15 février 2012

Construisons ensemble le Front de Gauche de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Capture d’écran 2012-02-15 à 18Engagé-e-s dans le Front de Gauche, travailleurs scientifiques de toutes les catégories professionnelles, acteurs de tous les champs disciplinaires, nous voulons construire un large rassemblement autour de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cela suppose votre contribution et votre engagement.
Comme vous, nous sommes scandalisé(e)s par le déferlement des contre-réformes qui se sont abattues au pas de charge sur l’enseignement supérieur et la recherche durant  le mandat de Nicolas Sarkozy.

Le service public national de l’enseignement supérieur et de la recherche doit faire face à de nouveaux défis sociaux et environnementaux; les relever suppose de permettre à l’ensemble des citoyennes et citoyens, par la formation initiale ou permanente, d’accéder au plus haut niveau de la connaissance.

Cela suppose aussi la coopération la plus large entre potentiels nationaux, européens et mondiaux. C’est ainsi que le printemps arabe met au premier plan des urgences la coopération universitaire, scientifique  et technologique avec les pays du Sud, en lieu et place de ventes d’armes ou de modèles de formation clefs en main.
Devant la crise écologique, résultat d’un système boulimique de profits et prédateur des ressources naturelles, il faut choisir des trajectoires nouvelles en matière énergétique et environnementale comme des choix nouveaux relatifs à un  mode de production devenu insoutenable. Après Durban, chaque pays est mis en demeure d’agir contre le désastre du réchauffement climatique. L’enseignement supérieur et la recherche doivent y apporter leur contribution.
Nous voulons contribuer à créer les conditions de l’épanouissement des capacités créatrices de chacun en construisant d’autres référentiels que ceux des modèles productivistes prévalant jusqu’à aujourd’hui.  Cela suppose un fort développement démocratique de productions et d’ingénieries industrielles, technologiques, écologiques et organisationnelles en interaction avec la recherche, où prévale la logique de service public.
Le droit de tous à pouvoir intervenir sur les choix de stratégies scientifiques, en s’appuyant sur la connaissance documentée et partagée des enjeux techniques, industriels et socio-environnementaux doit être inscrit dans la constitution et garanti  par des instances appropriées.
La politique de N Sarkozy tourne le dos à cette vision d’avenir.
Jamais  le potentiel universitaire n’a été ainsi saccagé sous le prétexte mystificateur d’une « excellence » qui n’avoue pas ses véritables critères.
Jamais les organismes de recherche publique, n’ont subi de tels assauts. En tant que grand organisme public de recherche généraliste, le CNRS, est le symbole de cet attentat au potentiel de recherche publique.
Avec cette politique, l’asservissement à l’économie libérale, aux grands groupes et à leurs actionnaires est devenue la règle ; jamais  l’indépendance intellectuelle des métiers de la recherche n’avait été autant compromise. La connaissance n’est pas une marchandise.
Pas davantage que vous, nous n’acceptons  que nos métiers soient livrés aux affairistes ; pas davantage que vous, nous n’acceptons le credo de la précarisation, la xénophobie, la démocratie mise au pas, les  régressions des droits des femmes déjà trop fragiles et timides, l’évaluation par les pairs saccagée et mise à la sauce des agences de notation, une collégialité raturée.
Nous le proclamons  avec vous : la logique managériale ne peut être le mode d’existence de l’enseignement supérieur et de la recherche ; avec elle, nos métiers perdent tout sens, nous ne l’acceptons pas.
Mais ce déferlement   n’est pas isolé ; il puise ses fondements dans les dogmes et prophéties auto réalisatrices des Traité de Lisbonne, dans la stratégie de Bologne, et autres dogmes de l’OMC… De tout cela, nous pouvons, nous devons sortir.
Aujourd’hui, vous en faites le constat comme nous : les choix politiques mis en œuvre ont apporté partout colère et révolte mais aussi démoralisation, temps perdu, gâchis de compétences et aliénation.
Pour le Front de Gauche, une rupture avec cette politique de mise en concurrence de tous contre tous est vitale. C’est la condition de la mise en œuvre d’une autre politique
Nous faisons nôtres ces mots du Manifeste des intellectuels de Guadeloupe :
« Lier, allier, relayer, rallier  »
Une autre politique marquée par des choix de gauche est possible ; elle ne l’est qu’avec vous. Le Front de Gauche avance des propositions, contenues dans le programme « L’humain d’abord ». Ces propositions sont soumises à débat, critique, enrichissement et approfondissement.
Ensemble, faisons  sauter les étouffoirs d’avenir que sont les IDEX, la LRU, et autres AERES. Le Pacte pour la Recherche doit être abandonné,  l’ANR profondément transformée.
Ensemble, donnons du punch à la gauche; elle en a besoin.
Résistons, débattons, construisons ! Avec toutes celles et ceux déjà dans l’action, rendons impossible tout nouveau pas en avant de cette politique.
Ensemble, construisons  des choix neufs, de gauche, rendons-les incontournables. Rejoignez-nous.

