émis un avis négatif à l'unanimité (Syndicats CGT, FO, FSU, CFDT, UNSA, Indépendant) à la modification des statuts du PRES.
Ils ont également voté, à l'unanimité, comme avis, le texte suivant :
Le PRES P2-P4-P6-Muséum est une fondation privée sans représentation des personnels ni des étudiants.
Il contrôlera :
- une université (quasiment privée), et sa frontière étanche, l’IDEX, qui regroupera une minorité de laboratoires d’excellence
- des formations pour quelques centaines d’étudiants, triés, avec des droits d’inscription élevés
- une université globale P2-P4-P6 perdant la moitié de ses moyens financiers au profit de l’IDEX mais inscrivant la très grande majorité des étudiants et supportant les laboratoires relégués
- la fusion des services administratifs qui accélérera le « dégraissage » des emplois de fonctionnaires
Cette mise en place précipitée du PRES en décembre, sous la pression du ministère, est une négation de la démocratie, les élections par tous les personnels et étudiants de leurs représentants aux conseils centraux ayant lieu en janvier 2012. Attaché(e)s au service public d’enseignement et de recherche, aux coopérations avec toutes les universités, nous refusons cette destruction de nos métiers et de nos statuts.
Mardi 15 novembre a eu lieu la réunion d'informations et de débat organisée par l'intersyndicale de notre université, annoncée le 2 novembre. Elle a réuni des enseignants-chercheurs et des BIATSS, dont des collègues de l'Université Paris 6 également opposés à cette évolution précipitée. Durant 2 heures les échanges ont été courtois mais ont montré de réelles divergences. La présence d'un certain nombre de représentants élus de notre communauté, notamment les vice-présidents des trois conseils centraux (CA, CEVU, CS) a permis un véritable débat.
Attachés à la coopération universitaire, à une formation et à une recherche de qualité, qui vont de pair avec un encadrement administratif stable, et avec des conditions de travail satisfaisantes pour tous les BIATSS, nous demeurons, après cette séance, plus convaincus que jamais que le projet d'Idex et la nouvelle formule du PRES est néfaste pour notre université et pour l'Université comme institution républicaine en général.
Énumérons quelques raisons de notre opposition rappelées ce mardi 15 novembre:
- Un "sénat" fantoche dont les membres ne sont pas informés, consultés et à peine réunis (2 témoignages dans ce sens)
- Les nouveaux statuts du PRES aboutissent à une fusion qui ne dit pas son nom et se dissimule sous le nom d'"Université globale".
- Or, le PRES "Sorbonne Universités" est de statut privé : quelles seront les conséquences sur les personnels ?
- Au-delà même de cette question, dans le cadre de cette fusion, quelles conséquences en termes de mobilité, de primes, d'évolution de carrière. Par quelles instances seront représentés et défendus les personnels du PRES ?
- L'Idex finance un périmètre d'excellence qui ne regroupe qu'une partie d'entre nous : 30% des étudiants, 40% des EC, chercheurs et enseignants. Quid des autres ? Cet Idex détermine des priorités de recherche et de formation : quid de la liberté académique ?
- L'idex ne rapporte quasiment rien en termes de financements supplémentaires : il est financé en quasi totalité par le budget existant des établissements (80%), mais le PRES décidera de manière exclusive du budget Idex : les établissements n'auront plus rien à dire sur cette part de budget (voir ci-dessous, annexe 1).
- Cet apport supplémentaire ne peut servir à compléter le budget propre des universités : le contrôle est très strict (voir ci-dessous, annexe 2)
- Pour déposer le projet chaque établissement s'est engagé financièrement sur 10 ans (cf. la lettre de J-C. Pomerol, ancien président de Paris 6, en pièce jointe) : qu'en est-il de Paris 4 ? Nous avons demandé officiellement à avoir communication de cette lettre.
Ces points ne sont que quelques éléments qui posent problème, il est donc urgent d'attendre et de débattre ensemble de ces questions. Ne renonçons pas à notre liberté et à nos droits dans la précipitation. L'Intersyndicale des établissements concernés se réunira sous peu et informera la communauté des possibilités d'action. Soyez certains que vos représentants syndicaux continuent de lutter pour obtenir l'ensemble des informations et le nécessaire débat que nous appelons de nos voeux. il y aura d'autres Idex et il sera bien temps d'y candidater si la communauté devait se décider en ce sens, mais celle-ci doit être consultée!
