La newsletter de SLU en intégralité ici. (23 janvier 2010)

L’an dernier, la mobilisation de l’ensemble de la communauté universitaire a permis le report de la «mastérisation de la formation des enseignants ». Depuis, le gouvernement a distillé les mesures d’application de sa réforme, méprisé le travail et les recommandations des commissions qu’il avait lui-même créées, et continué d’ignorer les protestations argumentées de tous les acteurs concernés. À mesure que circulaires et autres arrêtés sont publiés, la réforme confirme sa dimension fondamentalement nocive. Aujourd’hui, nous sommes placés individuellement et collectivement devant nos responsabilités. 

Nous accusons la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, de détruire les cursus universitaires, des pans entiers de la recherche et de la formation des enseignants.
Nous accusons le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, de détruire le concours de recrutement, le statut de fonctionnaire d'État et d'encourager le développement des établissements privés d'éducation.
Nous accusons le Premier ministre, François Fillon, de réduire les ambitions du gouvernement pour l'Éducation Nationale à la seule réalisation de gains de productivité, au nom de la Révision Générale des Politiques Publiques.
Nous accusons le président de la République, Nicolas Sarkozy, de fouler aux pieds les règles implicites du paritarisme, de mépriser les critiques argumentées de la réforme des enseignants qui émanent unanimement de toutes les organisations concernées, syndicats, associations, sociétés savantes, et de tendre ainsi à constitutionaliser la funeste formule dont il est l’auteur « J’écoute, mais je ne tiens pas compte ». 

Aujourd’hui, il est plus que temps que nous prenions, individuellement et collectivement, la mesure de ce qui se joue : les preuves de la volonté de destruction sont accablantes. Or, nous pouvons « agir en fonctionnaires de l’État, de façon éthique et responsable », car nous avons le choix : un « non » de combat à la mastérisation.

Les preuves
(...)

Agissons en « fonctionnaires de l’État de façon éthique et responsable » ! (et pour cela nous
n’avons pas besoin de passer une épreuve...)
(...)

La politique du gouvernement nous demande d’aller contre les missions qui sont les
nôtres. Soyons responsables collectivement !

Libres de choisir

Est-il exact que « nous n’avons pas le choix » ? La modification de l'offre de formation ou des projets de maquette est-elle la seule solution pour sauver la formation des enseignants ?
Pour respecter l'intérêt supérieur des étudiants ? Il ne faut pas s’y tromper, ni renverser les responsabilités : les seuls fossoyeurs de l'Éducation Nationale seront ceux qui appliquent et non ceux qui rejettent.
Si nous sommes convaincus des conséquences qu’aurait une telle politique, comme le laissent entendre les réactions qui se font jour, nous devons nous opposer partout où nous sommes et par tous les moyens à notre disposition à cette destruction, en nous coordonnant. Sans nous la réforme ne peut être appliquée. Entrons dans une résistance qui dépasse de beaucoup nos seuls intérêts catégoriels, les seules universités, et sans laquelle ces dernières seront détruites de l’intérieur. Si nous baissons la tête et acceptons ce que nous condamnons tous, en renonçant à notre dignité, que ferons-nous quand nous verrons les effets de notre renoncement ? 
Ne cédons pas aux sirènes qui répètent à l’envi que ce que nous ne ferons pas d’autres le feront : quelques universités ne peuvent former l’ensemble des enseignants français, pas plus que les établissements privés, et les jurys ne peuvent être constitués que d’inspecteurs ! Il est encore temps de refuser en bloc la réforme ! Pour cela deux instruments privilégiés : affirmer partout notre refus de l’appliquer et ne pas la mettre en place.

- Continuons de faire voter partout au sein des universités des motions affirmant notre refus de modifier l’offre de formation (départements, UFR, conseils centraux).
- Alertons les sociétés savantes dont nous sommes membres et demandons-leur de porter notre refus.
- Refusons de participer à l’élaboration des maquettes mais invitons-nous dans tous les groupes de travail qui ont cet objectif pour rappeler les dangers de la réforme (y compris en termes de service et parce que tout ceci se passe à coût constant).
- Annonçons notre refus de faire partie des futurs jurys et de préparer les épreuves absurdes mises en place.
- Alertons et réunissons les collègues, soyons nombreux à la Coordination Nationale des Universités du 25 janvier qui doit permettre d’organiser une action collective.

Et surtout

- Ne mettons en place aucune nouvelle offre de formation liée à la réforme.
- Refusons de participer à la mise en place de stages néfastes pour la formation des
étudiants et dangereux pour les élèves qu’ils auront devant eux.




Parce que notre responsabilité est aujourd’hui décisive,
il faut rester unis, pour résister.
Refusons de détruire la formation des enseignants !