Pour le Front de Gauche de l’ESR
Pierre Chantelot PG , Olivier Gebuhrer PCF, Bernard Jusserand SR,  Chantal Pacteau FASE , Patrice Perdereau PG
 

Fiche recherche scientifique

1-Principes

La recherche scientifique, en augmentant le niveau de savoir disponible pour tous, contribue à l’émancipation collective. Elle protège le citoyen des manipulations de ceux qui comptent sur l’ignorance pour imposer leurs lois ou vérités révélées (religieuses, sectaires ou capitalistes). Nous prônons l’indépendance de la recherche scientifique. Nous refusons que le productivisme en soit une finalité. Nous sommes intransigeants sur l’attention à porter aux effets du progrès technologique sur l’écosystème.

Le Parti de Gauche défend la recherche pour les rôles qui sont les siens:

  • la production du savoir académique lié à la compréhension du monde qui nous entoure, et sa mise à disposition sans condition à tous
  • la préservation et la dissémination d’une éthique de la transmission et du partage, indissociable de la notion de République,
  • l’innovation technologique et l’exploration de nouveaux domaines de connaissances sont nécessaires comme champs de recherche en propre mais aussi comme méthodologie nécessaire à la simple production de savoir.

Pour atteindre ce but, le PG prône l’indépendance la plus aboutie possible pour la recherche et refuse notamment tout détournement et ingérence, au profit de l’intérêt privé ou d’une idéologie religieuse ou politique. La communication entre la recherche et le pouvoir politique est indispensable au bon fonctionnement de la société et doit se faire dans le respect du rôle de chacun :

- la recherche reconnaît le rôle du politique qui est de gérer et organiser le cadre de la société. Dans ce cadre, la recherche est, au même titre que tout service public, un élément dont la société doit garantir l’indépendance sur le plan financier, matériel, humain et intellectuel. Nous reconnaissons la liberté de discuter et de transmettre tout résultats, y compris ceux qui contredisent l’état de la question ou entrent en conflit avec des intérêts économiques ou religieux. Seule la garantie de cette indépendance permettra à la recherche d’accomplir pleinement sa mission.

- le politique, en tant que créditeur de la recherche, attribue les financements et débat sur les programmes nationaux à développer, mais laisse les personnels scientifiques œuvrer librement avec les crédits qui sont les leurs. Le politique reconnaît à la recherche sa mission de production et de diffusion large et gratuite du savoir à la population. Mais il ne doit pas oublier la sienne qui est de donner à la société les moyens d’une recherche libre et ambitieuse, d’informer et de garantir la souveraineté du peuple sur le choix de l’industrialisation ou non d’un résultat de recherche. En d’autres termes, le passage d’un procédé technologique de la sphère de la recherche à la sphère de la société relève de l’aval des citoyens ou du parlement.

2-Constat

La loi dite de « liberté et responsabilités des universités » (LRU, 2007) dans le prolongement du « pacte pour la recherche » (2005) a confirmé le processus de déstructuration du service public d’enseignement supérieur et de recherche. La multiplication des structures administratives a aboli toute démocratie sociale. Les EPST (CNRS, INSERM, INRA…) n’ont plus la main sur leur politique scientifique. Les récentes initiatives en relation avec « le grand emprunt » (Equipex, Labex, Idex) marquent une nouvelle étape:

- le pouvoir est désormais concentré dans les mains du politique (Élysée et Matignon)

- les marges de manœuvres des universités sont soumises aux placements qu’y feront les acteurs économiques: le placement initial est fait par l’état qui se rembourse par la baisse des crédits récurrents.

