Construisons ensemble le Front de Gauche de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
Engagé-e-s dans le Front de Gauche, travailleurs scientifiques de toutes les catégories professionnelles, acteurs de tous les champs disciplinaires, nous voulons construire un large rassemblement autour de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cela suppose votre contribution et votre engagement.
Comme vous, nous sommes scandalisé(e)s par le déferlement des contre-réformes qui se sont abattues au pas de charge sur l’enseignement supérieur et la recherche durant le mandat de Nicolas Sarkozy.
Le service public national de l’enseignement supérieur et de la recherche doit faire face à de nouveaux défis sociaux et environnementaux; les relever suppose de permettre à l’ensemble des citoyennes et citoyens, par la formation initiale ou permanente, d’accéder au plus haut niveau de la connaissance.
Cela suppose aussi la coopération la plus large entre potentiels nationaux, européens et mondiaux. C’est ainsi que le printemps arabe met au premier plan des urgences la coopération universitaire, scientifique et technologique avec les pays du Sud, en lieu et place de ventes d’armes ou de modèles de formation clefs en main.
Devant la crise écologique, résultat d’un système boulimique de profits et prédateur des ressources naturelles, il faut choisir des trajectoires nouvelles en matière énergétique et environnementale comme des choix nouveaux relatifs à un mode de production devenu insoutenable. Après Durban, chaque pays est mis en demeure d’agir contre le désastre du réchauffement climatique. L’enseignement supérieur et la recherche doivent y apporter leur contribution.
Nous voulons contribuer à créer les conditions de l’épanouissement des capacités créatrices de chacun en construisant d’autres référentiels que ceux des modèles productivistes prévalant jusqu’à aujourd’hui. Cela suppose un fort développement démocratique de productions et d’ingénieries industrielles, technologiques, écologiques et organisationnelles en interaction avec la recherche, où prévale la logique de service public.
Le droit de tous à pouvoir intervenir sur les choix de stratégies scientifiques, en s’appuyant sur la connaissance documentée et partagée des enjeux techniques, industriels et socio-environnementaux doit être inscrit dans la constitution et garanti par des instances appropriées.
La politique de N Sarkozy tourne le dos à cette vision d’avenir.
Jamais le potentiel universitaire n’a été ainsi saccagé sous le prétexte mystificateur d’une « excellence » qui n’avoue pas ses véritables critères.
Jamais les organismes de recherche publique, n’ont subi de tels assauts. En tant que grand organisme public de recherche généraliste, le CNRS, est le symbole de cet attentat au potentiel de recherche publique.
Avec cette politique, l’asservissement à l’économie libérale, aux grands groupes et à leurs actionnaires est devenue la règle ; jamais l’indépendance intellectuelle des métiers de la recherche n’avait été autant compromise. La connaissance n’est pas une marchandise.
Pas davantage que vous, nous n’acceptons que nos métiers soient livrés aux affairistes ; pas davantage que vous, nous n’acceptons le credo de la précarisation, la xénophobie, la démocratie mise au pas, les régressions des droits des femmes déjà trop fragiles et timides, l’évaluation par les pairs saccagée et mise à la sauce des agences de notation, une collégialité raturée.
Nous le proclamons avec vous : la logique managériale ne peut être le mode d’existence de l’enseignement supérieur et de la recherche ; avec elle, nos métiers perdent tout sens, nous ne l’acceptons pas.
Mais ce déferlement n’est pas isolé ; il puise ses fondements dans les dogmes et prophéties auto réalisatrices des Traité de Lisbonne, dans la stratégie de Bologne, et autres dogmes de l’OMC… De tout cela, nous pouvons, nous devons sortir.
Aujourd’hui, vous en faites le constat comme nous : les choix politiques mis en œuvre ont apporté partout colère et révolte mais aussi démoralisation, temps perdu, gâchis de compétences et aliénation.
Pour le Front de Gauche, une rupture avec cette politique de mise en concurrence de tous contre tous est vitale. C’est la condition de la mise en œuvre d’une autre politique
Nous faisons nôtres ces mots du Manifeste des intellectuels de Guadeloupe :
« Lier, allier, relayer, rallier »
Une autre politique marquée par des choix de gauche est possible ; elle ne l’est qu’avec vous. Le Front de Gauche avance des propositions, contenues dans le programme « L’humain d’abord ». Ces propositions sont soumises à débat, critique, enrichissement et approfondissement.
Ensemble, faisons sauter les étouffoirs d’avenir que sont les IDEX, la LRU, et autres AERES. Le Pacte pour la Recherche doit être abandonné, l’ANR profondément transformée.
Ensemble, donnons du punch à la gauche; elle en a besoin.
Résistons, débattons, construisons ! Avec toutes celles et ceux déjà dans l’action, rendons impossible tout nouveau pas en avant de cette politique.
Ensemble, construisons des choix neufs, de gauche, rendons-les incontournables. Rejoignez-nous.
Fiche recherche scientifique
1-Principes
La recherche scientifique, en augmentant le niveau de savoir disponible pour tous, contribue à l’émancipation collective. Elle protège le citoyen des manipulations de ceux qui comptent sur l’ignorance pour imposer leurs lois ou vérités révélées (religieuses, sectaires ou capitalistes). Nous prônons l’indépendance de la recherche scientifique. Nous refusons que le productivisme en soit une finalité. Nous sommes intransigeants sur l’attention à porter aux effets du progrès technologique sur l’écosystème.
Le Parti de Gauche défend la recherche pour les rôles qui sont les siens:
- la production du savoir académique lié à la compréhension du monde qui nous entoure, et sa mise à disposition sans condition à tous
- la préservation et la dissémination d’une éthique de la transmission et du partage, indissociable de la notion de République,
- l’innovation technologique et l’exploration de nouveaux domaines de connaissances sont nécessaires comme champs de recherche en propre mais aussi comme méthodologie nécessaire à la simple production de savoir.
Pour atteindre ce but, le PG prône l’indépendance la plus aboutie possible pour la recherche et refuse notamment tout détournement et ingérence, au profit de l’intérêt privé ou d’une idéologie religieuse ou politique. La communication entre la recherche et le pouvoir politique est indispensable au bon fonctionnement de la société et doit se faire dans le respect du rôle de chacun :
- la recherche reconnaît le rôle du politique qui est de gérer et organiser le cadre de la société. Dans ce cadre, la recherche est, au même titre que tout service public, un élément dont la société doit garantir l’indépendance sur le plan financier, matériel, humain et intellectuel. Nous reconnaissons la liberté de discuter et de transmettre tout résultats, y compris ceux qui contredisent l’état de la question ou entrent en conflit avec des intérêts économiques ou religieux. Seule la garantie de cette indépendance permettra à la recherche d’accomplir pleinement sa mission.
- le politique, en tant que créditeur de la recherche, attribue les financements et débat sur les programmes nationaux à développer, mais laisse les personnels scientifiques œuvrer librement avec les crédits qui sont les leurs. Le politique reconnaît à la recherche sa mission de production et de diffusion large et gratuite du savoir à la population. Mais il ne doit pas oublier la sienne qui est de donner à la société les moyens d’une recherche libre et ambitieuse, d’informer et de garantir la souveraineté du peuple sur le choix de l’industrialisation ou non d’un résultat de recherche. En d’autres termes, le passage d’un procédé technologique de la sphère de la recherche à la sphère de la société relève de l’aval des citoyens ou du parlement.
2-Constat
La loi dite de « liberté et responsabilités des universités » (LRU, 2007) dans le prolongement du « pacte pour la recherche » (2005) a confirmé le processus de déstructuration du service public d’enseignement supérieur et de recherche. La multiplication des structures administratives a aboli toute démocratie sociale. Les EPST (CNRS, INSERM, INRA…) n’ont plus la main sur leur politique scientifique. Les récentes initiatives en relation avec « le grand emprunt » (Equipex, Labex, Idex) marquent une nouvelle étape:
- le pouvoir est désormais concentré dans les mains du politique (Élysée et Matignon)
- les marges de manœuvres des universités sont soumises aux placements qu’y feront les acteurs économiques: le placement initial est fait par l’état qui se rembourse par la baisse des crédits récurrents.
Les quatre points cardinaux de la nouvelle gouvernance de la recherche sont en conflit avec sa mission historique:
Inégalité: entre territoires, étudiants, chercheurs et disciplines.
Avidité: les rémunérations additionnelles démentent la dimension collective et coopérative du travail de la communauté scientifique.
Bureaucratisme. les technostructures étouffent tout débat démocratique, l’évaluation bibliométrique étouffe le débat scientifique
Subordination. la pression est forte pour mettre la recherche au seul service du capitalisme néo-libéral, que ce soit pour détourner moyens et compétences au profit du secteur marchand ou pour développer de nouveaux marchés ne répondant pas à un besoin de la société mais à ceux de l’oligarchie. Tout converge pour faciliter la privatisation des compétences et des moyens: ouverture des appels d’offres au privé, pôles de compétitivité, pression sur les unités de recherche, plateformes technologiques ouvertes aux industriels et financées en partie par les contrats de recherche obtenus à d’autres fins…Dans le même temps, Sanofi Aventis licencie 1500 chercheurs.
Le néo-libéralisme cherche à concentrer toutes les forces vives à son profit au détriment de l’intérêt général. Ainsi s’organise la fuite et la migration des cerveaux du sud vers le nord, puis vers les USA. Au niveau national, la concentration autour de quelques grands pôles est favorisée (pénurie de postes, pôles de compétitivité et autres IDEX…). Enfin, les secteurs financiers drainent les meilleurs étudiants sans qu’il ne soit opposée de vraie résistance par les pouvoirs publics: dévalorisation intellectuelle et financière des carrières scientifiques et technologiques, absence d’une vision positive et humaniste de la science dans le débat public, pauvreté de son enseignement initial. Il y a urgence à engager une réflexion, par exemple sous la forme d’Etats Généraux, sur les métiers de la recherche et les chemins y conduisant sous peine de voir disparaître notre potentiel scientifique et technologique.
L’atomisation du service public d’enseignement supérieur et de recherche, la mise à l’écart d’équipes, de laboratoires ou d’établissements, l’augmentation de la précarité s’amplifient. La mise en concurrence est partout. Dans les établissements et les organismes, les conditions de travail des personnels s’aggravent. Le nombre de jeunes recrutés sur CDD pour une durée cumulée de 6 ans maximum et qui n’auront jamais le statut de titulaire est une bombe à retardement. La part des femmes recrutées est en baisse depuis 2002. La pénurie de chercheurs titulaires et de financements récurrents favorise la recherche à court terme et détourne du long terme pourtant indispensable. La qualité de la recherche en pâtit.
3-Propositions
La situation actuelle découle du traité de Maastricht (1992) et des 3 déclarations de Paris, de Bologne et de Lisbonne (1998-1999-2000). Il est nécessaire de sortir de ces initiatives européennes libérales. Nous abrogerons la loi LRU et le Pacte pour la Recherche et supprimerons le Crédit Impôt Recherche et les technostructures (Alliances, Instituts…) conçues pour détourner ressources et compétences vers le secteur privé. Nous nationaliserons ou supprimerons les « fondations LRU ».
Le statut de fonctionnaire d’état redeviendra la référence pour les métiers de la recherche, pour garantir son indépendance, prévenir les conflits d’intérêt, et améliorer l’efficacité des laboratoires et la pérennité des disciplines.
Nous proposerons d’autres mesures fortes pour la recherche visant à en rétablir l’indépendance et la qualité sur la base de laboratoires mixtes universités-EPST:
- instances: revenir à une démocratie sociale exemplaire, rendre le pouvoir aux instances représentatives, leur confier pleinement la mission de l’évaluation qui sera scientifique et non bibliométrique et en proposer un règlement à ses membres, y imposer la participation dans la mission de tous les agents (par exemple désignés par tirage au sort aux cotés des autres collèges élus ou nommés)
- indépendance: refonder les partenariats sur la base de la collaboration et non de la subordination, replacer les laboratoires sous la responsabilité des instances de leurs tutelles respectives, remplacer les PRES par des structures démocratiques et coopératives,
- autorité et exemplarité: rendre aux organismes le contrôle sur leurs stratégie et personnels, rendre son rôle primordial au CNRS, fleuron historique de la recherche française, réévaluer la mission de l’INRA à la lumière de la crise agrosanitaire, impliquer l’INSERM pour prévenir les abus du capitalisme du médicament
- financement : augmenter le budget public civil (3% du PIB) et les dotations récurrentes, dont une part serait votée à l’assemblée nationale après débat (par exemple 40% de crédits fléchés, 60% en crédits récurrents), en faire une fonction positive de l’effectif des titulaires et négative de l’effectif des précaires, imposer la redistribution d’une quote-part des financements non récurrents et/ou non institutionnels d’une équipe vers la tutelle et le laboratoire hôte, remplacer le crédit impôt recherche par un crédit d’impôt flottant basé sur la valeur ajoutée
- métiers : augmenter le nombre de postes ouverts, ne garder qu’un corps de chercheurs ou d’ITA avec possibilité d’avancement accéléré, rattraper le retard salarial accumulé, envisager une grille unique des traitements dans les EPST, les universités et les EPIC, prendre en compte les années de doctorat et post-doctorat pour la retraite, interdire les suppléments de rémunération prélevés sur les contrats, exiger des cadres dirigeants du privé l’obtention d’un doctorat (y compris en sciences humaines)
- organisation : construire et proposer par des Etats Généraux les modalités pour une intégration aux EPST de certains EPIC dont la mission en bénéficierait (certains départements du CEA, INA, musée nationaux…), explorer lors de ces Etats Généraux le bien-fondé du regroupement de certains EPST par discipline
Nous rendrons la parole au citoyen ou à ses à représentants :
- organiser le contrôle scientifique et démocratique des fonds utilisés par la recherche industrielle par la création d’une Agence d’Évaluation de la Recherche des Entreprises Subventionnées (AERES) dont les membres seraient libres de toute relation avec la recherche industrielle.
- organiser un effort de formation vers le citoyen (conférences publiques en continu, enseignement primaire et secondaire, TV de la science (pour adultes et enfants). L’histoire des sciences et des techniques devrait faire partie de l’éducation de tous les futurs citoyens car les idées scientifiques ont une dynamique particulière qu’il convient de connaître pour entraîner la société en avant.
Toute nouvelle approche technologique devra dès le début faire l’objet d’études visant à évaluer son impact potentiel sur la société civile ou la santé des individus. Nous créerons le Haut Conseil de la Recherche (scientifique et technologique) constitué de chercheurs, d’universitaires, d’étudiants, de représentants syndicaux, d’ONG, d’élus locaux et nationaux. Le HCR aura un droit d’autosaisine. Il organisera de vrais débats contradictoires sur les grands programmes technologiques et les secteurs d’avenir qui devront être choisis en fonction des besoins de la société et non du marché. Il participera au débat permettant le contrôle de l’industrialisation des résultats de recherche par le peuple ou le parlement. Cette agence contribuera aussi à coordonner la recherche française avec la recherche mondiale sur des thèmes tel que le climat avec le GIEC ou les énergies renouvelables. Pour que ces recherches évoluent, il est primordial de les sortir du secteur privé et d’encourager la coopération.
4- Évolutions de la recherche pour faire face aux évolutions actuelles et proposer sa contribution à un changement de société
Laïcité technologique :
La recherche jouera son rôle dans la prise de conscience héritée des travaux de l’écologie politique, qui a pour objet l’ensemble des relations entretenues par l’individu avec autrui et avec son l’environnement naturel et artificiel. Dans ce but elle participera à l’instauration d’une « laïcité technologique ». Celle-ci conduira petit à petit les citoyens à décider eux-mêmes et démocratiquement s’ils autorisent ou non le transfert d’une technologie produite en laboratoire (« sphère de la recherche ») vers son industrialisation, sa commercialisation et sa dissémination (« sphère de la société »). Dans la mise en place concrète de cette laïcité technologique, les personnels scientifiques se mettent à la disposition de Conseils Scientifiques Citoyens (CSC) au sein desquels ils formeront des citoyens sous mandat. Ces CSC pourront ainsi légiférer sur les différentes technologies pour les autoriser, ou non, à entrer dans la « sphère de la société ».
Dans le cadre de cette laïcité technologique, la sphère de la recherche est libre d’utiliser les technologies qu’elle juge nécessaires pour poursuivre sa mission mais sans jamais les utiliser en dehors de ses finalités de production du savoir et dans les limites de la sécurité et des lois de bioéthique spécifiques à la « sphère de la recherche ».
Statut de la connaissance et ouvertures des compétences :
Les nouvelles technologies numériques ont permis de créer des réseaux d’échanges et de production du savoir, inimaginables il y a encore 10 ans. Dans le cadre de ce développement révolutionnaire, nombre de citoyens se retrouvent en capacité d’échanger et de participer à la production du savoir ou à la recherche technologique. Cette révolution démocratique ne doit pas instaurer une coupure entre citoyens initiés ou non. Aussi nous doterons les personnels de la recherche scientifique d’une nouvelle mission : mettre à disposition leurs compétences, dialoguer, échanger et collaborer avec toutes les personnes que l’expérience et la qualification (avec ou sans diplômes) ont rendu aptes à participer à la production du savoir ou à la recherche de solutions technologiques.
Pour cela, le statut de la connaissance ne peut qu’être « libre ». A partir du moment où elles sont validées par les pairs et publiées, les découvertes de la recherche seront placées sous statut « contaminant », relèveront automatiquement du domaine public et seront libre d’accès. Nous reconnaissons la légitimité et l’importance de la protection industrielle mais le dépôt de brevet sera supprimé des prérogatives de la recherche scientifique publique.
Commission Enseign. Supérieur & Recherche du Parti de Gauche :
Le Gouvernement Fillon sacrifie l’École normale supérieure de Rennes sur l’autel de l’austérité
L’État s’était engagé en juillet 2010 par contrat avec l’ÉNS Cachan à transformer son Antenne de Bretagne en une ÉNS Rennes de plein exercice au premier janvier 2012. Après dix mois d’atermoiements, le Premier ministre vient de rompre cet engagement, se rangeant à l’avis défavorable de Valérie Pécresse, ministre du Budget, contre l’avis favorable de Pécresse Valérie, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
À la suite de celle fondée par la Convention en 1794 pour que « de toutes les parties de la République, des citoyens déjà instruits [apprennent] l’art d’enseigner », les Écoles normales supérieures, parce que leurs élèves sont des fonctionnaires-stagiaires rémunérés, permettent à des citoyens de toutes classes économiques de préparer dans de bonnes conditions les concours de l’agrégation et de débuter une thèse de doctorat. Ce renoncement est donc une étape de plus dans la privatisation de l’Éducation et de la Recherche publiques ; il complète la pseudo-réforme de la mastérisation du recrutement des enseignants en ce qu’elle limite l’accès des classes populaires au statut de professeur par l’augmentation du nombre d’années d’étude non rémunérées. En réduisant la capacité de la République à former ses élites, les libéraux favorisent l’oligarchie.
Cette décision signe également l’économie de cimetière du Président Sarkozy, du Gouvernement Fillon et de tous les tenants de l’austérité : moins d’ÉNS, moins de postes à l’agrégation et aux autres concours de recrutement d’enseignants entraineront un affaiblissement général du niveau de formation du peuple français, ce qui en diminuera l’efficience, contribuera au déclassement économique du pays et réduira les recettes de l’État. Ces contraintes austères sont aussi celles qui ont conduit à la mise sous tutelle rectorale de nombre d’Universités « autonomes » suite à la loi LRU.
Du fait de cette décision, après avoir été « oubliées » par les projets du « grand emprunt », les régions de l’ouest de la France, démographiquement et académiquement dynamiques, restent dépourvues d’ÉNS de plein exercice. Leur répartition sur le territoire — Paris, Cachan, Lyon — ne permet pas de réaliser pleinement l’objectif de la Convention.
