Prenant acte de ce que le Ministère de l’Education Nationale refuse de revenir sur les dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des enseignants, et dans la mesure où ces dispositions permanentes anticipent le résultat des travaux de la commission Marois/Filâtre, le bureau de la CPU et le président Daniel Filâtre ont décidé de suspendre leur participation à cette commission de concertation et de suivi, conformément au vote émis par l’assemblée plénière du 28 mai 2009.

La CPU, en accord avec les conférences de directeurs d’IUFM, de lettres et de sciences, continuera à travailler, indépendamment, pour élaborer des conclusions, propositions et recommandations dans les semaines à venir.

La CPU reste ouverte aux propositions du MEN qui permettraient de rétablir un dialogue paritaire MEN/MESR.

  • Le Monde, 10 juin, par Luc Cédelle Réforme de la formation des maîtres : la rupture est consommée entre les présidents d’université et Xavier Darcos.

Pour lire cet article sur le site du Monde.

La rupture est consommée entre la Conférence des présidents d’université (CPU) et Xavier Darcos au sujet de la réforme de la formation initiale des enseignants, appelée "mastérisation" parce qu’elle hausse au niveau du master le niveau requis pour avoir le bénéfice d’un concours d’enseignement.

Mercredi 10 juin, la CPU a annoncé qu’elle suspendait sa participation à la commission dite "Marois-Filâtre". Celle-ci avait été mise en place fin avril à l’initiative du gouvernement et devait remettre le 15 juillet des propositions relatives à cette "mastérisation".

"Prenant acte de ce que le ministère de l’éducation refuse de revenir sur les dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des enseignants, et dans la mesure où ces dispositions permanentes anticipent le résultat des travaux de la commission Marois-Filâtre, le bureau de la CPU et le président Daniel Filâtre [président de l’université Toulouse II-Le Mirail, qui représentait la CPU dans la commission] ont décidé de suspendre leur participation à cette commission de concertation et de suivi", affirme la CPU dans un communiqué.

Cette dernière, "en accord avec les conférences de directeurs d’IUFM, de lettres et de sciences, continuera à travailler, indépendamment, pour élaborer des conclusions, propositions et recommandations dans les semaines à venir", ajoute-t-elle.

Une dernière tentative de conciliation, dans la soirée de mardi, entre les représentants de la conférence et le ministre de l’éducation s’est déroulée dans une ambiance orageuse et s’est terminée par un constat de profond désaccord.

La CPU, suivant en cela l’avis de la plupart des protagonistes de ce dossier, reproche au gouvernement son "passage en force". Elle estime en particulier qu’il "anticipe sur les conclusions de la commission", en ayant déjà engagé la procédure consistant à soumettre les projets de décrets relatifs à la formation et au recrutement des enseignants aux différentes instances paritaires de l’enseignement supérieur et de la fonction publique.

Dans une déclaration adoptée le 28 mai, la CPU avait exprimé son intention de suspendre sa participation à la commission, "si l’assurance ne lui [était] pas formellement donnée que les dispositions permanentes sur la formation et le recrutement des enseignants figurant dans les projets de décrets actuellement soumis seront retirées".

La troisième séance de la commission nationale de concertation "Marois-Filâtre", prévue le 3 juin, avait été reportée au 10 juin, "compte tenu des discussions en cours", avait alors expliqué le président de l’université Toulouse II-Le Mirail.

La commission avait tenu sa première réunion le 13 mai et avait commencé ses consultations le 20 mai avec les acteurs du monde éducatif. Sa mission était "d’élaborer des propositions et des recommandations" en tenant compte des résultats des groupes de travail ministère-organisations syndicales sur la formation des maîtres. Outre ses deux présidents, la commission compte vingt membres.

  • France info, 10 juin

Le conflit dans les universités n’est peut-être pas terminé. Et cette fois ce sont les présidents d’université qui manifestent clairement leur colère contre le ministre de l’Education qu’ils accusent de vouloir passer en force sur sa réforme de la formation des enseignants. Une réforme qui a mis le feu aux poudres dans les universités ces six derniers mois.

Alors qu’une commission avait été créée justement pour apaiser les tensions, les présidents d’université ont appris hier que Xavier Darcos a déjà pris des décisions fermes sur cette réforme pour l’année 2010-2011. Les décrets pourraient être promulgués d’ici à la fin juin.

Le reportage de Célia Quilleret (2'02")

Et ils abordent certains sujets qui, à la suite du mouvement universitaire, ont été mis en débat au sein de la commission Marois-Filâtre sur la "masterisation" qui doit rendre ses conclusions, elle, le 15 juillet. Il y a un mois, le gouvernement avait tenté d’apaiser la fronde en annonçant que les étudiants titulaire d’un master 1 (M1) reçus au concours en 2010 seraient directement recrutés comme fonctionnaires stagiaires et donc rémunérés. En revanche, pour l’année, 2010-2011, changement de cap à 180° du ministre : désormais, les étudiants devront être titulaires d’un master 2 (M2) pour passer le CAPES ou l’agrégation, alors que jusque là, une licence suffisait.

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