Les quatre points cardinaux de la nouvelle gouvernance de la recherche sont en conflit avec sa mission historique:

Inégalité: entre territoires, étudiants, chercheurs et disciplines.

Avidité: les rémunérations additionnelles démentent la dimension collective et coopérative du travail de la communauté scientifique.

Bureaucratisme. les technostructures étouffent tout débat démocratique, l’évaluation  bibliométrique étouffe le débat scientifique

Subordination. la pression est forte pour mettre la recherche au seul service du capitalisme néo-libéral, que ce soit pour détourner moyens et compétences au profit du secteur marchand ou pour développer de nouveaux marchés ne répondant pas à un besoin de la société mais à ceux de l’oligarchie. Tout converge pour faciliter la privatisation des compétences et des moyens: ouverture des appels d’offres au privé, pôles de compétitivité, pression sur les unités de recherche, plateformes technologiques ouvertes aux industriels et financées en partie par les contrats de recherche obtenus à d’autres fins…Dans le même temps, Sanofi Aventis licencie 1500 chercheurs.

Le néo-libéralisme cherche à concentrer toutes les forces vives à son profit au détriment de l’intérêt général. Ainsi s’organise la fuite et la migration des cerveaux du sud vers le nord, puis vers les USA. Au niveau national, la concentration autour de quelques grands pôles est favorisée (pénurie de postes, pôles de compétitivité et autres IDEX…). Enfin, les secteurs financiers drainent les meilleurs étudiants sans qu’il ne soit opposée de vraie résistance par les pouvoirs publics: dévalorisation intellectuelle et financière des carrières scientifiques et technologiques, absence d’une vision positive et humaniste de la science dans le débat public, pauvreté de son enseignement initial. Il y a urgence à engager une réflexion, par exemple sous la forme d’Etats Généraux, sur les métiers de la recherche et les chemins y conduisant sous peine de voir disparaître notre potentiel scientifique et technologique.

L’atomisation du service public d’enseignement supérieur et de  recherche, la mise à l’écart d’équipes, de laboratoires ou d’établissements, l’augmentation de la précarité s’amplifient. La mise en concurrence est partout. Dans les établissements et les organismes, les conditions de travail des personnels s’aggravent. Le nombre de jeunes recrutés sur CDD pour une durée cumulée de 6 ans maximum et qui n’auront jamais le statut de titulaire est une bombe à retardement. La part des femmes recrutées est en baisse depuis 2002. La pénurie de chercheurs titulaires et de financements récurrents favorise la recherche à court terme et détourne du long terme pourtant indispensable. La qualité de la recherche en pâtit.

3-Propositions

La situation actuelle découle du traité de Maastricht (1992) et des 3 déclarations de Paris, de Bologne et de Lisbonne (1998-1999-2000). Il est nécessaire de sortir de ces initiatives européennes libérales. Nous abrogerons la loi LRU et le Pacte pour la Recherche et supprimerons le Crédit Impôt Recherche et les technostructures (Alliances, Instituts…) conçues pour détourner ressources et compétences vers le secteur privé. Nous nationaliserons ou supprimerons les « fondations LRU ».

 

Le statut de fonctionnaire d’état redeviendra la référence pour les métiers de la recherche, pour garantir son indépendance, prévenir les conflits d’intérêt, et améliorer l’efficacité des laboratoires et la pérennité des disciplines.

Nous proposerons d’autres mesures fortes pour la recherche visant à en rétablir l’indépendance et la qualité sur la base de laboratoires mixtes universités-EPST:

- instances: revenir à une démocratie sociale exemplaire, rendre le pouvoir aux instances représentatives, leur confier pleinement la mission de l’évaluation qui sera scientifique et non bibliométrique et en proposer un règlement à ses membres, y imposer la participation dans la mission de tous les agents (par exemple désignés par tirage au sort aux cotés des autres collèges élus ou nommés)