Le Parti de Gauche désapprouve l’abandon du projet d’ÉNS Rennes ; il se tient aux côtés des personnels ne recevant que mépris pour le projet qu’ils ont élaboré. Pour nous, il faut partir des besoins du pays en termes d’enseignement et de recherche et ouvrir en conséquence les établissements de formation ainsi que les postes aux concours de recrutement.
Dans un gouvernement de Front de Gauche, nous rendrons à l’Éducation et à la Recherche les postes qui lui ont été retirés depuis dix ans en mettant en place des plans de recrutement pluriannuels ; nous abrogerons la loi LRU, réorganiserons la formation initiale des enseignants en supprimant la mastérisation et renforcerons leur formation continue.
Pour le Parti de Gauche :
Pierre Chantelot, Patrice Perdereau, responsables nationaux Enseignement Sup’ Recherche
Yann Salmon, co-secrétaire départemental PG Ille-et-Vilaine
Sarkozy sacrifie les étudiants systématiquement
Pour les étudiants, c’est aussi l’austérité!
Alors que la crise de la dette souveraine secoue l’ensemble de l’Europe, le gouvernement Sarkozy est l’un des promoteurs européen de la course folle à l’austérité sous couvert de « rassurer » les marchés financiers. Chaque jour égrène son lot de mesures, injustes et économiquement inefficaces, génératrices de chômage, de précarité ou de pression salariale, au détriment des services publics et des solidarités…D’autres choix sont possibles pour mettre un terme à la sape des solidarités et revenir sur la destruction de l’emploi public considéré comme variable d’ajustement, notamment dans l’Éducation (près de 70 000 suppressions de postes en quatre ans, destruction en règle de la formation des enseignants).
Pour l’émancipation humaine, faisons le pari de l’éducation et du partage des savoirs
Non, Sarkozy n’a pas réussi à l’université. Dans l’enseignement supérieur et la recherche c’est aussi l’échec. Le coût des études augmente alors que la précarité étudiante se développe. Sarkozy a stoppé le long mouvement de démocratisation de l’enseignement. Le temps des promesses passées, c’est l’heure du « pain noir » pour l’université. Avec la LRU et le Grand Emprunt les savoirs, les labos,les Universités et les chercheurs deviennent des marchandises.
Pour les étudiants, c’est aussi l’austérité.
Cette année encore, le coût de la rentrée a augmenté (+ 4,10%) venant amputer le pouvoir d’achat des étudiants déjà bien bas. Plus de 100 000 étudiants vivaient sous le seuil de pauvreté en 2010. L’augmentation de 4,10 % des dépenses obligatoires décidées par le Gouvernement (frais d’inscription, tickets RU, cotisations sociales…) va encore développer la paupérisation en milieu étudiant.
Pour faire bonne figure, le ministre Wauquiez lance le « passeport logement étudiant » qui fera la part belle au logement privé. Puis, sous la pression des syndicats étudiants, il a enfin lâché le dixième mois de bourse promis par Sarkozy depuis 2008.
Autant dire que cela sera « une goutte d’eau dans la galère financière » des étudiants et de leur famille.
Un coup d’arrêt à la démocratisation !
Pour financer leurs études, plus d’un étudiant sur deux (Observatoire de la Vie étudiante) doit rechercher un job alimentaire. Dans ces conditions, réussir ses études dépend de plus en plus de son origine sociale et les étudiants issus des classes moyennes et modestes sont hélas de moins en moins nombreux à poursuivre des études supérieures. Depuis 2006, ils sont 9,1% moins nombreux, dont 70 000 enfants d’ouvriers, à ne plus fréquenter l’université.
La réforme de l’IUFM, avec la masteurisation, pour accéder au métier d’enseignant en 5 ans n’a fait qu’aggraver la situation. La démocratisation de l’enseignement supérieur vient donc de connaître un recul historique et irresponsable au moment où la France a besoin de jeunes diplômés. Alors créer les conditions d’une libération des droits d’inscription est une folie.
Les budgets de Sarkozy, c’est pas du gâteau , c’est du pain noir!
Le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche devait croitre de 1,8 Mds d’euros par an, avait promis Sarkozy en 2007, soit 9 Mds d’euros. La Ministre Pécresse a claironné« engagement tenu » au début de cette année. La réalité est toute autre!Les passe-passe budgétaires dévoilés, les crédits de 2011 sont équivalents à ceux de 2007, sans tenir compte de l’inflation! Donc en baisse!
Enfin, les crédits récurrents des labos, dont le CNRS, sont en baisse de 11% en moyenne.
Par contre, c’est Byzance pour la recherche privée. Le crédit Impôt Recherche (CIR) a été multiplié par 10 et atteindra en 2012 près de 5 Mds ( soit un peu plus de 80 000 postes de chercheurs) alors que l’Inspection Générale de s Finances doute de son efficacité. Dans le même temps, la précarité de l’emploi et des statuts n’a cessé de se développer à l’Université. Effet de la LRU et des responsabilités et compétences élargies (RCE), certaines universités font même déjà face à des déséquilibres financiers et doivent boucher des trous. A quand les premiers défauts de paiement?
Les investissements d’avenir, mettent l’Université sous la coupe de la marchandisation et de la mondialisation libérale.
Le classement de Shanghaï a été une fois de plus l’occasion de mesurer la bêtise de ses critères puis de vérifier qu’il était surtout l’alibi destiné à mettre en concurrence les Universités et les labos à l’échelle mondiale. Le classement dont le Gouvernement ne parle pas, est celui qui situe la France dans les derniers rangs de l’OCDE pour la part de richesse consacrée à la recherche et qui fait que la France, 3ème puissance scientifique mondiale aux début des années 80, est au-delà de la 15ème place aujourd’hui.
Le Protocole de Bologne et la fameuse « économie de la connaissance », contenue dans la stratégie de Lisbonne, ont accouché en France de la LRU et du Grand Emprunt.
La LRU a fait des Universités des entités « autonomes » et concurrentes à l’échelle mondiale pendant que le Grand Emprunt lui, avec les intérêts virtuels de capitaux placés, redessine la carte universitaire française regroupant et fusionnant les universités pour en faire des marques mondiales de la « connaissance ».
Une carte à deux vitesses se dessine. Une petite dizaine de « Campus d’excellence » concentrant formations, labos et fonds publics et privés, installés dans quelques grandes métropoles françaises, puis des universités de seconde zone devenant au fil du temps des établissements diplômant au niveau L et proposant des formations supérieures professionalisantes. Le dernier étage de cet édifice libéral étant la publication du décret Licence cet été.
JLM à Grenoble:
« Ne touchez pas à nos gosses, laissez cette lumière pouvoir continuer à éclairer demain. Il faut faire reculer l’ignorance, c’est le savoir qui libère l’humanité, les femmes et les hommes et qui permet, se rendant meilleur pour soi, d’être meilleur pour les autres. Le savoir, bien précieux qui s ‘élargit et s’amplifie à mesure qu’on le partage, seule richesse qui augmente quand on en donne aux autres! «
Des solutions existent:
Nous abrogerons la loi LRU et le « Pacte pour la recherche»;
Nous agirons pour soustraire les services publics de recherche et d’enseignement supérieur au champ de négociation de l’OMC;
Nous mettrons en chantier une nouvelle loi qui s’appuiera sur les travaux d’Assises de l’Université et nous rétabliront le dialogue social avec l’ensemble de la communauté universitaire dans le respect des institutions;
Nous rétablirons le CNRS, comme l’INSERM, dans leur vocation de pôles publics de la recherche;
Nous abandonnerons les outils de discrimination, qu’auront été les « initiatives d’excellence » (IDEX) ou « les laboratoires d’excellence » (LABEX),;
Nous lancerons un plan titularisation et de rattrapage de l’emploi pour stopper la précarité à l’université et dans la recherche;
Nous porterons l’effort budgétaire public à 12 000 euros par an et par étudiant-e;
Nous lancerons la constructions de 5.000 chambres universitaires et 7.000 réhabilitations par an pendant dix ans
Nous doublerons le budget public de la recherche sur la législature;
Nous réorienterons les financements de la recherche pour permettre un financement stable et récurrent des laboratoires et des équipes à hauteur de 70 %;
Nous transformerons l’ANR en FPSE (Fonds Public de Soutien aux Projets Émergents) intervenant sur les projets « blancs ».
Crise du logement étudiant: le passe-passe de Laurent Wauquiez.
Dans un entretien au Monde, le 31 août, Laurent Wauquiez, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, agite son passeport logement étudiant pour mieux masquer une absence de réponse pérenne à la crise du logement étudiant.
Le ministre esquive ainsi les faits : il manque au bas mot plusieurs dizaines de milliers de logements étudiants dans notre pays ! Enfermé dans sa volonté dogmatique d’encourager le logement privé, il oublie d’envisager la nécessité d’assurer à tous les étudiant-e-s un logement pour étudier dans de bonnes conditions (proximité de son université et de transports en commun, surface suffisante pour un étudiant ou en couple, accès aux handicapés, garantie financière, etc).
Le nouveau passeport sera mis en place par les CROUS sans aucun moyen supplémentaire. Qui va certifier les « label CROUS »? Sous quels critères objectifs ? Des « banques partenaires » participeront; belle entrée qui leur est offerte pour « accrocher » un futur client pour financer ses études… Une fois de plus, L. Wauquiez entend présenter l’addition aux familles. Les étudiants paieront 5€ par mois alors que rien ne sera demandé aux bailleurs privés! Profitant déjà du désengagement de l’état dans la construction des résidences universitaires, les bailleurs auront donc encore plus le champs libre pour augmenter les loyers à leur convenance. Seule une politique de construction de résidences universitaires permettrait de faire baisser les loyers et de mettre fin à une politique bénéficiant aux rentiers.
Au final, beaucoup d’annonces et toujours la même solution : reporter sur les familles la charge financière des études. L’OCDE martèle depuis des années cette politique : l’étudiant et sa famille doivent devenir les premiers financeurs des études…OCDE et libéraux le demandaient, Laurent Wauquiez, fidèle larbin libéral l’a fait!
Dans ce contexte, la politique de concentration et de fusion des universités en PRES, voulue par le gouvernement, aura pour conséquence la suppression de nombreuses formations sur le territoire au profit d’un nombre limité de sites. Dans une lutte acharnée que se livreront les universités pour attirer les meilleurs étudiants, la construction de logements étudiants aux travers de Partenariats Publics Privés sera un outil supplémentaire de la dévolution lucrative au secteur privé.
En situation de crise du logement universitaire, seuls les étudiants issus des familles les plus aisées pourront se loger à proximité de leur lieu d’études. L’immense majorité, perdra encore des heures dans les transports en commun lorsqu’ils existent, pour aller étudier, mettant en danger ainsi leur réussite aux examens et leur santé.
Pour le parti de Gauche, la politique du logement étudiant va de paire avec celle de la santé de l’étudiant. Elle doit s’inscrire dans une politique nationale en partenariat avec les Régions, les CROUS et les universités pour atteindre les objectifs du plan Anciaux pour la période 2004-2014, soit 5.000 constructions et 7.000 réhabilitations de chambres universitaires par an pendant dix ans et pour créer des maisons de la santé sur les campus.
Pour le Parti de Gauche, l’accès garanti à un logement adapté à ses besoins tout au long de ses études ainsi que l’accès aux soins médicaux sont les gages de la réussite de l’étudiant.
Chantelot Pierre
Retards dans le versement des bourses aux étudiants : le gouvernement s’éloigne encore du triple A social
Au soir du 22 novembre, de très nombreux étudiants n’avaient pas encore reçu le versement de leurs bourses par les CROUS (Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Sociales) pour le mois de novembre et les inquiétudes planent déjà sur le versement de celles de décembre prévu « peu avant Noël »…
Ces retards de versements mettent des étudiants, déjà en difficultés financières, dans des situations sociales catastrophiques en les faisant passer de la précarité à l’extrême pauvreté. La raison de ces problèmes de versement est simple : le gouvernement, qui a promis depuis des années un 10ème mois de bourses en septembre (une mesure d’urgence sociale nécessaire) a oublié de financer cette belle promesse. Mieux ! Son dogme de l’austérité, qui veut que les pauvres paient pour les financiers, le conduit aujourd’hui à diminuer le budget de 21 des 28 CROUS. Ces problèmes graves révèlent donc la volonté plus large du gouvernement de casser les services publics des œuvres universitaires, services nécessaires et uniques en Europe ! La priorité est ailleurs : rassurer les marchés financiers, sauver les banques, au prix du quotidien de ceux qui sont l’avenir de notre pays.
Le Parti de Gauche soutient les étudiants en lutte pour leurs droits et leur dignité, il soutient le droit aux études pour tous et pas seulement pour ceux dont les parents peuvent les payer. Cette mobilisation s’inscrit dans la lutte sociale globale contre l’austérité et la dictature des marchés, et pour remettre au centre une alternative sociale au modèle actuel qui conduit notre pays sur la même voie que les Grecs ou les Espagnols.
Au-delà des mesures d’extrême urgence (garantie de financement du 10e mois de bourses), et à l’heure où les régions appellent à une régionalisation du logement étudiant qui vont accroître les inégalités sociales et territoriales et affaiblir encore davantage les CROUS, le Parti de Gauche appelle à un service public des CROUS renforcé (aides sociales, logement, restauration, culture… ), géré par les étudiants et personnels, et à la mise en place d’un statut social pour les étudiants et jeunes travailleurs avec, notamment, un système d’allocations pour tous, seule mesure permettant d’abolir la précarité et de garantir la réussite de tous à l’université et dans les premiers années d’emploi.
La commission ESR du PG
La rente financière au privé et la fin des diplômes universitaires
Les propositions de lois actuellement à l’étude en commission de la culture, de l’éducation et de la communication du sénat (Article L. 762-2 et L. 344-4) mettent en place un système de rentes financières sur des décennies de l’état vers des groupes privés et la fin des diplômes délivrés par les universités.
Avec les modifications proposées par le gouvernement, les Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) pourront se voir confier par l’État, la maîtrise d’ouvrage de constructions universitaires. Or dans un PRES, les membres fondateurs peuvent être des instituts confessionnels mais aussi des écoles consulaires, qui sont des organismes dépendant des Chambres de commerce et d’industrie, sous la tutelle du ministère de l’Industrie.
Les nouveaux bâtiments construits par les PRES, pourront alors être financés par l’état au travers des universités publics par l’intermédiaire de Partenariats Publics-Pivés (PPP) dotés de 200 à 300 M€ d’Autorisation d’Engagement (AE) selon V. Pécresse. Ces PPP sont des emprunts à rembourser en 30ans.
De plus, ces PRES pourront conclure des contrats sur ces biens pour conférer des droits réels à des tiers, c’est à dire au domaine privé.
On peut alors imaginer la constitution d’une Société Civile Immobilière (SCI) qui pourrait avoir pour actionnaires un PRES (avec des membres de l’enseignement privé) mais aussi une entreprise privée de Bâtiments et Travaux Publics ainsi que la Caisses de Dépôts et Consignation.
Cette SCI, qui sera donc propriétaire du bâtiment construit par un groupe du BTP (peut être le même que l’actionnaire privé) aura toutes les compétences pour fixer le loyer ou les mensualités du crédit à rembourser. L’université qui va payer ce loyer ou cette mensualité le fera par l’intermédiaire de sa dotation venue de l’État. Ainsi une rente est garantie sur des décennies à un groupe du BTP…De plus comme le PRES peut désormais vendre ses bâtiments, on peut imaginer qu’il le fasse et ensuite en fasse reconstruire d’autres par des groupes du BTP pour les louer de nouveau aux universités ! Ainsi de suite…
La deuxième loi à l’étude, est le cheval de Troie !
Un PRES peut être habilité à délivrer des diplômes nationaux. Or seule actuellement les universités sont habilités à délivrer des diplômes. Par exemple, l’institut confessionnel d’Angers, qui se fait appeler « Université Catholique de l’Ouest –UCO- » est membre associé du PRES Université Nantes Angers Le Mans. À ce titre, cet institut confessionnel privé, au travers du PRES, pourra donc délivrer un diplôme d’état. Et comme il sera le seul à proposer un master des métiers de l’enseignement sur cette région, il pourrait se voir ainsi déléguer la formation des maîtres de l’enseignement privé et public ! Cet institut confessionnel privé, au travers du PRES qui est une structure publique, pourra donc délivrer un diplôme d’état.
Un PRES ne possède pas de Conseil des Études et de la Vie Universitaire (Le CEVU pilote la politique pédagogique, les questions relatives aux formations et les conditions de vie et d’études des étudiants) ni de Conseil Scientifique (Le CS pilote la politique de recherche de l’Université). Il n’y a aucun organe ni d’instance pour contrôler le Comité d’Administration du PRES.
Mais ce n’est pas tout ! Désormais un établissement ou un organisme public ou privé concourant aux missions du service public de l’enseignement supérieur ou de la recherche pourrait délivrer un diplômes ! C’est à dire que n’importe quel organisme professionnel certificateur ou formateur pourraient donc délivrer des diplômes nationaux !
Nous voilà concrètement, par la loi, dans la délégation du service public au privé et la mise ne place de rentes décennales aux groupes de BTP !
Chantelot Pierre (PG)
A la course à la dévolution du patrimoine immobilier…!
Conséquence directe de la loi sur l’autonomie des universités votée en 2007, les universités qui le désirent, 9 sur 85 actuellement, peuvent désormais devenir propriétaires de leurs murs. L’université d’Auvergne, située dans le centre-ville de Clermont-Ferrand, a été la première à franchir le pas ce mardi matin, après la signature d’une convention sur la dévolution de son patrimoine, par Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Philippe Dulbecco, le président de l’université d’Auvergne Clermont-Ferrand 1 depuis juin 2007.
Philippe Dulbecco, professeur de sciences économiques et ancien président du PRES Clermont Université s’est toujours fait le chantre de la gestion managériale des universités. Déjà en 2007, il trouvait que la réforme des universités était encore trop timorée. Il aurait aimé aller encore plus loin, en instaurant une sélection pour les étudiants et des frais d’inscription plus élevés.
Cette fois ci, pour diversifier les sources de financement de son université, il est le 1er à se lancer dans la course à la dévolution du patrimoine immobilier. Car le fait d’être propriétaire en propre de ses bâtiments, permettra à l’université, au travers du PRES dont elle fait partie, de vendre ou de louer ces dits bâtiments pour, par exemple renflouer le budget de la masse salariale ou bien alors financer les secteurs de recherche jugés rentables. L’état n’aura plus son mot à dire.
En échange de la signature de cette convention, l’état, dans le cadre du contrat de plan État-région 2007-2013, s’engage à doter l’université d’Auvergne de 13 millions d’euros pour les divers travaux de mise en sécurité et d’accessibilité des locaux. L’université aura donc des locaux en parfait état qu’elle pourra rentabiliser aussitôt comme bon lui semble…
L’incitation financière pour les présidents d’universités tentés de franchir le pas est grande dans un 1er temps, mais une fois que l’université sera propriétaire de ses locaux, comment va-t-elle trouver le budget pour pouvoir les entretenir ou en acquérir d’autres ?
L’état s’étant totalement dégagé, et étant devenue autonome, elle devra se tourner forcément vers le secteur privé, source de capitaux, et donc ne développer que les thématiques de recherche jugées financièrement rentables par le secteur privé. Ainsi des pans entiers de recherche et d’enseignement supérieur seront abandonnés. De plus, les universités ont pour l’instant l’interdiction d’emprunter sur le marché bancaire (on a vu les conséquences récemment avec la dernière crise…), ce qui pourrait être un garde fou, peut se révéler être en fait plus dangereux : aliénation de la recherche publique par des capitaux privés…
Dans ces conditions, l’indépendance de la recherche publique n’est plus possible. Le service public doit être financer par l’argent public !