ANNEXE 1 : FINANCEMENT ANNUEL DE L'IDEX : 721 millions d'euros
Apport des établissements (P2,P4,P6,INSEAD,Museum, UTC)
506 millions
Apport des EPST (CNRS, INSEM, IRD)
79 millions
SOIT 80%
Autres (privé, collectivités locales)
94 millions
GRAND EMPRUNT
43 millions SOIT 6%
Les engagements de Paris 6
Budget annuel de Paris 6 : 485 millions
Contribution à l’IDEX : 223 millions
Dont :
Equipement : 11 millions
Fonctionnement : 34 millions
Masse salariale : 178 millions
ANNEXE 2 : REGLEMENT RELATIF AUX MODALITES D’ATTRIBUTION DES AIDES AU TITRE DE L’APPEL A PROJETS « INITIATIVES D’EXCELLENCE »
3.1.2 –Les frais généraux de gestion
Une partie des frais d’administration générale imputables à l’opération peut figurer parmi les dépenses aidées.
Ces frais ont un caractère forfaitaire et sont plafonnés à 4 % du coût total des dépenses éligibles hors frais généraux. En conséquence, aucun prélèvement supplémentaire à quelque titre que ce soit n’est autorisé au titre des aides versées par l’agence
5.2 – Justification des dépenses
Le bénéficiaire produit annuellement, dans les conditions fixées par la convention avec le bénéficiaire final, un relevé certifié récapitulant les dépenses exécutées au titre de l’opération aidée et les cofinancements obtenus ou engagés.
6.3 – Contrôles – Vérification du service fait
A tout moment, durant l'exécution de l’opération et dans un délai maximal de deux ans à compter de la date de demande de versement du solde de la période probatoire ou, à défaut, de la date prévue de fin des travaux, des personnes habilitées par l’agence peuvent procéder sur place et sur pièces à tout contrôle relatif aux mesures prises pour l'exécution de l’opération, à l'état de réalisation de celui-ci et à la vérification du service fait par le constat de la réalité des dépenses justifiées.
A cet effet, le bénéficiaire est tenu de laisser accéder les personnes habilitées par l’agence aux sites ou immeubles où sont réalisés les travaux aidés et de leur présenter les pièces justificatives et tous autres documents, y compris les livres de comptes de l’organisme, dont la production est jugée utile au contrôle de l’utilisation de l’aide.
Le refus d’un de ces contrôles éventuels entraîne l’annulation de l’aide.
ANNEXES :
- le premier de ces documents , intitulé SUPER, a été conçu par la liste " Réinventer l'Université" de Paris 6, à laquelle participent, entre autres, des élus SNESUP: il présente un état de la situation telle que ces collègues l'analysent, avec une présentation de l'organigramme PRES et une analyse du budget de la participation de P6 à l'IDEX( telle qu'elle ressort de la lettre d'intention du président de P6) rapporté au budget global de P6. (Vous y trouverez également des informations sur Strasbourg et Bordeaux) : SUPER (PPT)
- le second intitulé IDEX P6 est, sous le titre " Le prix de nos libertés: 3,5%" , une analyse de la situation par les mêmes collègues de P6 (certains d'entre eux sont également membres de SLU ou de SLR). Il reprend les données chiffrées précédentes, sous une autre forme. (Vous y trouverez aussi une analyse des comptes 2010 de P6) : IDEX_tractP6
L’évaluation individuelle des enseignants-chercheurs, combiné avec la mise en place d’un référentiel des équivalences horaires, est en train d’aboutir à la création des heures complémentaires non payées. Non, il ne s’agit pas d’heures sup défiscalisées, mais bien d’heures complémentaires non payées. L’Université Bordeaux 1 envisage ainsi d’augmenter le service de certains collègues à 288 heures TD et donc de ne payer les heures complémentaires qu’à partir de la 97e. Un demi service gratuit en fin de compte, juste au moment où les salaires nets vont baisser de près de 3% du fait de l’augmentation des cotisations retraites des fonctionnaires.
L’individualisation est en elle-même une mise en concurrence des collègues et une négation du caractère collectif de la recherche scientifique et de l’enseignement. Mais elle est en plus un outil de management pour « moduler » à la hausse nos services. En effet, sous l’impulsion du ministère et de son « Comité de suivi du référentiel national d’équivalences horaires », on demande aux directions des facs de construire des tableaux pour mesurer toutes les taches des enseignants-chercheurs dans la « monnaie » locale : l’heure équivalent TD. En retour, ces directions doivent gérer leur personnel grâce à leurs « compétences élargies » dans la nouvelle concurrence issue du passage à l’autonomie. Pour monter dans le classement de Shanghai en attirant un chercheur réputé, il faudra lui promettre une réduction de service. Mais comme les financements ne vont pas augmenter, on compensera cette réduction par l’augmentation des services d’autres personnels, mal évalués ou déclarés « non publiant ». Après avoir transformé chaque président de fac en PDG, c’est chaque enseignant-chercheur qui devra bientôt se faire l’entrepreneur de sa carrière, en concurrence avec ses propres collègues.