- indépendance: refonder les partenariats sur la base de la collaboration et non de la subordination, replacer les laboratoires sous la responsabilité des instances de leurs tutelles respectives,  remplacer les PRES par des structures démocratiques et coopératives,

autorité et exemplarité: rendre aux organismes le contrôle sur leurs stratégie et personnels, rendre son rôle primordial au CNRS, fleuron historique de la recherche française, réévaluer la mission de l’INRA à la lumière de la crise agrosanitaire, impliquer l’INSERM pour prévenir les abus du capitalisme du médicament

- financement : augmenter le budget public civil (3% du PIB) et les dotations récurrentes, dont une part serait votée à l’assemblée nationale après débat (par exemple 40% de crédits fléchés, 60% en crédits récurrents), en faire une fonction positive de l’effectif des titulaires et négative de l’effectif des précaires, imposer la redistribution d’une quote-part des financements non récurrents et/ou non institutionnels d’une équipe vers la tutelle et le laboratoire hôte, remplacer le crédit impôt recherche par un crédit d’impôt flottant basé sur la valeur ajoutée

métiers : augmenter le nombre de postes ouverts, ne garder qu’un corps de chercheurs ou d’ITA avec possibilité d’avancement accéléré, rattraper le retard salarial accumulé, envisager une grille unique des traitements dans les EPST, les universités et les EPIC, prendre en compte les années de doctorat et post-doctorat pour la retraite, interdire les suppléments de rémunération prélevés sur les contrats, exiger des cadres dirigeants du privé l’obtention d’un doctorat (y compris en sciences humaines)

organisation : construire et proposer par des Etats Généraux les modalités pour une intégration aux EPST de certains EPIC dont la mission en bénéficierait (certains départements du CEA, INA, musée nationaux…), explorer lors de ces Etats Généraux le bien-fondé du regroupement de certains EPST par discipline

Nous rendrons la parole au citoyen ou à ses à représentants :

- organiser le contrôle scientifique et démocratique des fonds utilisés par la recherche industrielle par la création d’une Agence d’Évaluation de la Recherche des Entreprises Subventionnées (AERES) dont les membres seraient libres de toute relation avec la recherche industrielle.

- organiser un effort de formation vers le citoyen (conférences publiques en continu, enseignement primaire et secondaire, TV de la science (pour adultes et enfants). L’histoire des sciences et des techniques devrait faire partie de l’éducation de tous les futurs citoyens car les idées scientifiques ont une dynamique particulière qu’il convient de connaître pour entraîner la société en avant.

Toute nouvelle approche technologique devra dès le début faire l’objet d’études visant à évaluer son impact potentiel sur la société civile ou la santé des individus. Nous créerons le Haut Conseil de la Recherche (scientifique et technologique) constitué de chercheurs, d’universitaires, d’étudiants, de représentants syndicaux, d’ONG, d’élus locaux et nationaux. Le HCR aura un droit d’autosaisine. Il organisera de vrais débats contradictoires sur les grands programmes technologiques et les secteurs d’avenir qui devront être choisis en fonction des besoins de la société et non du marché. Il participera au débat permettant le contrôle de l’industrialisation des résultats de recherche par le peuple ou le parlement. Cette agence contribuera aussi à coordonner la recherche française avec la recherche mondiale sur des thèmes tel que le climat avec le GIEC ou les énergies renouvelables. Pour que ces recherches évoluent, il est primordial de les sortir du secteur privé et d’encourager la coopération.

4- Évolutions de la recherche pour faire face aux évolutions actuelles et proposer sa contribution à un changement de société

Laïcité technologique :

La recherche jouera son rôle dans la prise de conscience héritée des travaux de l’écologie politique, qui a pour objet l’ensemble des relations entretenues par l’individu avec autrui et avec son l’environnement naturel et artificiel. Dans ce but elle participera à l’instauration d’une « laïcité technologique ». Celle-ci conduira petit à petit les citoyens à décider eux-mêmes et démocratiquement s’ils autorisent ou non le transfert d’une technologie produite en laboratoire (« sphère de la recherche ») vers son industrialisation, sa commercialisation et sa dissémination (« sphère de la société »). Dans la mise en place concrète de cette laïcité technologique, les personnels scientifiques se mettent à la disposition de Conseils Scientifiques Citoyens (CSC) au sein desquels ils formeront des citoyens sous mandat. Ces CSC pourront ainsi légiférer sur les différentes technologies pour les autoriser, ou non, à entrer dans la « sphère de la société ».