La bio de dulbecco : ça aide à mieux comprendre le pourquoi du comment….
http://www.educpros.fr/recherche-de-personnalites/fiche-personnalite/h/55cee69d7e/personalite/philippe-dulbecco.html
Un changement historique du métier d’enseignant
Depuis plus de 15 ans, un changement sans précédent du métier d’enseignant est à l’œuvre. Il résulte des préconisations libérales qui n’ont de cesse de démanteler le système public d’éducation pour le livrer sans vergogne aux appétits privés. Les vœux du président-candidat Sarkozy à la communauté éducative du 5 janvier 2012 à Poitiers témoignent d’une accélération fulgurante. Le triptyque autorité, autonomie et flexibilité est convié à cet effet.
Comme pour l’université avec la LRU, l’autonomie serait donc la solution idéale permettant de résoudre les problèmes pour tous et partout. Si le système éducatif fonctionne mal, c’est qu’il n’est pas assez autonome. Mais l’autonomie ne doit pas être réduite qu’à sa seule dimension budgétaire. C’est un processus permettant certes la mise sous coupe financière mais aussi intellectuelle de la sphère éducative et l’accroissement des inégalités avec une école à plusieurs vitesses. Après l’université, au tour des autres cycles de l’éducation nationale d’être pris comme cible.
La restauration de l’autorité des maîtres dans l’école publique passe pour Nicolas Sarkozy par la copie du modèle de l’école privée où ce sont les équipes dirigeantes qui choisissent leurs enseignants. Cette autonomie n’est plus ni moins qu’un chantage pervers envers la communauté éducative : elle doit obéir, sinon c’est la porte. C’est là clairement un dévoiement pernicieux du mode managérial ouvrant la voie au règne des petits chefs.
Plusieurs universités sont passées sous la tutelle du rectorat après avoir vu leurs budgets en déficit. C’est la réalité de la LRU et de l’autonomie. Pour les collèges et les lycées, l’autonomie se traduira par des changements destructeurs sans précédent. Les plus riches établissements des centres-villes seront les gagnants de la mise en concurrence. Ils se développeront en attirant des enseignants qui accepteront toutes les conditions de travail : mise sous tutelle des pratiques et des contenus pédagogiques, modulations du service, changement de la matière enseignée etc. Dans le même temps, lycées et collèges des secteurs populaires verront partir leurs enseignants et leur budget, prélude pour certains d’entre eux à leur fermeture.
L’autonomie financière va de pair avec le désengagement de l’État ; elle constitue une entreprise de destruction des libertés pédagogiques et de démantèlement des cadres réglementaires, en terme de recrutement ou de diplômes. Le but est clair : casser tous les cadres nationaux qui garantissent le maintien d’égalité et démanteler par la même occasion les statuts des personnels.
Les enseignants exercent un métier d’intellectuel se situant au cœur de la construction des processus d’apprentissage. L’exigence d’un master 2 pour enseigner aurait pu signifier une volonté d’élévation du niveau disciplinaire et de qualification. Or ce fut un marché de dupe ! La casse de la formation d’enseignants jetés, sans expérience, sur le terrain a mis un coup d’arrêt brutal aux rêves de nombreuses vocations !
Le développement de l’émancipation intellectuelle doit être le garant de la conception de cours en toute liberté pédagogique. C’est pourquoi les contenus des masters d’enseignement doivent être en prise directe avec la recherche universitaire, posséder un contenu disciplinaire fort et une formation contextualisée indispensable à la mise en pratique de savoirs théoriques. Mais c’est le contraire qui est visé : l’enseignant est progressivement amené, contre sa volonté, au rang de prestataire de service devant utiliser des mallettes pédagogiques toutes faites et vendues à prix d’or par des entreprises privées et l’avalanche des réformes au lycée conduisent au final à déstabiliser les équipes pédagogiques et à casser le moral des enseignants. C’est un véritable travail de sape pour dévaloriser le métier d’enseignant.
A travers ce bouleversement radical du métier d’enseignant et des missions dévolues à l’école de la République, c’est une nouvelle vision de la société que la droite veut promouvoir. Une société fondée sur le renoncement, la concurrence et la marchandisation, aux antipodes de notre volonté de mettre au plan de nos préoccupations l’égalité, l’émancipation et « l’humain d’abord ».
DASPE Francis, responsable commission éducation
CHANTELOT pierre, responsable commission enseignement supérieur et recherche
Nouvelles du PRES : Le Museum d’histoire naturelle en danger
Après la vente des entreprises publiques au privé (qui n’a rien changé du tout, au contraire, à la débâcle des finances publiques), le pouvoir en place s’attaque au patrimoine avec une rapidité inouïe. Même aux heures les plus sombres de l’histoire, on n’avait pas envisagé un tel chaos.
Le Muséum d’Histoire Naturelle est une des victimes de cette politique stupide qui n’arrange rien dans le présent et ampute l’avenir.
Musée, mais aussi institution de recherche de renommée mondiale, reconnu universellement pour son expertise dans divers domaines scientifiques, le Muséum National d’Histoire Naturelle se voit aujourd’hui triplement menacé : difficultés pour poursuivre ses missions de conservation, de recherche et de pédagogie vis-à-vis du grand public à cause de l’insuffisance de moyens, spoliation de son patrimoine foncier, non renouvellement des équipes. Fondé par un décret de la Convention nationale en 1793 pour des missions d’enseignement, le Muséum national d’histoire naturelle est une institution bien connue du public et des touristes étrangers pour ses collections permanentes, notamment la Grande galerie de l’évolution et le zoo, et ses expositions. Le Jardin des plantes, fondé en 1635 est un lieu de promenade et de convivialité cher à tous. C’est le lieu historique de découvertes fondamentales (Buffon, Cuvier, Laplace…) notamment pour la théorie de l’évolution : c’est donc un lieu symbolique. Mais le Muséum est aussi en charge de collections uniques et de nombreux spécimens en réserve, qui représentent environ cent fois ceux exposés, et constituent une mine d’informations pour les chercheurs sur la biodiversité mondiale, et son évolution depuis les débuts de la vie. 450 chercheurs travaillent au sein de cette institution de recherche de renommée mondiale, qui accueille en outre des étudiants en 2ème et 3ème cycles universitaires.
Pourtant de nombreux bâtiments du site sont aujourd’hui dans un état ne permettant pas l’accueil des visiteurs ou le travail des personnels, pas plus que la conservation des nombreuses collections en réserve. Ainsi le bâtiment de paléontologie, construit sur un sous-sol instable, s’affaisse au risque de s’effondrer. En 2005, l’injection de mousse polyuréthane pour combler des fissures béantes a été largement insuffisante pour régler le problème et un arrêté préfectoral préconise la fermeture du bâtiment au public début 2010. En outre, les collections fragiles, aujourd’hui stockées au sous-sol de ce département, nécessiteraient un déménagement unique vers une réserve suffisamment protégée de l’humidité et des crues de la Seine.
Des chantiers ont été lancés dans les années 2000 pour tenter de répondre à ces problèmes et réduire la densité des services sur les sites du 5e arrondissement : Les collections du Musée de l’Homme devaient être rapatriées au Palais de Chaillot dès 2012. Le démarrage du chantier du Zoo de Vincennes est aujourd’hui remis en cause par un avis de la Commission consultative du Vieux Paris demandant le classement d’éléments architecturaux devant être détruits. Le chantier de rénovation des bâtiments de l’herbier a pris un retard considérable dès son démarrage. Tous ces projets sont aujourd’hui ralentis voire à l’arrêt faute de financements suffisants.
Dans ce contexte difficile, le rapport Larrouturou sur l’immobilier universitaire remis le 10 février 2010 prévoit, sans concertation avec les personnels, l’utilisation de terrains affectés au Muséum dans le 5e, entre les rues Buffon et Poliveau, sous prétexte de relocaliser une partie des activités de l’université Paris 3 (bibliothèque, bureaux et amphis). L’objectif serait la centralisation du campus de Paris 3, aujourd’hui dispersé sur 8 sites dont certains en banlieue parisienne. De plus, les activités du bâtiment de la rue de Censier, qui doit être désamianté, devraient être déplacées provisoirement sur le site du Muséum .D’autres solutions sont envisageables et plus commodes ; accueil sur le campus de Jussieu qui dispose pourtant de locaux lui ayant permis d’héberger Paris VI et Paris VII, accueil dans les bâtiments de l’Institut national d’agronomie tout proche qui doit déménager. Les personnels de Paris 3 s’inquiètent en outre du risque de vente du site de Censier car le désamiantage exigera la démolition du bâtiment et libèrera donc le terrain alors que les services auraient été opportunément relogés sur l’îlot Poliveau. Les personnels du Muséum s’inquiètent d’autant plus qu’ils ont vécu il y a peu la création du Musée du Quai Branly qui a abouti au démantèlement des collections du Musée de l’homme et que les menaces sur le Zoo de Vincennes les concernent également.
Ce projet prévoit la destruction de 9 800 m2 de surface aujourd’hui utilisée sous forme de bureaux et laboratoires par le Muséum et supprime tous les espaces encore constructibles de la zone. Certains de ces bâtiments contiennent des éléments classés (charpente métallique de l’ancienne orangerie devenue réfectoire), d’autres viennent à peine d’être construits. Avant 2020, 7 000 m2 seulement seront alloués au Muséum sur les bâtiments construits. En outre, les 10 800 m2 du bâtiment où sera relogé Censier et qui devraient être à terme restitués au Muséum seront des bâtiments de cours inadaptés pour accueillir des laboratoires et devront être réaménagés en 2020. Les compensations envisagées impliquent des travaux qui défigureront la roseraie pour mettre en place une réserve de 3 000 m2 seulement, là où Hervé Lelièvre, responsable scientifique de la collection de paléontologie estime que 25 000 m2 seraient nécessaires1. Aucune solution n’est donc apportée au problème urgent des collections de paléontologie. Pourtant l’espace nécessaire serait disponible sur le site du 5e arrondissement.
Le projet du Ministère, tel qu’il a été présenté sans la moindre concertation aux chercheurs et autres personnels travaillant actuellement sur le site, ne prend manifestement pas en compte les besoins spécifiques des laboratoires et du jardin. Aucune solution spécifique de locaux « tampons » n’est ainsi proposée pour les collections de géologie, l’atelier de taxidermie ou le laboratoire de chimie, alors que des garanties de sécurité, notamment un système efficace de ventilation, sont absolument nécessaires. Les coûts et implications des déménagements des collections, souvent fragiles (celles de paléontologie ne devraient être déplacées qu’une seule fois, vers leurs locaux définitifs), et du matériel lourd (appareils d’imagerie par exemple) n’ont pas été réellement étudiés. Plusieurs collections sont menacées de délocalisation en banlieue, alors que le maintien sur un site unique des départements de recherche et de leurs collections est indispensable au travail de haut niveau et de rayonnement international du Muséum. Il est prévu que la pépinière du jardin, aujourd’hui sur site, soit délocalisée à 22 km de là, dans l’arboretum de Chèvreloup (Yvelines), sans aucun chiffrage des coûts supplémentaires et des contraintes liées au transport des plantes et du personnel entre les deux sites.
Par ailleurs, le site est situé sur un sous-sol instable, miné de cavités (passage de la Bièvre notamment). La hauteur du bâtiment accueillant aujourd’hui les collections du Musée de l’Homme avait dû être limitée à deux étages au lieu de trois prévus, pour éviter son affaissement. À proximité, le projet de Paris 3 prévoit de construire un immeuble de six étages, sans prévoir de fondations adaptées. Outre la gêne que constituerait le vis-à-vis d’un bâtiment d’une telle hauteur pour les habitants des immeubles voisins, les conséquences d’un tel surpoids pour la stabilité les immeubles adjacents pourraient être dramatiques et n’ont pas été étudiées.
Le plan proposé, alors que les embauches de personnel sont elles aussi au point mort, est symptomatique du genre d’intérêt que porte le gouvernement à cette institution phare de la recherche sur la biodiversité et sa conservation. Comme l’explique Christian Milet, élu FSU au Conseil d’administration, en attribuant toutes les surfaces constructibles à Paris-3, ce projet signe l’abandon de toute ambition réelle pour le Muséum national.Il s’agit aussi d’une attaque en règle contre un patrimoine immobilier public convoité par les spéculateurs immobiliers (comme c’est le cas aussi pour l’Institut Agronomique, la Mutualité, l’Hôtel-Dieu et la Salpêtrière). Pourtant la préservation d’une telle institution publique de sensibilisation, de recherche et d’enseignement est indispensable dans une République consciente de ses responsabilités vis-à-vis des générations futures dans la préservation de l’environnement et de la biodiversité. Elle est un outil précieux d’éducation et de sensibilisation auprès des scolaires et du grand public. Cet héritage révolutionnaire ne peut être dilapidé au profit d’une vision à court terme qui s’accompagne de mesures d’affichage qui ne sont que du semblant.
Parti de Gauche 75 – Comité 5-6-7
Hollande : Un programme stupéfiant !
La Commission Enseignement Supérieur Recherche (ESR) du Parti de Gauche est stupéfaite de la lecture du Programme de F. Hollande.
En retrait, en tout point, avec le Programme du PS, le moins qu’on puisse dire de l’engagement 39, concernant l’Enseignement Supérieur et la Recherche, c’est que pour le « Professeur » Hollande, l’élève Sarkozy a réussi son mandat.
Tout d’abord, c’est probablement la première fois, qu’un candidat de gauche à l’élection présidentielle, ne fait aucune allusion à la démocratisation de l’accès aux études supérieures. Pourtant, des études récentes ont montré un véritable recul. Même l’objectif contenu dans la Loi sur l’Ecole, fixant à 50% d’une classe d’age diplomée du supérieur, n’est pas cité. F. Hollande l’abandonne-t-il ou alors, comme pour le barême supérieur d’imposition, est-il en-deçà de la droite ?
On apprend ensuite que la LRU ne sera pas abrogée. Voilà un engagement qui donne un bon-point à Sarkozy et qui valide sa stratégie de mise en concurrence des Universités. Certes, « la gouvernance sera plus collective et démocratique » est-il dit, sans plus de précision, mais c’est là un bien piètre aménagement qui laissera quasi-intacte la gouvernance managériale, qui sied si bien à l’autonomie et à la concurrence entre les établissements.
Promettant plus loin « d’accélérer la mise en oeuvre des Investissements d’Avenir », F. Hollande apporte encore plus d’eau au moulin de Sarkozy et une preuve supplémentaire que son combat contre la finance a fait pschittt. Car rappelons que les fonds en question proviennent d’intérêts de placements financiers.
Rien en revanche, sur le budget de l’ESR, alors qu’un grand nombre d’Universités sont en déficit, victimes du passe-passe budgétaire de Sarkozy. Aucune trace de la proposition du PS de porter l’effort à 3% du PIB, ou de la mise en oeuvre d’un plan pluri-annuel d’emplois. Out ! les crédits récurents pour la Recherche.
Il y a bien ici ou là un peu de picotin à glaner, concernant l’allocation d’étude, l’encadrement des stages ou l’abrogation de « la circulaire Guéant », mais c’est bien le moins qu’on puisse attendre ! C’est aussi et surtout, une occasion saisie pour rester silencieux sur les frais d’inscription que Terra Nova propose d’augmenter.
En consacrant dans son programme pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche, la rigueur, la LRU et les Investissements d’Avenir, F. Hollande sacrifie « le changement, maintenant » dans les labos et les amphis et valide le choix de la « politique d’excellence » qui porte en germe les coups les plus sévères contre l’unité du système français d’enseignement supérieur et de recherche.
La commission Enseignement Supérieure et Récherche : http://esr.lepartidegauche.fr/
Focus sur l'équipe inquiétante en charge du volet éducation de François HOLLANDE.
Il s’agit d’Alain CLAEYS, maire de Poitiers pour l’enseignement supérieur et le député Jean-Yves LE DÉAUT pour la recherche.
Alors même si Alain CLAYES s’est fait le chantre de la performance à tout crin dans l’université, F. Hollande s’est entouré de « plus fort » encore…
Car dans son équipe, figure aussi Lionel COLLET, ancien président de la CPU de 2008 à fin 2010, qui a pensé toute la loi LRU. On se souvient que ses propositions à l’époque allaient même au-delà de la loi Pécresse actuellement en vigueur.
Rappelons en outre que Lionel COLLET estime que le noyau dur de cette loi, fondée sur la déconcentration de la gestion des universités, doit être préservé. Et même s’il est ouvert à des évolutions du modèle de gouvernance des établissements, il propose néanmoins que chaque président d’université ne soit en charge que de l’administration de celle-ci…donc un super gestionnaire administratif avec des objectifs de performance. Il fera donc « bonne équipe » avec A. CLAEYS.
Enfin, pour finir le tableau, L. Collet aimerait bien pouvoir rapidement augmenter les frais d’inscription :« on nous donne l’autonomie des dépenses mais pas celle des recettes, notamment sur les frais d’inscription ». Avec de telles lames, le programme que le candidat Hollande concocte, sera bien plus proche des propositions du Club Terra Nova qui refusait l’abrogation de la LRU et qui conseillait une augmentation très sensible des frais d’inscription afin de participer au financement des universités que de ce qu’attendent les étudiants et la jeunesse.
A ce propos, le texte de l’accord entre le PS et EELV en proposant seulement «des Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche… organisées afin de réexaminer la loi LRU et de trouver les voies pour mieux garantir l’indépendance de la recherche », est en très net recul et s’apprête à renoncer à une rupture avec les réformes de Sarkozy à l’Université…
L’équipe du candidat socialiste n’est pas un bon signal envoyé à la communauté universitaire qui s’était mobilisée sans précédent dès 2007 contre le projet de loi LRU et d’une rupture brutale et franche avec l’ensemble des valeurs portées par la Gauche. Le fait que B. Monthubert qui a soutenu A. Montebourg en soit écarté est symptomatique!
Le projet socialiste porte au travers des personnes qui l’incarne des éléments forts et clivants avec notre propre vision de ce que doit être l’enseignement supérieur et la recherche comme service public.
Le parti de Gauche garantira son soutien sans faille à l’Enseignement Supérieur et de la Recherche par la mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement de fonctionnaires et de financement gommant les inégalités entre établissements et permettant une réelle liberté de recherche et pédagogique.
Chantelot Pierre et Perdereau Patrice
Contractuels du supérieur : la fin du statut ?
Une fois de plus, le ministère de l'Enseignement Supérieur et la Recherche ne perd pas une occasion pour pousser plus loin sa logique de la précarisation et la casse du statut de fonctionnaire.
Issu d’un texte très peu modifié par rapport aux propositions du gouvernement, qui faisaient suite au protocole d'accord signé le 31 mars 2011 par plusieurs organisations syndicales, le projet de loi relatif à l'accès à l'emploi titulaire et à l'amélioration des conditions d'emploi des agents contractuels de la fonction publique a été débattu au sénat en 1ère lecture le 25 janvier, pour être ensuite envoyé à l’assemblée. Mais le ministère de l’ESR a court-circuité le dialogue social, le parlement et la procédure législative en lançant une circulaire sur la mise en œuvre de ce projet dès le 12 janvier dernier.
L’effet annoncé, à grand renfort de communication, du dispositif était la transformation en CDI de 12,5 % des 891 000 CDD officiellement reconnus dans la fonction publique. Mais tout compte fait seulement 5,6 % seraient titularisés ! De plus la circulaire préconise aux établissements, par souci d'économie, d'envisager les titularisations dans l'optique de postes qui auraient été pourvu dans le cadre des campagnes annuelles. Aucun poste ne sera donc crée pour les 50 000 précaires du supérieur. Cynisme poussé à son comble, des organismes et des établissements d’enseignement supérieur procèdent depuis l’accord du 31 mars 2011 à des dégraissages inacceptables d’ayant droits potentiels en ne renouvelant pas de nombreux contrats.
