C'est sous ce titre que Philippe Watrelot met en ligne un article sur les perspectives de mise en œuvre de la mastérisation l'an prochain :


Après la publication des maquettes des différents concours et le constat de la part très réduite laissée à la pédagogie, on en apprend un peu plus sur l’organisation de l’année scolaire pour les nouveaux enseignants.

Une des rares conquêtes de la lutte de l’an dernier avait été la réduction du nombre d’heures d’enseignement pour ces nouveaux collègues titulaires du concours. Initialement prévu à temps complet, il avait été obtenu une répartition deux tiers/un tiers (2/3 pour l’enseignement et 1/3 pour la formation). Mais on en sait plus aujourd’hui sur la manière dont cela va s’organiser. Et le résultat risque d’être désastreux.

La mise en place est laissée à l’initiative de chaque académie mais il semble que l’organisation qui se dégage est celle de stages “massés”. Par exemple pour les profs de lycée et collège, ils seront dès la rentrée avec 18h de cours (rappelons qu’ils avaient jusque là 8h de cours “en responsabilité”) accompagnés par un collègue “tuteur”. A partir de février, ils suivront une formation pédagogique de 5 ou 6 semaines (assurée par qui et où ? on ne sait pas encore…) et seront alors remplacés dans leurs classes par un étudiant en M2, admissible au concours de recrutement et volontaire dans le cadre des stages « 108 heures ».

En effet, il faut rappeler que ces stages rémunérés seront proposés aux étudiants de M2 qui préparent l’oral du concours (dont l’admissibilité sera connue en janvier) comme seul dispositif de découverte de l’enseignement (peut-on vraiment appeler cela des “stages” !) avant le concours. Ah, j’oubliais, en même temps qu’il prépare l’oral du concours, qu’il fait (si il/elle veut) ce stage de 108h, il faut aussi qu’il prépare les examens pour l’obtention du M2…

Est-il nécessaire de commenter ce dispositif ? Au moment où, après bien des difficultés, le nouveau collègue aura plus ou moins la maîtrise de ses classes, il sera alors remplacé par un étudiant encore moins formé ! Que dire aussi de l’impact d’un tel dispositif pour les élèves ? On peut enfin évoquer rapidement les conséquences sur les étudiants préparant les concours. Bien difficile dans ces conditions de réussir le concours. Pas grave, on alimentera ainsi le fameux “vivier” de contractuels précaires pour assurer les remplacements…

Alors, malgré la citation attribuée à Napoléon “il faut toujours faire l'hypothèse de la bêtise avant celle de la méchanceté”, on en vient à se demander si ce dispositif est aberrant ou au contraire très logique et intentionnel...

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