Dans le cadre de cette laïcité technologique, la sphère de la recherche est libre d’utiliser les technologies qu’elle juge nécessaires pour poursuivre sa mission mais sans jamais les utiliser en dehors de ses finalités de production du savoir et dans les limites de la sécurité et des lois de bioéthique spécifiques à la « sphère de la recherche ».

Statut de la connaissance et ouvertures des compétences :

Les nouvelles technologies numériques ont permis de créer des réseaux d’échanges et de production du savoir, inimaginables il y a encore 10 ans. Dans le cadre de ce développement révolutionnaire, nombre de citoyens se retrouvent en capacité d’échanger et de participer à la production du savoir ou à la recherche technologique. Cette révolution démocratique ne doit pas instaurer une coupure entre citoyens initiés ou non. Aussi nous doterons les personnels de la recherche scientifique d’une nouvelle mission : mettre à disposition leurs compétences, dialoguer, échanger et collaborer avec toutes les personnes que l’expérience et la qualification (avec ou sans diplômes) ont rendu aptes à participer à la production du savoir ou à la recherche de solutions technologiques.

Pour cela, le statut de la connaissance ne peut qu’être « libre ». A partir du moment où elles sont validées par les pairs et publiées, les découvertes de la recherche seront placées sous statut « contaminant », relèveront automatiquement du domaine public et seront libre d’accès. Nous reconnaissons la légitimité et l’importance de la protection industrielle mais le dépôt de brevet sera supprimé des prérogatives de la recherche scientifique publique.

Commission Enseign. Supérieur & Recherche du Parti de Gauche :

http://esr.lepartidegauche.fr/

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Le Gouvernement Fillon sacrifie l’École normale supérieure de Rennes sur l’autel de l’austérité

L’État s’était engagé en juillet 2010 par contrat avec l’ÉNS Cachan à transformer son Antenne de Bretagne en une ÉNS Rennes de plein exercice au premier janvier 2012. Après dix mois d’atermoiements, le Premier ministre vient de rompre cet engagement, se rangeant à l’avis défavorable de Valérie Pécresse, ministre du Budget, contre l’avis favorable de Pécresse Valérie, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

À la suite de celle fondée par la Convention en 1794 pour que « de toutes les parties de la République, des citoyens déjà instruits [apprennent] l’art d’enseigner », les Écoles normales supérieures, parce que leurs élèves sont des fonctionnaires-stagiaires rémunérés, permettent à des citoyens de toutes classes économiques de préparer dans de bonnes conditions les concours de l’agrégation et de débuter une thèse de doctorat. Ce renoncement est donc une étape de plus dans la privatisation de l’Éducation et de la Recherche publiques ; il complète la pseudo-réforme de la mastérisation du recrutement des enseignants en ce qu’elle limite l’accès des classes populaires au statut de professeur par l’augmentation du nombre d’années d’étude non rémunérées. En réduisant la capacité de la République à former ses élites, les libéraux favorisent l’oligarchie.

Cette décision signe également l’économie de cimetière du Président Sarkozy, du Gouvernement Fillon et de tous les tenants de l’austérité : moins d’ÉNS, moins de postes à l’agrégation et aux autres concours de recrutement d’enseignants entraineront un affaiblissement général du niveau de formation du peuple français, ce qui en diminuera l’efficience, contribuera au déclassement économique du pays et réduira les recettes de l’État. Ces contraintes austères sont aussi celles qui ont conduit à la mise sous tutelle rectorale de nombre d’Universités « autonomes » suite à la loi LRU.

Du fait de cette décision, après avoir été « oubliées » par les projets du « grand emprunt », les régions de l’ouest de la France, démographiquement et académiquement dynamiques, restent dépourvues d’ÉNS de plein exercice. Leur répartition sur le territoire — Paris, Cachan, Lyon — ne permet pas de réaliser pleinement l’objectif de la Convention.