Avec ce projet de loi ANT, ce serait plus de 100 000 CDI qui vont apparaître dans la fonction publique. Cette loi n'est pas vraiment un plan de résorption de la précarité mais plutôt un plan de conversion de l'emploi public en emploi contractuel avec toutes ses dérives que la Parti de Gauche dénonce : disparition du statut, individualisation du traitement, dérive des pratiques locales, attribution des primes aux personnels et recrutement à la discrétion du président d’université.
Contrairement au secteur « privé » où la situation du salarié dépend d’un contrat, les agents des administrations de l’État, des collectivités territoriales et du secteur sanitaire et social public ne sont pas régis par le Code du travail et des conventions collectives. Le fonctionnaire est dit dans une situation statutaire, c’est à dire que ses conditions de recrutement, de travail et de rémunération sont définies dans le cadre d’un "statut général".
Comme la fonction publique n’est régit par aucune convention collective, la rédaction du CDI par l’employeur commence par une feuille vierge. Aucune protection sociale préalable n’est exigée par la loi en faveur du salarié comme pour l’employeur. Seul le rapport de force, le contrat donc, entre les 2 parties est la règle.
C'est un changement fondamental qui met à bas le statut de fonctionnaire. Lié à la RGPP, le recrutement d'agents contractuels, casse le contrat social liant la société à ses fonctionnaires. Ces deniers, devenu des contractuels, ne seront plus protégés par leur statut et seront donc soumis aux pressions. Cela va à l’encontre des valeurs prônées par le PG pour qui le statut est le garant de la liberté fondamentale du chercheur et de la liberté pédagogique de l’enseignant. C'est l'ensemble des professions représentées dans la communauté universitaire qui est concernée par la précarisation - enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, biatoss et personnels actuellement non titulaires. C 'est ensemble qu'ils pourront imposer une autre politique.
Le Parti de Gauche exige la modification, par un dialogue social respectueux de tous les intervenants, de la loi votée mardi 14 février à l’assemblée nationale à fin de permettre la titularisation de tous les précaires. Le Parti de Gauche exige la protection dans l’emploi sur des fonctions pérennes des contractuels pour lesquels il n’existe ni concours, ni poste.
Communiqué de la Commission Enseign. Supérieur & Recherche du Parti de Gauche : http://esr.lepartidegauche.fr/
Démission d’un quart du jury de l’agrégation externe de mathématiques : les effets de la masterisation
Le système éducatif français est en crise, la situation est grave.
La crise apparaît d'abord dans l'asphyxie des moyens. Les fermetures de classes se succèdent à un rythme accéléré dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Les universités n’arrivent pas à accueillir décemment les étudiants ; elles sont précipitées dans une course effrénée aux financements. Il y a une baisse alarmante des effectifs dans les études scientifiques ainsi que dans les filières professionnelles. Les mesures indignes prises récemment à l'encontre des étudiants étrangers aggravent encore la situation. Élèves, étudiants, parents, chefs d'entreprises, enseignants, tous perdent peu à peu confiance dans notre système de formation.
Un signe alarmant est la désaffection croissante des étudiants pour le métier de professeur. Amorcé au début des années 2000, le phénomène a connu en 2011 une accélération brutale, effet immédiat de l'entrée en vigueur de la réforme de la formation et du recrutement (connue sous le nom de « masterisation »). Par exemple, au CAPES externe de mathématiques, où il y avait 846 postes ouverts en 2010 et 950 en 2011, le nombre de candidats présents aux épreuves écrites est passé de 2695 en 2010 à 1285 en 2011 (-53%), le nombre d'admissibles de 1919 à 1047 (-46%), le nombre d'admis de 846 à 574. Ainsi, l'effondrement du nombre de candidats a été tel que le jury n'a pu pourvoir en 2011 que 60% des postes offerts. De tels chiffres se passent de commentaire. Sans être encore aussi catastrophique, la situation de l'agrégation n'en est pas moins alarmante : le nombre de candidats présents à l'écrit a régulièrement baissé depuis 2006 (ils étaient 1853 en 2006 et 1124 en 2011), alors qu'en même temps le nombre de postes augmentait. Les effectifs des préparations au CAPES ou à l'agrégation restent cette année à un niveau très bas. Pourtant le besoin en professeurs est énorme. Les rectorats en sont à publier des petites annonces pour rechercher les professeurs de mathématiques qui leur manquent. On recrute ainsi dans l'urgence des personnels précaires, non qualifiés et sans formation profession- nelle. Les zones « difficiles » sont les premières touchées, ce qui va à l’encontre de l'égalité des chances et compromet la vie des générations à venir.
Pour une très grande part, la crise de l’école provient des déséquilibres de la société et de l’économie, dans le monde comme en France, entraînant une perte de confiance et des difficultés d’adaptation. Ceci devrait être une raison de plus pour faire de l'école une priorité, un devoir pour la nation afin de mieux préparer l’avenir.
Pour améliorer l’école il faut reconnaître ses problèmes. Notre système éducatif a certainement ses faiblesses, qu’il faut corriger. Cependant il a aussi des forces considérables, qu'il faut absolument préserver. L'une d'elles, reconnue dans le monde entier, était sa capacité de formation et de recrutement des enseignants, garantissant de très solides bases scientifiques et humanistes. Or dans sa frénésie de réformes, le ministère de l’éducation nationale est en train de détruire sciemment cette capacité. Nous ne pouvons pas rester passifs devant cette entreprise de démolition.
Nous rendons public ce texte le 13 février 2012. Les jurys étant constitués pour chaque session, notre « démission » est en fait un refus de participer au jury pour la session 2012.
La masterisation a été imposée sans aucune concertation, contre l'avis quasi unanime de la communauté éducative (cf. le récent rapport Jolion2). L'exigence du diplôme de master pour tous les concours d’enseignants a détourné un grand nombre de candidats potentiels. Beaucoup des meilleurs étudiants, pour lesquels la deuxième année de master est une ouverture naturelle vers la recherche, ont déserté les préparations à l'agrégation. D'un autre côté, des étudiants moins brillants ont reculé devant la difficulté supplémentaire que représentait le master. Le flux, modeste mais régulier, et bénéfique, de candidats venus d'autres secteurs d'activité professionnelle pour une reconversion a été stoppé net.
L'un des aspects les plus graves de la réforme en cours est l'attribution d'un service d'enseignement à temps plein aux lauréats, juste après le concours. Cette mesure n'a aucune autre justification que l'exigence d'économies budgétaires. Elle a d'ailleurs été désapprouvée par le Conseil d'État3. La formation professionnelle est ainsi sacrifiée. Une réforme aurait dû avant tout motiver les étudiants et les mettre dans les meilleures conditions de préparation. C'est exactement le contraire qui s'est produit.
La masterisation a déjà changé le visage de l’agrégation, en diminuant fortement le nombre des candidats. Or ce concours est un des points les plus forts de notre système. Son intérêt principal est de garantir un recrutement de qualité indiscutable. Le stage qui suivait l’admission complétait la formation professionnelle. Les conditions nouvelles d’inscription ont changé la donne, là où il n’y avait aucune nécessité.
Une conséquence de la suppression de l'année de formation professionnelle après le concours a été l’introduction de l’épreuve « agir en fonctionnaire de l'état et de façon éthique et responsable », censée tester la déontologie et les qualités humaines du candidat en un quart d’heure lors de l’oral, plutôt qu’au cours d'une année d'apprentissage sur le terrain. Le jury de l'agrégation de mathématiques, pratiquement unanime, avait lors de la session 2010 indiqué dans une motion rendue publique son opposition à l'instauration de cette nouvelle épreuve dans ces conditions. Plusieurs jurys d'autres disciplines en avaient fait autant. La moitié du jury de l’agrégation de philosophie avait même démissionné pour protester contre l’absurdité de l’épreuve « agir ». Le ministère n'a même pas daigné répondre à ces critiques. Au contraire, il s'est ingénié à dénaturer encore plus le concours en y introduisant des contraintes nouvelles (certification en informatique et en langues, à un niveau clairement irréaliste), toujours sans concertation et sans préparation.
À ces contraintes s'est ajoutée une complication supplémentaire : le ministère a imposé à tous les jurys un calendrier extrêmement serré qui, pour les concours à gros effectifs comme celui de mathématiques, a transformé la session d'oral 2011 en un marathon très difficile à gérer. Annoncé comme exceptionnel par le ministère, ce resserrement du calendrier a été accepté par notre jury, soucieux de préserver l'agrégation, de permettre aux candidats de faire valoir leur travail de préparation, et d'assurer aussi bien qu'il le pouvait le recrutement de professeurs pour pourvoir les 288 postes mis au concours en 2011.
Mais les membres du jury ont en même temps voulu renvoyer à leur tutelle un message d'alerte exprimant leur inquiétude quant à la détérioration du concours et plus généralement des conditions de formation et de recrutement des professeurs. Cette démarche n'était pas destinée à être rendue publique, mais un nouveau diktat ministériel concernant la session 2012 a mis le feu aux poudres : le calendrier, loin de redevenir normal, allait être encore plus resserré ; le jury disposait de moins de temps
2. http://smf.emath.fr/files/text_like_files/rapportjolion.pdf
3. http://arianeinternet.conseil-etat.fr/arianeinternet/getdoc.asp?id=192811&fonds=DCE&item=2
alors que vingt postes de plus étaient à pourvoir. La seule façon d'organiser le concours en respectant les délais imposés et sans porter atteinte à l'équité des épreuves pour tous les candidats serait de diminuer le nombre d'admissibles : prendre une telle décision pour des raisons purement administratives est pour nous inacceptable.
Une lettre circonstanciée, signée par une grande majorité des membres du jury 2011, fut adressée au ministre, détaillant nos inquiétudes sur le fond, et lui demandant surtout de revoir les dates d’oral (nous suggérions par exemple de moduler celles-ci suivant les effectifs de chaque concours). Le mécontentement était tel que les signataires faisaient part de leur intention de ne pas siéger en 2012 s'ils n'obtenaient pas de réponse. Il y eut certes une réponse, mais indirecte et accablante : adressée au président du jury, elle le chargeait en quelque sorte de calmer ses troupes, maintenait les contraintes absurdes du calendrier et ne disait pas un mot des questions de fond.
Aussi, trente d'entre nous, soit plus d'un quart du jury 2011, ont décidé qu'il n'était plus possible d'assister passivement à la destruction de notre système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste.
Le mépris avec lequel la DGRH et le ministère ont traité leur personnel à cette occasion va bien avec le fond et la forme des réformes récentes. C’est contre tout cela que les démissionnaires protestent aujourd’hui.
La protestation de membres d'un jury d'agrégation peut apparaître comme dérisoire au regard de la crise que traverse la société, en particulier du chômage qui frappe 25% des jeunes. À ceux qui voient dans notre démarche une réaction élitiste, émanant de quelques privilégiés, nous disons que la formation de la jeunesse est la question clé aujourd’hui, et que nous refusons la destruction en cours des outils de cette formation. Quelle chance a-t-on d’entrevoir la sortie de la crise si on renonce à donner une formation de qualité aux futurs citoyens ?
Or les conséquences des réformes actuelles sont déjà visibles : on enverra dans les classes de jeunes professeurs moins motivés, moins bien formés scientifiquement, sans ou presque sans formation pédagogique ni professionnelle. Un gâchis patent, pour ces professeurs autant que pour leurs élèves.
Le système d'éducation français a longtemps été un modèle. Il est urgent qu'il le redevienne. Nos universités devraient attirer des étudiants du monde entier. C'est particulièrement vrai en mathématiques, où l'école française est une des meilleures du monde. Mais ne nous y trompons pas, l'élite ne peut pas reposer sur du vide. Nos médailles Fields ne sont pas une rente éternelle. La dégradation générale aura inévitablement des répercussions sur l'ensemble du tissu scientifique, et en particulier sur notre recherche de pointe.
Il est urgent de redonner au métier d'enseignant l'éclat qu'il a perdu. N'attendons pas qu'il soit trop tard. En défendant un outil de formation et de recrutement efficace, c'est à l'avenir de tous les jeunes que nous pensons.
Liste des trente démissionnaires*
Dominique Barbolosi
Professeur, université d'Aix-Marseille
Daniel Bennequin
Professeur, université Paris Diderot
Laurent Bernis
Professeur de classes préparatoires, lycée Kerichen, Brest
Franck Boyer
Professeur, université d'Aix-Marseille
-
* Olivier Brinon
Maître de conférences, université Paris-Nord
Marie-Line Chabanol
Maître de conférences, université Bordeaux 1
René Cori
Maître de conférences, université Paris Diderot
Hubert Correia
Professeur de classes préparatoires, lycée Michel Montaigne, Bordeaux
-
* Clément De Seguins Pazzis
Professeur de classes préparatoires, lycée Sainte-Geneviève, Versailles
Sandrine Dozias
Professeur de classes préparatoires, lycée Descartes, Tours
-
* Denis Favennec
Professeur de classes préparatoires, lycée Michel Montaigne, Bordeaux
Jean-Christophe Feauveau
Professeur de classes préparatoires, lycée de Bellevue, Toulouse
Françoise Fontanez
Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur
Jean-Claude Fort
Professeur, université Paris Descartes
Serge Francinou
Professeur de classes préparatoires, lycée Charlemagne, Paris
Isabelle Gaudron
Maître de conférences, université Paris-Nord
Hervé Gaussier
Professeur, université Joseph Fourier, Grenoble
Stéphane Gonnord
Professeur de classes préparatoires, lycée du Parc, Lyon
Thierry Klein
Professeur, université Joseph Fourier, Grenoble
Bernard Loiseau
Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur
Edith Méthou
Professeur de classes préparatoires, lycée Victor Hugo, Besançon
Nicolas Meunier
Maître de conférences, université Paris Descartes
Rached Mneimné
Maître de conférences, université Paris Diderot
Sylvie Monniaux
Maître de conférences, université d'Aix-Marseille
Bertrand Philibert
Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur
Simon Riche
Chargé de recherche, CNRS, Clermont-Ferrand
Antoine Rousseau
Chargé de recherche, INRIA, Montpellier
Monique Teillaud
Directrice de recherche, INRIA, Sophia Antipolis
Emmanuel Thomé
Chargé de recherche, INRIA, Lorraine
Jacques-Arthur Weil
Maître de conférences, université de Limoges
* Les 3 collègues signalés par un astérisque ont cependant accepté de corriger l'écrit.
Journée mondiale de la radio – 1re édition
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La radio est un moyen de communication à faible coût, particulièrement adapté pour toucher les communautés isolées et les personnes vulnérables, et qui donne à tous, quelque soit le niveau d’instruction, la possibilité de participer au débat public. La radio joue aussi un rôle central dans les systèmes de communication d’urgence et l’organisation des secours après une catastrophe. À l’heure de la convergence des médias, les services radiophoniques évoluent et adoptent de nouvelles formes avec les technologies numériques.
Célébrez la Journée mondiale de la radio sur les ondes et sur www.unesco.org/new/fr/communication-and-information Responsable : Secteur de la Communication et de l’information de l’UNESCO Contacts : 01 45 68 42 28, m.lourenco@unesco.org ou 01 45 68 42 13, v.nadal@unesco.org |
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CHRONIQUE EDUCATION d'après le Front de Gauche, semaine du 6 au 10 février 2012

6 février
Évaluation des enseignants : le Sgen-CFDT ne signe pas la plate-forme de négociation avec la DGRH
« Nous n'avons pu aboutir à un accord sur la déconnexion entre l'avancement de carrière et l'évaluation des personnels, nos demandes n'ayant été que partiellement reprises. Même si le caractère inégalitaire du système actuel serait atténué, l'évaluation du supérieur hiérarchique quel qu'il soit continuerait de peser sur le déroulement de carrière », indique lundi 6 février 2012, le Sgen-CFDT. Le syndicat précise qu'il ne signe pas de ce fait la plate-forme destinée à cadrer le nouveau dispositif d'appréciation de la valeur professionnelle des enseignants, issue de la concertation menée avec la DGRH du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative. L'organisation syndicale avait suspendu son appel à la grève du 15 décembre contre les projets de textes sur l'évaluation, pour « entrer dans les négociations » avec le ministère
Bac ES : « la nouvelle épreuve composée interdit les sujets appelant des débats » selon l'Apses
« Les nouvelles épreuves de sciences économiques et sociales, coefficient 7 ou 9 au baccalauréat ES, n'ont fait l'objet d'aucune discussion avec les partenaires de l'éducation ni d'aucun test auprès des élèves comme cela a toujours été le cas avant la mise en œuvre de nouvelles modalités d'évaluation au baccalauréat », déplore l'Apses le 3 février 2012. Le ministère de l'Éducation nationale a rendu publics les « sujets zéro » des nouvelles épreuves de baccalauréat en SES, qui seront au nombre de trois à compter de la session 2013 : l'épreuve composée, la dissertation, auxquelles s'ajoute une épreuve sur l'enseignement de spécialité. L'Apses appelle les enseignants de SES à signer une pétition demandant un « moratoire sur l'application des nouvelles épreuves et la mise en place d'une véritable concertation ».
Masterisation : un « appel pour une refonte de la formation » lancé par des enseignants d'histoire-géographie
Nous, enseignants d'histoire et/ou de géographie des universités et du second degré, engagés dans la préparation des concours et dans la formation des enseignants, ou membres des jurys de concours, appelons à une redéfinition en profondeur des modalités de cette formation », annoncent une cinquantaine d'enseignants signataires d'un « appel pour une refonte de la formation des enseignants » rédigé lors d'une réunion du « Réseau des enseignants d'historiographie et d'épistémologie de l'histoire », le 28 janvier 2012 et publié lundi 6 février 2012.
7 février
Assistants en langue : « il est regrettable que les effectifs se réduisent » (rapport du comité stratégique des langues)
Suppressions de postes : le sénateur Jean Arthuis demande au Premier ministre que les arbitrages « soient prononcés avec discernement »
Remplacement des enseignants : la FCPE enregistre 27 386 demi-journées d'absence non remplacées depuis la rentrée
« 27 386 : c'est le nombre de demi-journées d'absences non remplacées signalées sur le site 'ouyapacours' de la FCPE, sur une cinquantaine de départements entre septembre 2011 et janvier 2012 », fait savoir l'organisation le lundi 6 février 2012. « Le département de Paris détient le record avec 3 646 demi-journées perdues déclarées, suivi des Hauts-de-Seine avec 3 010 demi-journées de cours perdues », signale la FCPE. Le 10 octobre 2011, la fédération de parents d'élèves annonçait 4 140 demi-journées d'absence non-remplacées.
« Les petits départements sont touchés également comme la Côte d'Or avec 712 demi-journées perdues », poursuit la fédération de parents d'élèves. « Pour le seul mois de janvier, on signale 3 264 demi-journées sans remplacement sur ouyapacours : les collèges sont les plus touchés et dans les écoles primaires, on remplace encore moins bien que l'an passé », conclut l'organisation.