Le Parti de Gauche désapprouve l’abandon du projet d’ÉNS Rennes ; il se tient aux côtés des personnels ne recevant que mépris pour le projet qu’ils ont élaboré. Pour nous, il faut partir des besoins du pays en termes d’enseignement et de recherche et ouvrir en conséquence les établissements de formation ainsi que les postes aux concours de recrutement.

Dans un gouvernement de Front de Gauche, nous rendrons à l’Éducation et à la Recherche les postes qui lui ont été retirés depuis dix ans en mettant en place des plans de recrutement pluriannuels ; nous abrogerons la loi LRU, réorganiserons la formation initiale des enseignants en supprimant la mastérisation et renforcerons leur formation continue.

Pour le Parti de Gauche :

Pierre Chantelot, Patrice Perdereau, responsables nationaux Enseignement Sup’ Recherche

Yann Salmon, co-secrétaire départemental PG Ille-et-Vilaine

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Sarkozy sacrifie les étudiants systématiquement

Pour les étudiants, c’est aussi l’austérité!

Alors que la crise de la dette souveraine secoue l’ensemble de l’Europe, le gouvernement Sarkozy est l’un des promoteurs européen de la course folle à l’austérité sous couvert de « rassurer » les marchés financiers. Chaque jour égrène son lot de mesures, injustes et économiquement inefficaces, génératrices de chômage, de précarité ou de pression salariale, au détriment des services publics et des solidarités…D’autres choix sont possibles pour mettre un terme à la sape des solidarités et revenir sur la destruction de l’emploi public considéré comme variable d’ajustement, notamment dans l’Éducation (près de 70 000 suppressions de postes en quatre ans, destruction en règle de la formation des enseignants).

Pour l’émancipation humaine, faisons le pari de l’éducation et du partage des savoirs
Non, Sarkozy n’a pas réussi à l’université. Dans l’enseignement supérieur et la recherche c’est aussi l’échec. Le coût des études augmente alors que la précarité étudiante se développe. Sarkozy a stoppé le long mouvement de démocratisation de l’enseignement. Le temps des promesses passées, c’est l’heure du « pain noir » pour l’université. Avec la LRU et le Grand Emprunt les savoirs, les labos,les Universités et les chercheurs deviennent des marchandises.

Pour les étudiants, c’est aussi l’austérité.

Cette année encore, le coût de la rentrée a augmenté (+ 4,10%) venant amputer le pouvoir d’achat des étudiants déjà bien bas. Plus de 100 000 étudiants vivaient sous le seuil de pauvreté en 2010. L’augmentation de 4,10 % des dépenses obligatoires décidées par le Gouvernement (frais d’inscription, tickets RU, cotisations sociales…) va encore développer la paupérisation en milieu étudiant.

Pour faire bonne figure, le ministre Wauquiez lance le « passeport logement étudiant » qui fera la part belle au logement privé. Puis, sous la pression des syndicats étudiants, il a enfin lâché le dixième mois de bourse promis par Sarkozy depuis 2008.

Autant dire que cela sera « une goutte d’eau dans la galère financière » des étudiants et de leur famille.

Un coup d’arrêt à la démocratisation !

Pour financer leurs études, plus d’un étudiant sur deux (Observatoire de la Vie étudiante) doit rechercher un job alimentaire. Dans ces conditions, réussir ses études dépend de plus en plus de son origine sociale et les étudiants issus des classes moyennes et modestes sont hélas de moins en moins nombreux à poursuivre des études supérieures. Depuis 2006, ils sont 9,1% moins nombreux, dont 70 000 enfants d’ouvriers,  à ne plus fréquenter l’université.
La réforme de l’IUFM, avec la masteurisation, pour accéder au métier d’enseignant en 5 ans n’a fait qu’aggraver la situation. La démocratisation de l’enseignement supérieur vient donc de connaître un recul historique et irresponsable au moment où la France a besoin de jeunes diplômés. Alors créer les conditions d’une libération des droits d’inscription est une folie.

Les budgets de Sarkozy, c’est pas du gâteau , c’est du pain noir!