Absentéisme scolaire : les allocations de 171 familles suspendues entre janvier et juillet 2011 (Nicolas Sarkozy)
Cned-CNDP : un marché public pour étudier les « synergies » et « convergence » possibles
8 février
Masterisation : la Cour des comptes préconise d'organiser les concours de recrutement « avant ou au début des masters » (rapport annuel)
« La complexité et la rigidité des procédures de gestion de l'Éducation nationale ont entraîné des difficultés notables d'organisation au cours de la première année de mise en œuvre [de la réforme de la masterisation], notamment en ce qui concerne les conditions d'accueil et de formation réservées aux nouveaux enseignants », relève la Cour des comptes dans son rapport public annuel 2012, dévoilé mercredi 8 février 2012. Dans ses observations sur la « gestion des ressources humaines », la Cour consacre un chapitre à la formation initiale et au recrutement des enseignants. Elle formule quatre recommandations : « élaborer un référentiel de formation pour les masters débouchant sur les concours de recrutement des enseignants, prévoyant notamment des durées minimales de formation des étudiants en milieu professionnel » ; « organiser les concours de recrutement avant ou au début des masters, de façon que les étudiants n'aient pas été formés, en cas d'échec, à un métier qu'ils ne pourront pas exercer » ; « accorder des décharges de service aux enseignants stagiaires, à coût budgétaire constant, en fonction de la difficulté spécifique de leur affectation » et « mettre en place un système d'information et de recueil des données permettant d'évaluer l'adéquation des actions de formation aux besoins des enseignants ».
PLFR 2012 : 18 millions d'euros d'annulation de crédits pour la mission « Enseignement scolaire »
Évaluation des enseignants : le SNFOLC et le Snetaa-FO appelleront à la grève en cas de « passage en force » des textes au CTM
Rapport de la Cour des comptes : les réactions du Snuipp-FSU et du SE-Unsa
La Cour des comptes vient de publier un rapport signant l'échec total de la réforme de la formation des enseignants. Le bilan se présente comme le réquisitoire final d'un rendez-vous manqué pour la réussite des élèves et le métier d'enseignant », affirme le Snuipp-FSU, mercredi 8 février 2012, en réaction à la publication du rapport public annuel 2012 de la Cour des comptes qui consacre un chapitre à la formation initiale et au recrutement des enseignants. Elle formule quatre recommandations : « élaborer un référentiel de formation pour les masters débouchant sur les concours de recrutement des enseignants, prévoyant notamment des durées minimales de formation des étudiants en milieu professionnel » ; « organiser les concours de recrutement avant ou au début des masters, de façon que les étudiants n'aient pas été formés, en cas d'échec, à un métier qu'ils ne pourront pas exercer » ; « accorder des décharges de service aux enseignants stagiaires, à coût budgétaire constant, en fonction de la difficulté spécifique de leur affectation » et « mettre en place un système d'information et de recueil des données permettant d'évaluer l'adéquation des actions de formation aux besoins des enseignants ».
SE-UNSA. Le rapport de la Cour des comptes « pointe des inepties à la pelle », relève le SE-Unsa : « la charge de travail des stagiaires est de 1/3 supérieure au temps de travail d'un titulaire », « l'efficacité du tutorat est sérieusement mise en doute, d'autant qu'un stagiaire sur quatre n'exerce pas dans l'établissement de son tuteur » et « le traitement de l'hétérogénéité des élèves, fondamental, n'occupe désormais qu'une dizaine d'heures dans la formation initiale ».
« La masterisation Darcos est un cuisant échec. Ni la date des concours, ni le mode d'affectation des stagiaires et encore moins leur simili-formation ne trouvent grâce aux yeux des sages de la rue Cambon » et « contrairement aux affirmations péremptoires de 2007, non seulement cette réforme aura été coûteuse budgétairement mais elle s'avère inefficace quant à la formation même des enseignants », poursuit le syndicat. En outre, « la Cour des comptes observe que 70 % des stagiaires n'ont aucune expérience d'enseignement lors de leur prise de fonction. Elle pointe aussi le manque d'attractivité financière et s'alarme de la baisse inquiétante des viviers. Autant de thèmes sur lesquels le SE-Unsa alerte depuis cinq ans ».
« En précisant que 'ce nouveau dispositif a été engagé pour pouvoir tirer parti le plus rapidement possible des économies d'emplois qu'il permettait', le rapport résume l'absurdité et l'irresponsabilité d'une politique budgétaire aveugle. »
Remplacement des enseignants absents : la FCPE « n'a pas vocation à recenser les manques de manière exhaustive »
Enseignement des langues : les réactions du SE-Unsa, du Snec-CFTC, du SNFOLC, de la CGT-Éduc'action et du Sgen-CFDT
La « globalisation » des horaires de langues au collège est une « mesure structurelle d'affichage » qui ignore « la complexité générée pour les emplois du temps et les rythmes scolaires des collégiens », réagit le SE-Unsa mardi 7 février 2012, suite à la remise du rapport « Apprendre les langues, apprendre le monde » du comité stratégique sur l'enseignement des langues (AEF n°162136). Au sujet de l'« annualisation du temps de travail », le syndicat estime que « le statut des enseignants » est ici désigné « comme responsable des maux de notre système éducatif ». Selon le SE-Unsa, si la définition du métier d'enseignant « doit être améliorée », « cela ne peut relever ni du diktat, ni de la propagande électorale, mais d'une véritable politique contractuelle ».
SNEC-CFTC. Le ministre « veut-il, à douze semaines de l'élection présidentielle, remettre en question le décret de 1950 qui régit le temps de travail des enseignants, sans aucune concertation avec les professionnels de l'éducation, premiers concernés ? », s'interroge le syndicat. Regrettant « l'absence totale de dialogue social », le Snec-CFTC rappelle que les enseignants ont eux-aussi des « préparations à faire », « avant de se présenter devant les élèves », y compris pendant « les périodes de stage » des élèves en lycées professionnels. Le ministre « déclare également vouloir imposer aux enseignants de travailler pendant les vacances, comment imposera-t-il aux élèves d'être présents ? Alors, s'agit-il d'une proposition sincère de sa part ou d'un nouveau coup porté à l'image des enseignants ? », s'interroge le syndicat.
SNFOLC. Le syndicat « exprime son désaccord complet avec ce projet destiné à nous faire travailler plus pour gagner moins en accentuant les effets de la RGPP ». Selon lui, les mesures annoncées par Luc Chatel permettraient « d'accroître le temps de travail des professeurs sans augmenter leur rémunération tout en supprimant de nouveaux postes ». Le SNFOLC « se bat et se battra contre toutes les tentatives de mettre à mal les décrets de 1950, qui définissent le service des professeurs en horaires hebdomadaires d'enseignement dans leurs disciplines. Les grèves et les manifestations du 15 décembre et du 31 janvier ont prouvé l'attachement des personnels à leur statut, leur volonté d'exiger le retrait du projet d'évaluation et celui des suppressions de postes ».
CGT-ÉDUC'ACTION. « La globalisation va considérablement alourdir le temps scolaire et donne au ministère une liberté de gestion permettant de supprimer encore des postes », réagit le syndicat. « Concernant l'annualisation, il s'agit tout simplement d'une déréglementation totale du temps de travail des personnels et permettrait, là aussi, des suppressions de postes (en particulier dans les enseignements en langues, mais également plus globalement dans la voie professionnelle en profitant des stages des élèves…) », ajoute-t-il. La CGT-Éduc'action « souhaite la construction rapide et unitaire d'une mobilisation dans l'Éducation nationale ».
SGEN-CFDT. Selon l'organisation, « l'annualisation est une manœuvre dangereuse et irresponsable » dans le cadre d'une « campagne électorale qui utilise les ressorts populistes classiques en les déclinant contre les personnels enseignants ». Le sujet du service des enseignants « nécessite avant tout la reconnaissance de toutes les tâches assurées par les enseignants, qui ne peuvent plus se limiter aux préparations, cours et corrections telles que l'avaient défini le statut de 1950 par exemple pour les professeurs du second degré », juge le Sgen-CFDT.
10 février
Discours de François Hollande sur l'éducation : réactions syndicales
« La confirmation d'une priorité sur l'éducation et notamment sur le primaire ne peut que nous satisfaire » note Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT, interrogé par AEF le vendredi 10 février 2011 sur le discours sur l'éducation prononcé par François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, à Orléans le jeudi 9 février 2012 (AEF n°162300). « Nous sommes également intéressés par l'idée qu'il faille une réforme pour une école qui favorise la réussite de tous les élèves plutôt que de les trier », avance-t-il, se déclarant aussi favorable à « une entrée dans le métier progressive » des enseignants. Dans son discours, François Hollande préconise notamment de « supprimer les évaluations permanentes » des élèves en primaire, de « rétablir une formation initiale et continue des professeurs [au sein] d'Écoles supérieures du professorat et de l'éducation », de « mettre en place une filière de prérecrutements », mais aussi de « réformer les rythmes scolaires », de « créer une obligation d'accueil dans le service public pour les enfants à partir de l'âge de trois ans », de « refonder les programmes de 2008 » en primaire et de « supprimer les orientations précoces » au collège.
« Les annonces restent un peu floues. Cela n'est pas forcément une mauvaise chose à ce stade car il faut prendre le temps de la négociation et de la discussion », reconnaît Thierry Cadart. Parmi les points qui « l'interrogent », le secrétaire général cite « la création d'un nouveau métier lié à la sécurité ». « Cela nous laisse perplexes. Il y a déjà les CPE et les EMS qui peuvent traiter ces questions. Nous ne voudrions pas voir se dessiner l'idée d'une intervention segmentée sur les enfants ».
UNSA-ÉDUCATION. « De nombreuses précisions ont été apportées par rapport au discours du Bourget (AEF n°161283) », estime quant à lui Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Éducation. « Les propositions de François Hollande relatives à la formation des enseignants, à leur recrutement, et aux conséquences sur le socle commun rejoignent les préoccupations de l'Unsa-Éducation », détaille-t-il. « Il s'agit d'un discours de candidat et il faudra sans doute de nouvelles rencontres pour préciser les propositions », poursuit-il. Patrick Gonthier se déclare également en accord avec « la distinction entre autonomie pédagogique des établissements et autonomie administrative concurrentielle » développée dans les propos du candidat socialiste. « Nous sentons que les préoccupations syndicales dont nous avions fait part à François Hollande lors de l'audience qu'il nous avait accordée en janvier ont été prises en compte », conclut-il.
FO. « FO ne souhaite pas se positionner par rapport aux propos des différents candidats ni participer à l'élaboration de la loi de programmation du parti socialiste », précise Hubert Raguin, secrétaire général de la Fnec-FP-FO, interrogé par AEF vendredi 10 février 2012. « Cependant, au-delà des bonnes intentions, nous attendons les actes. Nous voudrions des réponses concernant l'arrêt de la RGPP et de la politique du 'un sur deux', l'annulation des 14 000 suppressions de postes prévues à la rentrée 2012, l'interruption des réformes en cours, comme la réforme du lycée ou celle plus récente de l'évaluation des enseignants. Or nous n'avons rien entendu de précis sur ces sujets », poursuit-il. En outre, pour FO, « l'issue n'est pas dans l'école du socle ». « Elle nous apparaît destructrice pour les élèves et pour les personnels », explique-t-il, se disant également « préoccupé » par « le sujet des rythmes scolaires » tel qu'il est abordé par le candidat socialiste.
FSU. Contactée par AEF, Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, n'a pas à ce jour donné suite.
SNALC-FGAF. Le Snalc-Fgaf « prend acte de nombreux points positifs dans le programme éducatif présenté hier par le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande : le rétablissement d'une véritable formation initiale des professeurs dotée d'une année de stage ; la création d'une filière de prérecrutement ouverte aux étudiants dès la licence ; des efforts budgétaires en faveur de l'école maternelle, de l'école primaire ou de la médecine scolaire ; le souhait de revaloriser l'enseignement professionnel ; la décision de rétablir l'enseignement de l'histoire en terminale S ; la ferme volonté de ne pas renforcer les pouvoirs des chefs d'établissement dans le cadre d'une autonomie accrue accordée à ces derniers ».
Néanmoins le syndicat « s'inquiète de la poursuite d'orientations néfastes, en partie déjà initiées par l'actuel gouvernement » : « ne plus faire de distinction entre la formation des professeurs du premier degré et celle du second degré ouvrant ainsi la porte à la création d'un corps unique […] mettrait en péril l'expertise disciplinaire des professeurs de l'enseignement secondaire » ; « faire la part belle dans la formation des futurs enseignants à une recherche pédagogique parfois fumeuse ». L'organistion « s'inquiète » aussi de « la volonté de revoir les rythmes scolaires, notamment en raccourcissant les vacances d'été, au détriment des intérêts des familles et des enseignants », « l'attachement au socle commun de connaissances, machine de guerre de la primarisation du collège, qui nécessitera une révision à la baisse des programmes du collège » et déplore « le ferme refus de revenir sur le principe du collège unique en écartant toute possibilité de création de parcours diversifiés au sein de celui-ci ».
Enfin, le Snalc-Fgaf regrette que « le candidat ne se soit pas exprimé sur la question cruciale de la revalorisation salariale des enseignants ou sur la remise en cause des réformes entreprises par l'actuel gouvernement dans les lycées généraux et professionnels dont les professeurs constatent pourtant chaque jour sur le terrain les effets calamiteux, notamment en terme de suppressions de postes ».
CFE-CGC. Avenir Écoles CFE-CGC « note avec intérêt le projet de recréation au cours du quinquennat de 60 000 postes supplémentaires dans l'éducation, notamment à l'école primaire ». « On peut ainsi espérer que les classes surchargées ne seront plus qu'un lointain souvenir », estime l'organisation le 9 février 2012. En outre, le syndicat « applaudit » au « rétablissement d'une formation professionnelle des enseignants digne de ce nom, avec la création d'Écoles supérieures du professorat et de l'Éducation » et approuve « le retour à la scolarisation en maternelle des enfants de moins de 3 ans dans les quartiers sensibles ».
« Un grand malaise, une grande souffrance, flottent sur la profession [des enseignants] : manque de reconnaissance, salaires dérisoires et indignes pour des Bac + 5, pas ou peu de perspectives d'évolution de carrière et plus grave encore, rien sur une véritable médecine du travail, rien sur la qualité de vie au travail », considère Avenir Écoles CFE-CGC. « Sur ces problématiques, force est de constater que les recettes du candidat Hollande auront bien du mal, et ce n'est pas un procès d'intention, à inverser la vapeur ». Le syndicat « aurait aimé également entendre dans ce projet, une réelle place faite à la révolution numérique, pour qu'enfin, élèves et enseignant(e)s entrent dans le XXIe siècle et retrouvent une saveur à l'école ». « Avenir Écoles CFE-CGC se tient de plus en plus à la disposition du candidat socialiste pour l'aider à compléter son offre à destination de ces femmes et de ces hommes, qui chaque matin, relèvent le défi de faire l'école », conclut l'organisation.
Présidentielle : le Snes-FSU interpelle les candidats sur « le salaire des enseignants»
« Envisagez-vous rapidement une augmentation de la valeur du point d'indice de la fonction publique ? Êtes-vous pour indexer la valeur du point d'indice sur l'inflation ? Envisagez-vous un plan de revalorisation de la situation des personnels d'enseignement, d'éducation et d'orientation ? Comment concevez-vous son élaboration ? Quelle place accordez-vous aux rémunérations indemnitaires par rapport aux traitements ? L'évaluation doit-elle se traduire dans la carrière, dans la rémunération ? Si oui, comment ou sous quelle forme ? » Telles sont les questions qu'adresse le Snes-FSU, vendredi 10 février 2012, aux candidats à la présidentielle dans une deuxième « fiche », relative au salaire des enseignants, la première étant sur le thème de « la gouvernance ».
Selon le Snes, « la revalorisation de la rémunération doit être principalement indiciaire - et non indemnitaire. L'indexation du point d'indice de la Fonction publique sur les prix est étroitement liée à la revalorisation des indices de traitement. » « Le corps des agrégés revalorisé est pour le Snes la référence tant en termes de rémunération que de maxima de service », précise le syndicat. « Dans ce cadre, le traitement mensuel de début de carrière devrait se situer aux environs de 2 500 euros brut (2 071 net). Les contractuels doivent être rémunérés selon une grille nationale et le traitement des assistants d'éducation porté au minimum de la catégorie B. » Le Snes-FSU ajoute : « Tous les personnels d'enseignement et d'éducation doivent accéder à la hors-classe avant leur départ à la retraite. Cela impose, pour les co-psy, la création d'une hors-classe. »
« D'autres fiches thématiques aborderont, tout au long de la campagne, les points clés et les grands leviers de l'évolution du service public d'Éducation nationale. Les réponses seront rendues publiques », explique le Snes.
Lettre ouverte des étudiants de Master 1 Enseignement du Premier Degré de la Roche-sur-Yon
Le 31/01/2012
A tous les citoyens et aux parents soucieux de l’avenir de leurs enfants,
Nous vous interpellons aujourd’hui sur l’avenir de l’école et la formation des futurs citoyens de demain.
Depuis maintenant 2 ans, la masterisation a profondément transformé la formation des professeurs des écoles et des collèges provoquant un système élitiste et une professionnalisation insuffisante des enseignants. Cependant, malgré les injonctions paradoxales, l’IUFM s’évertue à former les professeurs de demain en répondant à la fois aux exigences universitaires et à la nécessaire professionnalisation de leurs étudiants.
Or, le 3 février prochain, le conseil d’administration de l’Université de Nantes a mis à l’ordre du jour, un projet de modification de la formation des enseignants qui entraine la dissolution des IUFM des Pays de la Loire au profit de l’augmentation des effectifs des filières universitaires.
Quelles conséquences pour l’avenir de l’école ?
Dans le meilleur des cas, les étudiants et leurs formateurs seront transférés dans des filières non choisies et pas adaptées aux besoins relatifs au métier d’enseignant.
La formation, jusqu’à présent, assurée par ces institutions spécialisées, proposera des contenus exclusivement théoriques, sans ancrage dans la réalité professionnelle. Cette évolution amènera dans les classes des enseignants sans expérience, ni sensibilité pédagogique.
D’autre part, la probabilité, si ce choix est voté, d’une disparition totale de formation pour les professeurs sur certains départements est forte. Ainsi, la fermeture des IUFM entrainera sans doute l’absence de lieu en Vendée pour les formations initiale et continue des enseignants.
Dans ce cas, le cofinancement par la Région, le Conseil Général et l’agglomération Yonnaise d’un nouveau bâtiment sur le site de La Courtaisière, à destination de l’IUFM en 2014 interroge quant à son utilisation.
Il n’est pas de notre propos de défendre le système actuel qui à bien des égards mériterait d’être repensé mais la dissolution des IUFM n’est pas la réponse appropriée car elle mettrait à mal le système scolaire, déjà fortement fragilisé. Sur du long terme, cette situation risque d’engendrer une baisse de la qualité des enseignants et le renforcement des inégalités scolaires.
Notre inquiétude est d’autant plus forte qu’une proposition de modification de la formation des Maitres par le député Jacques Grosperrin devrait être présentée au Parlement d’ici le 8 février 2012.
De ces choix politiques dépend le devenir de nos enfants.
Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants
Depuis la réforme de la mastérisation adoptée en 2008, le nombre de candidats au métier d'enseignants ne cesse de diminuer.AFP/JEFF PACHOUD
Carton rouge. De la réforme de la mastérisation, qui a fait passer le niveau de recrutement des enseignants de bac+3 à bac+5, la Cour des comptes, qui publie son rapport annuel mercredi, propose de ne rien garder. Ni la date du concours, ni le mode d'affectation des enseignants, ni leur pseudo-formation. Pour les sages de la rue Cambon, cette réforme, adoptée en conseil des ministres en juin 2008, a manqué toutes ses cibles.
- Les économies envisagées
La Cour a refait le calcul. La suppression de 9 567 équivalents temps plein aurait pu rapporter 707 millions d'euros en 2011. Mais, une fois enlevé le coût de mesures d'accompagnement, comme la revalorisation des débuts de carrière (38 millions d'euros), les bourses au mérite versées aux étudiants (25 millions) ou les indemnités de tutorat (27 millions), il ne reste plus que 370 millions d'économies. Les magistrats se sont arrêtés là dans leur calcul, suggérant qu'il faudrait aussiôter le coût supplémentaire pour la nation des deux années d'études qui mènent de la licence au master – à 10 000 euros l'année par élève.
Un master d'enseignement souvent préparé pour… rien. "Le taux d'échec important aux concours de recrutement traduit du point de vue de la bonne gestion des finances publiques, une inefficience marquée, les étudiants recalés auront été coûteusement et spécifiquement formés à un métier qu'en définitive ils n'exerceront pas", note la Cour. La rue Cambon propose donc "d'organiser les concours avant ou au début des masters". Un peu comme avant la réforme…
- Pas d'amélioration du niveau des enseignants
"Plus de 70% des enseignants recrutés au mois de juin précédent n'avaient aucune expérience de l'enseignement. Or les conditions de leur prise de fonctions à plein-temps n'ont pas fait l'objet d'une attention suffisante", relève la Cour, qui estime que"ce nouveau dispositif a été engagé pour pouvoir tirer parti le plus rapidement possible des économies d'emplois qu'il permettait".
Ainsi les magistrats regrettent-ils que des enseignants stagiaires aient été affectés dans deux ou trois établissements différents : dans une académie du Sud-Est, cela a été le cas de tous les enseignants d'arts, mais aussi de 25% des professeurs de sciences physiques, 24% d'histoire-géographie, 22% d'anglais… Ce qui complique l'intégration dans une salle des professeurs.
Selon les sages de la rue Cambon, la réforme de la mastérisation a manqué toutes ses cibles.Cour des comptes, Education nationale

Ce service à assurer dans des conditions difficiles a encore été alourdi par des heures supplémentaires puisque la Cour relève que, dans une académie de l'Est,"35% se sont retrouvés avec des heures supplémentaires". Plus globalement, "les enseignants stagiaires ont une charge horaire supérieure d'un tiers par rapport au temps de travail d'un professeur titulaire" puisqu'ils ont dû effectuer une formation express sur leur temps libre… Le tutorat promis "Sur le plan national, 23% des stagiaires n'étaient pas situés dans le même établissement que leur tuteur", relève la Cour. De plus, la mission du tuteur n'a pas été pensée: "Le ministère ne s'est pas doté d'instruments précis permettant de s'assurer de l'efficacité du tutorat." Et la Cour de regretter que, sur le sujet, le ministère "dispose de très peu d'éléments d'information, alors que son importance pour la formation des enseignants justifierait une capacité nettement accrue de suivi et d'évaluation de cette activité". Pourtant, 27 millions d'euros ont bien été versés aux tuteurs.
- La réussite des élèves
Les magistrats de la rue Cambon soulignent que "les objectifs fixés par le code de l'éducation devraient normalement se traduire par une formation particulièrement renforcée en matière de gestion de l'hétérogénéité des niveaux des élèves au sein des classes. Or, selon les circulaires, cette formation ne représentait en 2010-2011 que neuf heures pour les enseignants du second degré et entre six et dix-huit heures pour les professeurs des écoles ". Les sages remarquent aussi qu'eu égard à l'objectif d'un socle commun de connaissances et de compétences, qui figure dans la loi, la mastérisation aurait dû permettre de rapprocher les concours de professeurs des écoles et de professeurs du secondaire, et peut-être aussi de l'introduction d'une bivalence dans les concours. Occasion ratée.
- Le vivier de candidats réduit
La Cour pointe un problème plus grave à moyen terme. "Le vivier de candidats s'est réduit de plus de 50 000 inscrits, soit une baisse des inscriptions d'un tiers sur une seule année" entre2010 et 2011. Le vivier des mastérisés compte 300 000 étudiants de moins que celui des licenciés. De plus, le pourcentage des inscrits qui se présentent réellement au concours a encore décru entre2010 et 2011.
Maryline Baumard Article paru dans l'édition du 09.02.12 Abonnez-vous au Monde à 15€/mois
CHRONIQUE EDUCATION, Semaine du 30 janvier au 3 février 2012 (réalisation Parti de gauche)
30 janvier
Santé : 14 % des agents de l'Éducation nationale « en épuisement professionnel » (étude Carrefour santé social)
14 % des agents de l'Éducation nationale sont en épuisement professionnel ou « burn-out », selon une étude (1), rendue publique lundi 30 janvier 2012, menée par le Carrefour santé social, lieu d'échanges et de réflexion qui associe la Mgen, la FSU, l'Unsa-Éducation et le Sgen-CFDT. L'épuisement professionnel se manifeste par un épuisement émotionnel ou physique, par une réduction de la productivité au travail et par un sentiment de dépersonnalisation. 17 % des hommes et 13 % des femmes sont ainsi victimes de burn-out dans l'Éducation nationale. Cette proportion est plus élevée à l'âge de 55 ans et plus (19 % chez les hommes et 17 % chez les femmes).
La probabilité d'être en épuisement professionnel augmente pour les personnels d'enseignement de l'école élémentaire et du collège et diminue au contraire pour les personnels exerçant en lycée, ou dans les secteurs de la recherche ou de la formation, de la santé ou du social et de l'université. Les académies qui sont les plus touchées, selon cette enquête, sont la Guadeloupe et la Martinique.
24 % EN ÉTAT DE TENSION AU TRAVAIL
24 % des agents sont également en état de tension au travail (2). La situation de tension au travail est une situation à risques pour la santé où les exigences du travail sont importantes, la demande psychologique forte et où les ressources disponibles dans le travail pour y faire face sont insuffisantes, la latitude décisionnelle faible. Cette probabilité d'être en état de tension augmente pour les CPE, les personnels de l'administration, les personnels d'enseignement de l'école élémentaire et du collège. elle diminue en revanche pour les personnels du secteur santé et social, de l'université, de la recherche et de la formation. Elle augmente pour les académies d'Aix-Marseille, de Lille, d'Orléans-Tours et de Versailles.
Selon cette étude, « la prévalence des TMS ne constitue pas une spécificité des métiers de l'Éducation nationale ». En revanche, les douleurs à la nuque, au cou et dans le bas du dos sont « particulièrement fréquentes ». La probabilité d'avoir une douleur au cou ou à la nuque (15 % des répondants) est plus importante chez les personnels de l'administration, les professeurs de lycées professionnels, les certifiés et les PEGC. Cette probabilité augmente pour les académies d'Aix-Marseille.
La probabilité d'avoir une douleur dans le bas du dos (19 % de répondants) augmente dans l'académie de Lille et pour les personnels de l'administration, les professeurs d'EPS, les instituteurs ou professeurs des écoles, les certifiés ou PEGC, les personnels d'enseignement de l'école maternelle.
Y A-T-IL UN EFFET RÉFORME ?
« Il faut que le ministère puisse s'emparer de ces signaux d'alerte et mette en place une réelle médecine de prévention à hauteurs de ces enjeux », souligne Rose Saillard, déléguée nationale de la Mgen. 24 médecins de prévention sur les 80 « promis par le ministère ont été effectivement recrutés », regrette également Élisabeth Labaye, secrétaire nationale de la FSU. « Il y a une vraie dégradation des conditions de travail au fil des ans », estime-t-elle en citant l'intensification du travail, la mise en concurrence des personnels, les réformes « impactant les conditions et l'organisation du travail, menées sans concertation », des injonctions « multiples et contradictoires » et une latitude professionnelle « qui se réduit ». « Les postures de travail ne sont pas abordées lors de la formation, il n'y a pas de réflexion sur les locaux et le matériel notamment pour l'école maternelle », ajoute-t-elle.
« Le ministère ne veut pas reconnaître que la RGPP a des conséquences sur les conditions de travail quotidiennes des personnels », note pour sa part, Samy Driss, secrétaire national de l'Unsa-Éducation. « Nous attendons beaucoup des CHSCT aux compétences plus larges que les anciens CHS », poursuit-il. La prochaine réunion de cette nouvelle instance aura lieu le 9 février 2012. « Rien n'est fait pour les secondes carrières dans l'Éducation nationale », déplore-t-il.
Expliquant les résultats, Christophe Bigaud du Sgen-CFDT, souligne que les CPE ont une « latitude professionnelle très faible au regard de pressions très fortes ». Il cite la relation avec les élèves, les personnels mais aussi les parents. « Le collège est un lieu de souffrance. Il faut réfléchir à sa place dans le système éducatif », ajoute-t-il. Autre élément d'explications, selon les organisations syndicales présentes, « les évaluations systématiques » et la montée en charge du travail » à l'école en primaire. « Les politiques rectorales ont aussi leur importance notamment par les moyens mis en œuvre pour la politique de reconversion par exemple », note Samy Driss.
31 janvier 2012 : 12,83 % de grévistes attendus dans le premier degré selon le ministère
Présidentielle 2012 : l'Anacej propose de « réformer les collectivités » pour « définir une compétence jeunesse »
Une compétence jeunesse doit être définie et partagée entre les différents niveaux territoriaux. Des schémas Jeunesse doivent être inventés et un chef de file défini pour coordonner l'action publique », indique l'Anacej, qui recommande de « réformer les collectivités pour redonner du souffle à l'action publique et accompagner les transitions nécessaires » dans ses propositions pour les élections présidentielles et législatives de 2012, présentées le mercredi 25 janvier 2012. L'association propose également de « faire de la participation citoyenne le fil rouge de l'éducation », d' « associer les plus jeunes aux décisions collectives à tous les niveaux, dans les écoles, villes, centres de loisirs… ».
Poitou-Charentes : la région se dote d'une cellule interne de maîtrise d'œuvre pour accélérer la rénovation des lycées
Grève du 31 janvier 2012 : entre 9 000 et 20 000 enseignants manifestent à Paris
SNUIPP-FSU. « Le taux de mobilisation de 40 % dans le premier degré est significatif dans la période. Il a un sens particulier : celui d'envoyer un message au gouvernement pour faire de l'éducation une priorité », estime Sébastien Sihr, secrétaire général du syndicat. Interrogé par AEF sur les suppressions de postes, Sébastien Sihr estime qu'alors que les chiffres « sont en train d'être rendus publics, département par département », cela « suscite une forte inquiétude car les effets des suppressions de postes sont dévastateurs sur les élèves » (AEF n°161480).
SNES-FSU. Frédérique Rolet s'estime « contente de la mobilisation, dans la mouvance de celle de décembre (AEF n°159739), qui montre qu'il y a un vrai fond général de mécontentement ». Selon la co-secrétaire général du Snes, c'est « le ras-le-bol d'un métier malmené qui s'exprime aujourd'hui », et qui a fait se déplacer des enseignants depuis les académies « même éloignées de Paris ». Interrogée par AEF sur les effets escomptés de la mobilisation, Frédérique Rolet déclare attendre « un collectif budgétaire ».
FNEC-FP-FO. « La Fnec a fait la proposition aux autres fédérations de se rencontrer dès demain pour aller ensemble chez le ministre et confirmer ses deux revendications », annonce Hubert Raguin. Le secrétaire général estime que « la mobilisation a monté d'un vrai rang comparé à décembre ». « La dernière mobilisation n'a pas servi a rien. Nous souhaitons désormais le retrait pur et simple du projet de décret et l'abandon de la RGPP. »
SNALC-FGAF. « Nous voulons un maintien de la double-évaluation, avec un rôle de l'inspecteur et des évaluations plus fréquentes, afin qu'elles soient synonymes d'évaluations conseil », indique le président du Snalc qui avoue cependant être « conscient que la période n'est pas très propice à faire passer ces messages ».
Haute-Garonne : l'IA-DSDEN veut « accompagner » les personnels Rased dont les postes sont supprimés
31 janvier 2012 : 15,55 % des enseignants du premier degré et 12,41 % du second degré en grève, selon le ministère
15,55 % des enseignants du premier degré et 12,41 % de l'ensemble des enseignants du second degré participent « à la grève dans l'enseignement public pour la totalité des académies métropolitaines », selon l'estimation provisoire du 31 janvier 2012 au matin du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative. Dans le second degré, le ministère détaille que la grève est suivie par 15,43 % des enseignants des collèges, 9,61 % des enseignants des lycées d'enseignement général et technologique, et 8,72 % des enseignants des lycées professionnels. Le Snes-FSU annonce de son côté que « 42 % des personnels du second degré sont en grève aujourd'hui ». Dans le premier degré, le Snuipp-FSU prévoyait le 30 janvier un taux de grévistes moyen de 36,2 % dans les 42 départements qui ont répondu à son enquête, allant de 10 % en Corrèze, dans le Lot, en Saône-et-Loire et en Haute-Corse, à 65 % dans le Cher
Santé : un médecin scolaire pour 7 900 élèves en moyenne (enquête syndicale)
Présidentielle : la Ligue de l'enseignement en faveur d'une « école de la scolarité obligatoire de 3 à 16 ans »
La Ligue de l'enseignement préconise de « recréer une formation professionnelle des acteurs de l'éducation » parmi ses 50 propositions pour « faire société », formulées en prévision des élections présidentielle et législatives et rendues publiques le mardi 31 janvier 2012. Éric Favey, secrétaire général adjoint de l'organisation, indique « être en faveur du pré-recrutement d'enseignants ». « Il faut une quasi formation d'ingénieur afin d'apprendre les bons gestes pour conduire son métier, que cela soit au sein d'IUFM ou d'écoles professionnelles. La formation doit durer au minimum une année complète, plus une année d'alternance », développe-t-il. La Ligue de l'enseignement avait déjà formulé 24 propositions en vue de l'élection présidentielle à l'occasion du Salon européen de l'éducation le 24 novembre 2011
Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon veut « titulariser la totalité des professeurs de l'Éducation nationale »
« L'école doit être émancipatrice, et d'abord pour ceux qui la font vivre. Il est insupportable qu'il y ait dans l'Éducation nationale, du fait d'un mode de gestion, une telle proportion de précaires, qui font preuve de leur savoir-faire puisqu'ils sont réembauchés chaque année. La première tâche d'un gouvernement de gauche - avant de discuter du statut des enseignants comme s'ils étaient responsables de cette situation - est de se préoccuper de ceux qui sont là. La première tâche d'un gouvernement de gauche est de titulariser la totalité des professeurs de l'Éducation nationale. Tout le monde. Nous le ferons sans avoir besoin de brutaliser le statut des enseignants », déclare, lundi 30 janvier 2012, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle des 22 avril et 6 mai 2012, lors de ses vœux à la communauté éducative, au théâtre Comédia, à Paris. Jean-Luc Mélenchon a été ministre délégué chargé de l'enseignement professionnel du 27 mars 2000 au 5 mai 2002.
« Il faut faire passer à tous les précaires un examen professionnel, une vérification en cours d'année de leur aptitude. C'est un examen formel, puisque certains sont là depuis cinq, dix ans, et s'ils ne donnaient pas satisfaction, ils ne seraient pas là », ajoute Jean-Luc Mélenchon.
Selon lui, la « démarchandisation » de l'école passe par la gratuité, le rétablissement de la carte scolaire et l'abrogation de la loi LRU. En outre, le Front de gauche propose la scolarité obligatoire de trois à 18 ans. Jean-Luc Mélenchon évoque aussi « la nécessité d'avancées dans l'innovation pédagogique », laquelle implique de « relancer la recherche » en ce domaine, d'en évaluer les résultats et de « généraliser les bonnes pratiques » dans l'Éducation nationale.
PRÉ-RECRUTEMENT DES ENSEIGNANTS
Alors que dans les années à venir « sept à huit millions » d'élèves supplémentaires sont attendus, Jean-Luc Mélenchon souhaite « rétablir la formation des enseignants ». « Il faut faire en sorte que ce recrutement tienne compte de ce qu'est le peuple français. Cinq années d'études au-delà du baccalauréat c'est inacceptable pour les familles qui n'en n'ont pas les moyens. » Jean-Luc Mélenchon propose alors la mise en place d'un « pré-recrutement, comme dans le passé avec les Ipes. »
Concernant l'enseignement professionnel, Jean-Luc Mélenchon affirme être « pour un pilotage unique de l'ensemble des établissements professionnels, qu'ils soient publics, privés, spécialisés dans l'agriculture, le bâtiment, maritimes, etc. » Un tel pilotage permettrait de « construire la voie polytechnique de France qui permette à un jeune qui arrive modestement pour préparer un CAP, à ce qu'on le pousse jusqu'au niveau bac pro et qu'on l'aide financièrement et pédagogiquement à passer le cran, à suivre un BTS ou aller en IUT. »
L'ÉCOLE, VICTIME D'UNE « CRITIQUE QUOTIDIENNE »
L'école est victime d'une « critique quotidienne », selon Jean-Luc Mélenchon, qui s'insurge notamment contre l'argument selon lequel « 120 000 jeunes sortent sans qualification du système scolaire ». Au contraire, il faut selon lui retenir ce chiffre : « 84 % de jeunes sont formés ! ». « La preuve [de la réussite] de l'Éducation nationale, c'est que nous sommes la 5e puissance économique du monde. C'est que nous sommes le peuple le plus féru de visites de musée, le plus entiché de musique et de pratiques artistiques de toutes sortes. » En outre, pour Jean-Luc Mélenchon, ce chiffre de 120 000 jeunes comprend les jeunes qui n'ont pas obtenu de qualification supérieure au brevet, or, ce diplôme est le signe « d'un savoir et d'un savoir être ». Et l'on recense également parmi ces 120 000 jeunes « tous ceux qui croient Nicolas Sarkozy, qui sortent de l'école pour aller vers l'apprentissage ».
Aussi, Jean-Luc Mélenchon oppose le fait que « de 1985 à 1995, on a doublé la part d'une classe d'âge accédant au bac. Le précédent doublement avait mis 80 ans. Depuis 1990, le nombre d'étudiants a augmenté de plus de 35 % », « la France est la troisième nation de l'OCDE pour le nombre de diplômés en sciences pour 100 000 habitants, largement devant les USA, l'Allemagne, et le Royaume-Uni ».
« LA GRANDE MENACE : LA FINANCIARISATION DES SAVOIRS »
« La grande menace, c'est la financiarisation des savoirs, et l'organisation de l'école comme un marché », poursuit-il. Selon le candidat, le secteur de l'éducation représente « 150 milliards par an de dollars », « financés à 70 % par de la dépense publique », soit une « masse gigantesque qui fait l'objet de prédation ».
« Le cœur de l'affaire, c'est la dette. C'est par là qu'ils ont commencé à tout changer », note encore Jean-Luc Mélenchon. Lequel en veut pour preuve « la première loi du premier gouvernement Sarkozy : la loi LRU », « première loi d'autonomie » des universités. « Évidemment le mot (autonomie) est piégeux. Qui pourrait être contre l'autonomie d'une équipe pédagogique ? Mais ce n'est pas de cela dont il est question. Ce n'est pas d'autonomie pédagogique, mais d'autonomie de gestion. Il s'agit de créer un marché avec de la concurrence, entre établissements, et des produits identifiés », les diplômes. Et, « dès lors que l'on a réussi » avec les universités, « il est très facile que cette méthode soit généralisée ». « Reste à organiser la concurrence entre établissements, partout, et dès le primaire. Des établissements réputés autonomes sont en compétition les uns avec les autres, le chef d'établissement choisit les enseignants, les dirige (…), l'établissement choisit ses élèves. Mais alors, qui reste sur le carreau, et que reste-t-il du service public ? » interroge le leader du Front de gauche.
VERS UN BAC PRO « EN DEUX ANS » ?
« Le bac pro, c'est le gagne pain du peuple, c'est la bonne qualification pour passer d'OS à ouvrier hautement qualifié », souligne encore Jean-Luc Mélenchon, « mais cela consiste en un marché juteux que l'UIMM, le Medef et la droite commencent » à attaquer. Selon lui, le bac pro a été « détruit », par la réforme faisant évoluer sa durée de quatre à trois ans. Or, « il faut du temps pour assimiler. Un bac pro demande un haut niveau d'exigence et (de par leur passé, leur histoire personnelle, les élèves y étant inscrits) ont un rapport moins détendu à l'éducation (que d'autres). En le faisant passer à trois ans, mécaniquement le taux d'échec a été élevé. Qui gagne quoi ? » interroge-t-il.
Lors d'une interview télévisée diffusée dimanche 29 janvier 2012, « Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il allait le ramener à deux ans. Il a dit, il faut imposer l'alternance en fin de cycle de l'enseignement professionnel. […] Des dizaines de métiers ne sont pas compatibles avec l'apprentissage, et dans certains domaines, ils représentent un coût exorbitant », estime Jean-Luc Mélenchon. « L'apprentissage est une source d'élimination de la jeunesse scolarisée. Elle sort du système scolaire, signe un contrat de travail, passe sous statut d'apprenti. Mais 25 % des contrats sont cassés dans les trois premiers mois. Ce ne se passe pas bien. Nous manquons de maîtres d'apprentissage, et puis l'entreprise n'est pas l'école, et elle ne le sera jamais. On ne peut pas demander aux patrons d'ouvrir une école dans leur entreprise, ils payent déjà la taxe d'apprentissage », relève-t-il.
Mathématiques : l'Académie des sciences préconise « de penser différemment l'évolution des contenus enseignés »
« Il faut, dans l'intérêt de l'humanité dans son ensemble et de notre pays en particulier, que chaque jeune dispose - pour sa culture et son avenir professionnel - des outils intellectuels qui lui permettront ensuite d'aborder la multiplicité des savoirs ; certes, toutes les sciences apportent de tels outils, mais les mathématiques apportent des outils généraux d'une telle portée que leur place dans l'enseignement doit être confortée mieux qu'à présent », écrivent les membres du Comité sur l'enseignement des sciences de l'Académie des sciences (1), mardi 31 janvier 2012. « Tout ceci implique de penser désormais différemment l'évolution des contenus enseignés, en évitant d'abord l'erreur trop commune de sous estimer les capacités des élèves. Ainsi, certaines connaissances mathématiques fondamentales doivent être acquises suffisamment tôt. Puis, au cours de toute la scolarité, elles doivent être entretenues et enrichies en mettant en œuvre des synergies d'apprentissage avec les autres disciplines. ».
1er février
Jean Marimbert : le ministère « travaille » à définir les sujets donnant lieu à consultation en comités techniques
Le ministère est « en train de travailler pour préciser de façon assez fine le type de sujets qui donneront lieu à consultation » des organisations syndicales dans le cadre des comités techniques « en application des neuf rubriques de consultation » que prévoit le décret du 17 février 2011 relatif à ces instances, indique Jean Marimbert, le secrétaire général du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, mercredi 1er février 2012. Ces neuf rubriques « englobent notamment les questions ou projets de textes relatifs 'à l'organisation et au fonctionnement des administrations, établissements ou services' ou encore 'à la gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences' ». D'après le SE-Unsa, Jean Marimbert avait indiqué en CTM le 4 janvier, qu'une consultation des organisations syndicales devrait avoir lieu dans les CT académiques et départementaux sur les mesures de carte scolaire qui « impactent l'organisation du service localement »
Masterisation : adoption de la proposition de loi Grosperrin par la commission de l'éducation de l'Assemblée nationale
« Je ne souhaite pas rouvrir le débat sur la masterisation. J'ai écrit un rapport et je n'ai pas changé de position à ce sujet. Mais me dire aujourd'hui que cette proposition de loi entraîne la disparition du principe des stages est un faux procès », déclare Jacques Grosperrin, député (UMP, Doubs), auteur et rapporteur d'une proposition de loi visant à modifier les dispositions du code de l'éducation relatives à la formation des maîtres). La commission des affaires culturelles et de l'éducation a adopté le texte, mercredi 1er février 2012, et rejeté l'ensemble des amendements déposés par l'opposition. Pour sa part, Jacques Grosperrin a vu adoptés ses deux amendements principaux). Le premier d'entre eux précise que ce sont 'les établissements d'enseignement supérieur et notamment les universités' qui ont la charge de former les futurs enseignants. Le second propose de remplacer le terme 'référentiel' par 'cahier des charges', cette expression « paraissant plus apte à réguler une politique de formation relevant d'une missions éminemment régalienne ». Le texte sera examiné en séance publique le 8 février 2012.
Rentrée 2012 : les choix des recteurs de Bordeaux, Poitiers et Limoges pour répartir les suppressions de postes dans les écoles
Maintenir le taux d'encadrement dans les écoles tout en rendant des postes dans le primaire : c'est l'équation de la rentrée 2012 affichée par les recteurs à Bordeaux comme à Poitiers ou Limoges, à l'issue des CTA, dont le dernier s'est tenu à Bordeaux lundi 30 janvier 2012 (1). Dans cette académie en croissance démographique, le recteur Jean-Louis Nembrini a choisi de supprimer des emplois, essentiellement dans les Rased, qu'il souhaite spécialiser dans la prise en charge de la grande difficulté scolaire. À Poitiers, le rectorat a réparti les 129 suppressions en trois tiers, selon le SE-Unsa : « 44 classes en moins, 44 emplois d'intervenants extérieurs en langues supprimés et 41 emplois divers pris sur les moyens consacrés aux remplacements, aux décharges de direction, aux congés de formations, aux postes adaptés, aux conseillers pédagogiques, aux Rased, aux établissements spécialisés, aux postes hors classe ». À Limoges, les 131 postes supprimés dans le primaire comprennent 121 postes d'enseignants (devant la classe et hors classe) et 10 postes d'assistants en langue étrangère.
Le Snec-CFTC relève une « conjonction permanente entre les discours de l'Enseignement catholique et de l'UMP »
Pass éducation : la CGT-Éduc'action demande l'élargissement du « champ des bénéficiaires »
La CGT-Éduc'action « demande » au ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative « d'élargir le champ des bénéficiaires du Pass éducation afin de mettre ses actes en conformité avec ses engagements » le mercredi 1er février 2012. « La notice envoyée dans les écoles et établissements par le ministère exclut, d'emblée, un certain nombre de personnels : les professeurs-documentalistes ou bien encore l'ensemble des enseignants non-titulaires », indique l'organisation. Elle rappelle notamment que « la part des enseignants non-titulaires dans le second degré tourne autour de 10 % des enseignants ».
Jeunesse : « Les associations ont subi la disparition des subventions pérennes au profit d'appels à projets » (Marie-George Buffet)
Marie-George Buffet, députée communiste de Seine-Saint-Denis et ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports de 1997 à 2002 plaide pour la création d'un ministère « dédié à la jeunesse et à l'éducation populaire » « pour une co-gestion entre les associations et le gouvernement ». « Lorsqu'il n'y a pas de ministère visible, les choses se délitent comme cela a été le cas avec la disparition du ministère de la Jeunesse et du Sport », déplore-t-elle. Elle s'exprime au cours d'un débat intitulé « Promouvoir une politique de jeunesse et d'éducation populaire : un enjeu citoyen pour demain », organisé à l'Assemblée nationale par le Cercle de l'éducation populaire , le mardi 31 janvier 2011.
2 février
Ministère : quelles bonnes pratiques de gestion des ressources humaines en 2011 ? (Bilan DGAFP)
Mise en place du DIF, du volet ressources humaines du programme Eclair, « gestion des postes clés » tels que les recteurs d'académie… Telles sont quelques-unes des « bonnes pratiques de gestion de ressources humaines » du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, identifiées par la DGAFP dans un bilan des actions engagées par chaque administration en 2011. « Ce recueil, élaboré à partir des bonnes pratiques […] présentées lors des conférences ministérielles de gestion prévisionnelle des ressources humaines de 2011, s'adresse aux professionnels de la GRH. Il est destiné à faire partager les pratiques, démarches et outils innovants, développés par les ministères, en matière de gestion des ressources humaines », précise en introduction, Jean-François Verdier, directeur général de l'administration de la fonction publique.
Manuels scolaires : l'élaboration des programmes doit être « plus transparente » (rapport parlementaire)
« Les programmes et les manuels scolaires donnent souvent lieu à controverses », souligne Xavier Breton, député (UMP, Ain) dans un rapport d'information sur les manuels scolaires, publié jeudi 2 février 2012. Ces controverses sont souvent liées « à l'apparition de nouveaux thèmes dans les programmes et, plus précisément, à la prise en compte, par les disciplines scolaires, de concepts universitaires », poursuit le député. La commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale a mis en place en octobre un groupe de travail sur les manuels scolaires, animé par Xavier Breton et composé de six députés UMP . Les députés SRC ont refusé de participer aux travaux, estimant qu'il s'agissait là de « transférer à l'Assemblée nationale une polémique dérisoire sur la question du genre à des fins purement politiciennes et sous la pression des députés UMP de la Droite populaire »
Présidentielle : la Société des agrégés adresse 25 questions et réponses aux candidats
La Société des agrégés adresse, le 1er février 2012, « 25 questions portant sur l'Éducation nationale aux candidats à la Présidence de la République », auxquelles elle joint ses « 25 pistes de réflexion pour défendre une école de l'exigence, de l'équité et de la liberté ». « Le questionnaire comporte cinq volets : l'enseignement secondaire, le statut et les conditions de travail des professeurs, l'agrégation et les missions des agrégés, l'enseignement supérieur, l'évaluation des politiques éducatives », détaille l'association.
« Pensez-vous qu'il soit souhaitable de développer le contrôle continu au baccalauréat ? Pour quelles raisons ? » « Vous engagez-vous à maintenir le statut général des fonctionnaires et les statuts propres aux différents corps d'enseignants, dans le primaire, le secondaire et le supérieur ? » « Depuis 1972, les agrégés sont la seule catégorie de professeurs exclue de toute revalorisation indiciaire sur l'ensemble de leur corps : vous engagez-vous à faire cesser rapidement cette injustice ? » Les réponses des candidats seront mises en ligne sur le site Internet de l'association et « feront l'objet d'une publication » dans la revue de la Société des agrégés.
Handicap : le Défenseur des droits recommande de « garantir la gratuité des droits d'inscription au Cned » pour les élèves de plus de 16 ans
Masterisation : le SE-Unsa appelle les députés à ne pas voter la proposition de loi Grosperrin
Second degré : 12 155 classes en moins entre 1993 et 2010
Dépense intérieure d'éducation : 6,4 % du PIB en 1980 ; 7 % en 2010
La dépense intérieure d'éducation (DIE) représente 7 % du PIB en 2010 (134,8 milliards d'euros) contre 6,4 % du PIB en 1980 (72,1 milliards d'euros), indiquent les séries chronologiques de données statistiques sur le système éducatif, publiées en janvier 2012 sur le site Éduscol. De 1992 à 2004, la DIE dépasse les 7 % de PIB et atteint même 7,6 % de 1993 à 1997 (pour des dépenses s'élevant à 109,3 milliards d'euros en 1993 et 118,7 milliards en 1997).
De 1997 à 2004, si la part de PIB consacrée à la DIE connaît une baisse (de 7,6 % à 7 %), en valeur, la dépense progresse année après année : de 118,7 milliards à 128,2 milliards).
Entre 2005 et 2008, la DIE reste inférieure à 7 % du PIB (127,9 milliards d'euros en 2005 ; 131,2 en 2006 ; 131,1 en 2007 et 131,4 en 2008), puis s'élève à 133,6 milliards en 2009 et 134,8 milliards en 2010, soit pour ces deux dernières années 7 % du PIB.
3 février
Évaluation des enseignants : les résultats de la négociation entre le Sgen-CFDT et la DGRH
Les deux parties s'accordent pour considérer que la réussite de chaque élève est l'objectif des politiques éducatives nationale et académique. Les modalités et critères de l'évaluation des personnels devront être établis au regard de ces objectifs », indique le document présentant la plate-forme destinée à cadrer le nouveau dispositif d'appréciation de la valeur professionnelle des enseignants, issue de la concertation entre la DGRH du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative et le Sgen-CFDT, daté du 24 janvier 2012 . Cette plate-forme a été négociée entre le ministre, Luc Chatel, et l'organisation syndicale « dans le cadre de l'accord de méthode établi lors de la négociation préalable qui s'est tenue le 30 novembre 2011 »).
« Les deux parties concernées partagent la volonté de créer les conditions d'un accord représentatif selon les termes de la loi sur le dialogue social (loi n° 2010-751 du 5 juillet 2010) », souligne le document. « En conséquence, le contenu de cette plate-forme constitue les éléments d'un projet d'accord qui sera adressé aux organisations représentatives du ministère. » En cas d'accord, « un comité de suivi sera constitué avec les signataires et consulté sur l'ensemble des étapes de mise en œuvre du dispositif, notamment l'accompagnement et la formation des personnels concernés ».
Les signataires « s'accordent à considérer l'intérêt d'un agenda social portant sur les évolutions du métier d'enseignant et sur l'articulation entre évaluation collective et appréciation individuelle ».
Médecine scolaire : comment s'organise-t-elle dans d'autres pays européens ? (Sénat)
En Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas et en Suède, les infirmiers et médecins scolaires sont plus payés qu'en France, selon les informations détaillées dans une note rédigée par la sénatrice Maryvonne Blondin (PS, Finistère), datée de décembre 2011, analysant « les règles en vigueur » dans ces quatre pays de l'Union européenne « en matière d'objectifs et d'organisation de la médecine scolaire ou de ses équivalents ». Les infirmières scolaires perçoivent ainsi un revenu brut (auquel peuvent s'ajouter des primes) variant en fonction de leur expérience entre par exemple 2 200 et 3 800 euros par mois en Belgique et 2 800 et 3 400 euros au Danemark. En France, la rémunération brut mensuelle (hors prime) se situe entre 1 426,13 euros et 2 227,17 euros pour un infirmier de classe normale et entre 1 903,05 euros et 2 472,57 euros pour un infirmier de classe supérieure
Présidentielle : le Snes-FSU interpelle les candidats sur le thème de « la gouvernance »
Le Snes-FSU a choisi « 'la gouvernance' de ou dans l'Éducation nationale » comme premier thème pour interpeller et questionner « les candidats sur l'avenir de l'école, du second degré et des personnels ». « Cette interpellation se construit autour de quelques fiches thématiques abordant, tout au long de la campagne, les points clefs et les grands leviers de l'évolution du service public d'Éducation nationale. Les réponses seront rendues publiques », annonce le syndicat. Cette première « fiche » s'articule autour de quatre thèmes : « l'autonomie des établissements », « l'organisation de la chaîne hiérarchique », « l'évaluation » et « la répartition des compétences entre l'État et les collectivités territoriales ».
Selon le Snes, « l'autonomie se caractérise par le renforcement des pouvoirs des chefs d'établissement et non celui des établissements ». Ainsi, le syndicat demande aux candidats : « Y a-t-il des domaines pour lesquels vous êtes favorables à un élargissement de l'autonomie des établissements, si oui, lesquels ? Dans le cadre de cette autonomie, faut-il selon vous revoir, et si oui dans quel sens, les rôles respectifs du chef d'établissement, du conseil d'administration et des équipes pédagogiques ? » Au sujet des « expérimentations », « imposées souvent contre l'avis des enseignants et même des CA », le syndicat demande qu'elles soient encadrées « de conditions strictes dans la transparence et avec des outils pertinents d'évaluation construits en concertation ».
Masterisation : des sénateurs veulent faire « des propositions sérieuses pour améliorer la formation des enseignants »
« Contrairement à la précipitation des députés UMP, la majorité sénatoriale de gauche travaille sur le fond de cette importante question », qu'est la formation des enseignants, prévient Jacques-Bernard Magner, sénateur PS du Puy-de-Dôme et vice-président de la « mission pour la formation des enseignants », vendredi 3 février 2012. La commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat a mis en place le 12 janvier une mission d'information (1) sur le métier enseignant. À l'Assemblée nationale, la proposition de loi du député UMP du Doubs, Jacques Grosperrin, a été adoptée par la commission des affaires culturelles et de l'éducation le 1er février. Elle prévoit de confier les formation des enseignants aux « établissements d'enseignement supérieur et notamment les universités », qui disposeront d'un « cahier des charges » fixé par les ministères de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et de l'Éducation nationale. Le texte sera examiné en séance publique le 8 février 2012.
« À moins de trois mois de l'élection présidentielle », la proposition de loi Grosperrin « porte un coup fatal au métier d'enseignant », estime le sénateur Jacques-Bernard Magner. « Quand on connaît les difficultés dans lesquelles se retrouvent de jeunes enseignants placés face à des réalités brutales sans jamais avoir mis les pieds dans une classe, sans maîtriser les actes pédagogiques, on comprend la nécessité de lancer un débat constructif et de faire une remise à plat de la masterisation. »
Obligation de formation : les conseils des prud'hommes du Mans et de Saint-Nazaire donnent raison à 48 EVS
Appel pour une refonte de la formation des enseignants par le « Réseau des enseignants d’historiographie et d ‘épistémologie"
Au moment où approchent des échéances politiques majeures pour le pays et compte tenu du bilan, sur beaucoup trop de points négatif, que nous tirons de la mise en œuvre de la réforme dite de la « masterisation de la formation », nous, enseignants d’histoire et/ou de géographie des universités et du second degré, engagés dans la préparation des concours et dans la formation des enseignants, ou membres des jurys de concours, appelons à une redéfinition en profondeur des modalités de cette formation. Le recrutement et la formation des enseignants doivent reposer sur les exigences suivantes :
1/ la défense du principe des concours nationaux pour le recrutement et du statut de fonctionnaire d’État pour les enseignants
2/ la formation des enseignants est de l’unique responsabilité des universités (dans toutes leurs composantes)
3/ un nouveau calendrier de la formation et des concours qui doit permettre d'assurer successivement • une année de recherche sanctionnée par un mémoire et • une année de préparation du concours (comportant un volet de sensibilisation professionnelle) avec écrit d’admissibilité en avril et oraux d’admission en juin
4/ la troisième année de la formation, après la réussite au concours, doit être une année de formation en alternance pour les fonctionnaires-stagiaires considérée comme une « vraie » deuxième partie du concours consacrée à la formation professionnelle et valorisée comme telle. Tout en laissant ouverte la question à négocier du temps de présence devant les élèves, celui-ci ne pourra pas excéder la moitié du service
5/ le CAPES et l’agrégation doivent reposer sur des programmes très largement communs afin que la préparation de l’agrégation ne soit pas réservée à un tout petit nombre d’établissements et d’universités
6/ les épreuves du concours sont des épreuves disciplinaires. L’écrit valide des savoirs scientifiques. Elles comprennent également une épreuve orale de réflexion sur l'histoire et l'épistémologie de la discipline, sur son enseignement et sur les programmes scolaires et comportent une dimension d’éducation citoyenne (comme l’épreuve sur dossier actuelle du CAPES d’histoire et de géographie) ne se réduisant pas aux « devoirs du fonctionnaire »
7/ la mise en place de mesures significatives de soutien à destination des étudiants financièrement pénalisés par l’allongement de la durée de la formation.
Ces points nous semblent les plus urgents à mettre en œuvre mais nous sommes persuadés qu’une vaste concertation et une véritable négociation avec tous les acteurs concernés restent indispensables sur la question de la formation et du recrutement des enseignants.
Nous appelons tous nos collègues enseignants pensant comme nous que la question de la formation des enseignants est capitale pour l’avenir de notre société, que la réforme dite de la « masterisation » a gravement compromis cette formation et approuvant ces exigences à diffuser très largement cet appel.
Cet appel a été rédigé lors de la réunion du « Réseau des enseignants d’historiographie et d ‘épistémologie de l’histoire », le 28 janvier 2012.
Contact : appelformation2012@gmail.com
Aprile Sylvie (U. Lille 3) - Aprile Thierry (U. Paris Est Créteil) - Baldner Jean-Marie (U. Paris Est Créteil - IUFM) - Bertrand Michel, (U. Toulouse II-Le Mirail) - Biloghi Dominique (U. Montpellier 3) - Blancodini Patrick (Lycée Saint Exupéry- Lyon) - Bosc Yannick (U. Rouen - IUFM) – Boyer Gilles (U. Lyon 1- IUFM) - Brioist Pascal (U. Tours) - Bührer-Thierry Geneviève (U. Paris Est Marne-la-Vallée) - Cabanel Patrick (U. Toulouse II- Le Mirail) - Castagnez Noëlline (U. Orléans) - Chevalier Dominique (U. Lyon 1) - Clerc Pascal (U. Lyon 1- IUFM) - Colantonio Laurent (U. Poitiers) - Copolani Antoine (U. Montpellier 3) - Daumas Jean-Claude (U. de Franche-Comté) - De Cock Laurence (Lycée Joliot Curie - Nanterre) - Delacroix Christian (U. Paris Est Marne-la-Vallée) - Desvignes Dominique (U. d’Artois- IUFM) - Dosse François (U. Paris Est Créteil) - Dumoulin Olivier (U. Cæn) - Duprat Annie (U. Cergy Pontoise) - Falaize Benoît (U. Cergy Pontoise) - Garcia Patrick (U. Cergy Pontoise) - Glaudel-Serriere Anne (U. Reims Champagne-Ardenne- IUFM) - Hatzfeld Nicolas (U. d’Évry) - Hertzog Anne (U. Cergy Pontoise) - Jacquemond Louis-Pascal (Acad. Grenoble) - Jollet Anne (U. Poitiers) - Kondratieva Tamara (U. Valenciennes) - Leduc Jean (Toulouse) - Legoy Corinne (U. d'Orléans) - Legris Patricia (U. Reims Champagne-Ardenne - IUFM) - Lemire Vincent (U. Paris Est Marne-la-Vallée) - Maitte Corine (U. Paris Est Marne-la-Vallée) - Maldavsky Aliocha (U. Paris Ouest Nanterre La Défense)- Marin Richard (U. Toulouse II-Le Mirail) - Mazeau Guillaume (U. Paris 1) - Morin Cécile (U. Clermont-Ferrand- IUFM) - Offenstadt Nicolas (U. Paris I) - Pingué Danièle (U. de Franche-Comté - IUFM) - Poirrier Philippe (U. de Franche-Comté) - Porhel Vincent (U. Lyon 1- IUFM) - Rideau Gaël (U. d'Orléans) - Riot-Sarcey Michèle (U. Paris 8) - Savy Pierre (U. Paris Est Marne-la-Vallée) - Schapira Nicolas (U. Paris Est Marne-la-Vallée) - Sibeud Emmanuelle (U. Paris 8) - Teulières Laure (U. Toulouse II- Le Mirail) - Trouboul Catherine (Lycée Clémenceau, Nantes) - Trouboul Yves (U. de Nantes) - Vézier Anne (U. Nantes-IUFM) – Vigna Xavier (U. de Franche-Comté) - Vigreux Jean (U. de Franche-Comté) - Weissberg Gabriel (U. Toulouse II- Le Mirail- IUFM) - Zancarini-Fournel Michelle (U. Lyon 1) - Zytnicki Colette (U. Toulouse II-Le Mirail).
Les IUFM sont enterrés : adoption de la proposition de loi Grosperrin par la commission de l'éducation de l'A.N.
« Je ne souhaite pas rouvrir le débat sur la masterisation. J'ai écrit un rapport et je n'ai pas changé de position à ce sujet (AEF n°152523). Mais me dire aujourd'hui que cette proposition de loi entraîne la disparition du principe des stages est un faux procès », déclare Jacques Grosperrin, député (UMP, Doubs), auteur et rapporteur d'une proposition de loi visant à modifier les dispositions du code de l'éducation relatives à la formation des maîtres (AEF n°160779). La commission des affaires culturelles et de l'éducation a adopté le texte, mercredi 1er février 2012, et rejeté l'ensemble des amendements déposés par l'opposition. Pour sa part, Jacques Grosperrin a vu adoptés ses deux amendements principaux (AEF n°161647). Le premier d'entre eux précise que ce sont 'les établissements d'enseignement supérieur et notamment les universités' qui ont la charge de former les futurs enseignants. Le second propose de remplacer le terme 'référentiel' par 'cahier des charges', cette expression « paraissant plus apte à réguler une politique de formation relevant d'une missions éminemment régalienne ». Le texte sera examiné en séance publique le 8 février 2012.
« Nous sommes tous en faveur de l'alternance entre université et stages de pratique accompagnée ou de responsabilité. Je vous invite à patienter quelques mois pour qu'une nouvelle majorité, qu'elle soit de droite ou de gauche, revienne sur les modalités de la formation des maîtres », poursuit Jacques Grosperrin. Le député justifie sa proposition de loi, indiquant qu'il ne souhaitait pas « laisser les 3 300 stagiaires du premier degré et 7 800 du second degré dans une situation d'insécurité juridique » (1).
« Votre proposition de loi n'est ni anodine, ni opportune, ni urgente. Elle est à contre-temps et hors de propos par rapport au contenu du rapport que vous avez signé sur la masterisation. Dans celui-ci vous dites que les masters sont problématiques, que la professionnalisation est inexistante et que les stages sont virtuels… La cohérence aurait été de dire aujourd'hui que vous prépariez un texte de réforme », déclare René Couanau, (sans appartenance, ex-UMP, Ille-et-Vilaine). « L'avez-vous conçue comme une réponse au Conseil d'État ? Si c'est oui, il faut le dire. Si c'est non il faut le dire aussi. Car le Conseil d'État a renvoyé à une concertation plus importante. »
« UN MODÈLE DE NON-DIT »
« On sait très bien que vous êtes la plume du ministre de l'Éducation nationale, sinon son otage », lance Yves Durand (SRC, Nord). « Vous n'avez même pas pris en compte le rapport de Jean-Michel Jolion (AEF n°156403) qui établissait que le système actuel mettait les élèves en situation d'échec. Alors à quoi bon demander des rapports ? Votre but réel au fond est de supprimer les stages [soit 12 000 à 17 000 postes] et de faire payer à la formation des maîtres les restrictions budgétaires de quelques dizaines de milliers de postes. Par cette proposition de loi, vous légalisez le crime ! » Martine Faure (SRC-Gironde) déplore, quant à elle, que la rédaction de l'article 1 reste « ambigüe », le terme « 'notamment' donnant un signal en direction des instituts privés, voire catholiques ».
« Ce que cette proposition de loi ne dit pas est peut-être plus dangereux que ce qu'elle dit. Car elle est un modèle de non-dit », poursuit René Couanau. En effet, « depuis la suppression de l'année de stage et donc des 16 000 postes de stagiaires, on se contorsionne pour essayer de trouver des compensations. Aujourd'hui à vos yeux, un bon IUFM c'est un IUFM mort. Vous entérinez la disparition totale de toute formation professionnelle des enseignants. Ce n'est pas simplement une erreur, c'est une faute. »
« AJUSTEMENT TECHNIQUE »
« Mais enfin, nous ne faisons pas un débat général sur l'éducation ! », relève Michel Herbillon (UMP, Val-de-Marne). « Cette proposition de loi n'est qu'un ajustement technique. Nous sommes tous attachés à l'élévation du niveau de formation. D'ailleurs, le candidat du PS [à l'élection présidentielle] inscrit ses propositions dans le cadre de la loi réformant les universités, et veut même aller plus loin en renforçant l'autonomie. Arrêtez donc la caricature ! » Et le député d'ajouter : « C'est tout à fait tranquillement sur les bancs de l'UMP que nous voterons ce texte. »
Bernard Debré (UMP, Paris) estime pour sa part qu' « on peut sortir de Polytechnique ou HEC et faire de très bons enseignants. Il ne faut pas qu'il y ait une obligation, l'IUFM, et [sinon] point de salut. Ne fermez pas les portes », demande-t-il à l'opposition.
À l'issue du vote, Martine Faure indique à AEF que « la lecture de cette proposition de loi ne se fera vraisemblablement pas au Sénat. Il faut que le président l'inscrive [à l'ordre du jour des débats] et il y aura sans doute beaucoup de résistance ».
(1) Dans une décision du 28 novembre 2011, le Conseil d'État a indiqué que « le ministre de l'Éducation nationale n'était pas compétent pour abroger seul les autres dispositions de l'arrêté interministériel du 19 décembre 2006 portant cahier des charges de la formation des maîtres en institut universitaire de formation des maîtres », ajoutant que Luc Chatel « aurait dû consulter le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche et le Haut conseil de l'éducation avant d'édicter l'arrêté attaqué » (AEF n°158864). Le Conseil d'État avait alors annulé les articles 3 et 6 de l'arrêté du 12 mai 2010 portant définition des compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d'éducation pour l'exercice de leur métier.
Communiqué de presse de La Conférence des directeurs d’IUFM : contestation !
La Conférence des directeurs d’IUFM conteste la démarche adoptée par le député Grosperrin pour modifier la loi de 2005. Dans un texte remis par son président au député, elle souligne que la formation des enseignants doit être placée sous la responsabilité de l’université et non assurée « notamment » par les universités, qu’elle doit être pilotée par un cahier des charges et non construite en fonction d’un « référentiel », qu’elle doit être universitaire et professionnelle, inscrite dans un diplôme de master, et portée par les structures « ad hoc » que sont les IUFM. Ces éléments sont directement repris des 22 propositions de la CDIUFM publiées en novembre dernier.
La Conférence des directeurs d’IUFM déplore l’incohérence des processus législatif et réglementaire qui conduit à modifier a posteriori la loi, en fonction de dispositions réglementaires apportées ultérieurement à sa promulgation et en contradiction avec elle.
Elle fait aussi remarquer qu’à trois mois des élections présidentielles il est inopportun de modifier le Code de l’éducation dans la précipitation. Dans quelques mois, la majorité nouvellement élue, quelle qu’elle soit, aura toute légitimité pour développer son projet pour l’éducation et pour la formation des enseignants. La Conférence des directeurs d’IUFM appelle à construire ce projet à partir de ses 22 propositions, seul texte aujourd’hui susceptible de susciter un débat serein et constructif sur la formation des enseignants et d’en porter les grandes ambitions.

Lettre n° 8 de l'Appel des enseignants pour un Front de Gauche
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Hier soir 30 janvier, ce sont plus de 900 personnes qui se sont pressées aux voeux à la communauté éducative de Jean-Luc MELENCHON, candidat unitaire du Front de Gauche. Pari osé s'il en est puisqu'une telle façon de faire de la politique n'est guère répandue. Il s'agissait de s'adresser très largement à tous les personnels de l'éducation nationale mais aussi aux parents d'élèves, aux syndicats et autres associations. Pari osé mais pari gagné ! L'immense et beau théâtre Le Comédia était rempli jusqu'au plafond. Très au delà des cercles militants, les travées étaient noires d'enseignants et de personnels qui venaient dans une telle manifestation pour la première fois. D'autres y revenaient après avoir longtemps déserté le genre. Dans les salles des maîtres et salles des profs, l'info avait circulé. Certains s'étaient donné rendez-vous, d'autres étaient venu ensemble. Décidément, cette campagne impulse une dynamique à tous les étages. Le monde de l'éducation n'y échappe pas et c'est une bonne nouvelle, car c'est le signal qui indique que la révolution citoyenne est en marche. C'est ainsi pour le Front de Gauche une très grande fierté que d'avoir pu accueillir pour ces voeux autant de responsables syndicaux et associatifs avec notamment pas moins de huit secrétaires généraux et président-e-s de syndicats et d'associations de parents d'élèves. Belle soirée militante et festive donc, ouverte en musique par le groupe Zone Nono qui a séduit l'audience (www.myspace.com/zonenono). Les commandos culturels du Front de Gauche nous ont ensuite fait redécouvrir avec le talent qu'on leur connait les oeuvres de Condorcet, Jaurès et Bourdieu sur l'éducation. Nous répondons aux nombreuses demandes pour accéder à ces textes en les proposant en pièces jointes. Le candidat Jean-Luc MELENCHON enfin, qui pendant une heure a donné sens et cohérence aux attaques libérales contre l'école de la République tout en émettant des propositions concrètes et constructives pour définir les missions de l'école du XXIème siècle. Retrouvez l'intégralité de son discours : Avec le Front de Gauche, mettre l'école au coeur de la campagne, ce n'est pas que des mots. Le débat est lancé. Nous y reviendrons largement dans notre prochaine lettre avec les 12 propositions du groupe Front de Gauche éducation qui complètent le programme l'Humain d'abord. Salutations fraternelles. François COCQ pour le collectif d'animation de l'appel des enseignants pour un Front de Gauche |
Pour contrer le projet de loi Grosperrin concernant la suppression de la référence aux IUFM dans le code de l’éducation
Proposition de lettre aux députés
Objet : Information sur le projet de loi Grosperrin concernant la suppression de la référence aux IUFM dans le code de l’éducation
Madame la députée ou Monsieur le député,
Le 10 janvier 2012, le député Jacques Grosperrin a déposé une proposition de modification du code de l’éducation
ftp://ftp2.snepfsu.net/snepfsu/peda/fde/Grosperrin_projet_loi.pdf
Ce projet constitue une réponse aux décisions défavorables au ministère rendues par le Conseil d’Etat (suite aux requêtes déposées par un certain nombre de syndicats d’enseignants de la FSU, de SLU, Sud-Education et la FCPE, en février 2011) qui rappelait le rôle des IUFM dans la formation ; et les décisions du 28 novembre 2012 qui déclaraient illégal la suppression du cahier des charges des IUFM, en se référant à l’article L625-1 du Code de l’Education. Le Conseil d’Etat imposait au gouvernement d’entamer une concertation pour régler le problème pour être en conformité avec la loi.
C’est pour éviter cette concertation (passage en CSE, CNESER) que J.Grosperrin tente un coup de force et propose de modifier purement et simplement l’article L625-1 du Code de l’Education.
J.Grosperrin affirme que c‘est une « simple mesure technique pour faire en sorte que le Conseil d'État puisse être satisfait» (AEF 19.01.12), mais qu’il veut cependant faire passer « en urgence » (procédure accélérée) devant les députés le 8 février ! Ce sont au contraire, des modifications essentielles.
Ainsi, il propose de remplacer la phrase « la formation des maîtres est assurée par les IUFM » par «elle est assurée notamment par les universités ». Cette phrase permet de supprimer définitivement toute trace des IUFM dans la loi. Leur existence ne serait plus liée qu’au bon vouloir des universités, qui elles-mêmes sont autonomes. On peut donc imaginer des académies où la formation des enseignants ne serait plus assurée ou uniquement par des officines privées. A cela Grosperrin ose répondre : « Bien sûr, des officines privées pourront être tentées d'investir le créneau, mais elles ne seront jamais habilitées par le MEN et le MESR » (AEF, 19.01.12). Sans cadrage législatif, on sait d’avance que ces dérives existeront.
Il propose également de supprimer toutes les phrases qui rendaient obligatoire la formation professionnelle après le recrutement. Enfin, il remplace le cahier des charges des IUFM (nécessitant un avis du HCE) par un référentiel arrêté par les ministres de l’EN et MESR, supprimant au passage l’obligation d’ « alterner des périodes de formation théorique et des périodes de formation pratique ». C’est donc l’ensemble du cursus de formation qui est mis à mal.
Nous réaffirmons que les IUFM et leur potentiel de formateurs constituent un patrimoine qu’il convient de renforcer, une structure dont il faut mieux définir les contours et les missions dans l’Université. Leur disparition serait un nouvel affaiblissement du service public d’éducation et de la formation de ses personnels.
La méthode employée est pour le moins tendancieuse : alors que l'ensemble des acteurs concernés considèrent, à l'unanimité, qu'il faut revoir cette mauvaise réforme, le député Grosperrin tente un bricolage pour contourner la nécessaire discussion sur l'avenir des formations d'enseignants et masquer les égarements du ministère.
Sur le fond comme sur la forme, nous vous demandons de ne pas accepter cela ! En conséquence, nous vous demandons de voter contre cette modification de loi.
Les enseignants (syndicats, représentants, étudiants, personnels…) de l’IUFM de …
PS : Si vous souhaitez consulter un argumentaire plus détaillé des différents articles du projet de loi, veuillez vous référer au texte proposé par SLU : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5270
Adresses des députés : http://www.assemblee-nationale.fr/qui/index.asp
Mardi 31 janvier : réunions d’information et de discussion 12h à Batignolles et à Molitor
Mardi 31 janvier, une grève est organisée dans l’Education nationale, contre les sup- pressions de postes et contre la réforme de
l’évaluation des enseignants. Cette dernière a pour conséquences un ralentissement des aug- mentations de salaires (jusqu’à 15 000 euros de perte sur une carrière) et un accroissement du poids de la hiérarchie.
Suppressions de postes
Les suppressions de postes se chiffrent à 5 700 cette année dans le premier degré, soit 98 à Paris (131 dans le second degré). Cela nuit à la qualité de l’éducation, avec une augmentation du nombre d’élèves par classe, la suppression des postes de remplaçants et des RASED.
Pour les étudiants qui passent le concours, cette saignée représente deux dangers. D’abord, ce sont autant de postes en moins offerts au con- cours. C’est aussi un grand danger pour le statut de fonctionnaire. En effet, les rectorats multiplient les appels aux étudiants passant le concours ou ayant échoué pour les recruter comme contrac- tuels. Les étudiants de master en alternance sont les cobayes les plus visibles : des salaires payés très en retard et payés à la journée (les congés ne sont pas rémunérés), un refus de la part du rectorat de payer les indemnités ZEP et les congés maladie. Ils sont d’ailleurs mobilisés pour faire valoir leurs droits, pour obtenir du rectorat des conditions de travail correctes.
Pour rejeter la précarité, obtenir un plus grand nombre de postes aux concours, l’ouverture de la liste complémentaire, il faut s’opposer aux suppressions de postes !
Menace sur les IUFM
Alors que la masterisation a déjà causé de si nom- breux dégats, le gouvernement prévoit d’étudier le 8 février un projet de loi qui supprime tout rôle aux IUFM dans la formation des maîtres. Suppri- mant la référence aux IUFM, le projet de loi la remplace par « notamment par les universités ». Quelles seraient les conséquences ?
- La réduction des budgets des IUFM : actuelle- ment, ils sont décidés par le ministère, sans que les universités puissent y toucher. En les suppri- mant de la loi, ils perdent leur spécificité.
- La possibilité que la formation des maîtres, avant comme après le concours, soit effectuée par des officines privées, y compris confes- sionnelles, ou part les rectorats... Cela casse tout cadre national !
La mobilisation commence à s’organiser pour refuser la suppression des IUFM.
La mobilisation du 31 janvier peut aussi permettre d’échanger sur les conditions de travail et d’études à l’IUFM cette année.
Pour une formation et des diplômes de qualité, il faut s’organiser et faire entendre notre voix !
Mardi 31 janvier
Réunions d’information et de discussion
12h à Batignolles et à Molitor
Grève et manifestation, 14h RER Luxembourg

La date du 13 février, jour de la création de la Radio des Nations Unies en 1946, a été proclamée Journée mondiale de la radio par l’UNESCO lors de sa 36


