Le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche devait croitre de 1,8 Mds d’euros par an, avait promis Sarkozy en 2007, soit 9 Mds d’euros. La Ministre Pécresse a claironné« engagement tenu » au début  de cette année. La réalité est toute autre!Les passe-passe budgétaires dévoilés, les crédits de 2011 sont équivalents à ceux de 2007, sans tenir compte de l’inflation! Donc en baisse!
Enfin, les crédits récurrents des labos, dont le CNRS, sont en baisse de 11% en moyenne.
Par contre, c’est Byzance pour la recherche privée. Le crédit Impôt Recherche (CIR) a été multiplié par 10 et atteindra en 2012 près de 5 Mds ( soit un peu plus de 80 000 postes de chercheurs) alors que l’Inspection Générale de s Finances doute de son efficacité. Dans le même temps, la précarité de l’emploi et des statuts n’a cessé de se développer à l’Université. Effet de la LRU et des responsabilités et compétences élargies (RCE), certaines universités font même déjà face à des déséquilibres financiers et doivent boucher des trous. A quand les premiers défauts de paiement?

Les investissements d’avenir, mettent l’Université sous la coupe de la marchandisation et de la mondialisation libérale.
Le classement de Shanghaï a été une fois de plus l’occasion de mesurer la bêtise de ses critères puis de vérifier qu’il était surtout l’alibi destiné à mettre en concurrence les Universités et les labos à l’échelle mondiale. Le classement dont le Gouvernement ne parle pas, est celui qui situe la France dans les derniers rangs de l’OCDE pour la part de richesse consacrée à la recherche et qui fait que la France, 3ème puissance scientifique mondiale aux début des années 80, est au-delà de la 15ème place aujourd’hui.
Le Protocole de Bologne et la fameuse « économie de la connaissance », contenue dans la stratégie de Lisbonne, ont accouché en France de la LRU et du Grand Emprunt.
La LRU a fait des Universités des entités « autonomes » et concurrentes à l’échelle mondiale pendant que le Grand Emprunt lui, avec les intérêts virtuels de capitaux placés, redessine la carte universitaire française regroupant et fusionnant les universités pour en faire des marques mondiales de la « connaissance ».
Une carte à deux vitesses se dessine. Une petite dizaine de « Campus d’excellence » concentrant formations, labos et fonds publics et privés, installés dans quelques grandes métropoles françaises, puis des universités de seconde zone devenant au fil du temps des établissements diplômant au niveau L et proposant des formations supérieures professionalisantes. Le dernier étage de cet édifice libéral étant la publication du décret Licence cet été.

JLM à Grenoble:

« Ne touchez pas à nos gosses, laissez cette lumière pouvoir continuer à éclairer demain. Il faut faire reculer l’ignorance, c’est le savoir qui libère l’humanité, les femmes et les hommes et qui permet, se rendant meilleur pour soi, d’être meilleur pour les autres. Le savoir, bien précieux qui s ‘élargit et s’amplifie à mesure qu’on le partage, seule richesse qui augmente quand on en donne aux autres! «

Des solutions existent:
Nous abrogerons la loi LRU et le « Pacte pour la recherche»;
Nous agirons pour soustraire les services publics de recherche et d’enseignement supérieur au champ de négociation de l’OMC;
Nous mettrons en chantier une nouvelle loi qui s’appuiera sur les travaux d’Assises de l’Université et nous rétabliront le dialogue social avec l’ensemble de la communauté universitaire dans le respect des institutions;
Nous rétablirons le CNRS, comme l’INSERM, dans leur vocation de pôles publics de la recherche;
Nous abandonnerons les outils de discrimination, qu’auront été les « initiatives d’excellence » (IDEX) ou « les laboratoires d’excellence » (LABEX),;
Nous lancerons un plan titularisation et de rattrapage de l’emploi pour stopper la précarité à l’université et dans la recherche;
Nous porterons l’effort budgétaire public à 12 000 euros par an et par étudiant-e;
Nous lancerons la constructions de 5.000 chambres universitaires et 7.000 réhabilitations par an pendant dix ans
Nous doublerons le budget public de la recherche sur la législature;
Nous réorienterons les financements de la recherche pour permettre un financement stable et récurrent des laboratoires et des équipes à hauteur de 70 %;
Nous transformerons l’ANR en FPSE (Fonds Public de Soutien aux Projets Émergents) intervenant sur les projets « blancs ».

Crise du logement étudiant: le passe-passe de Laurent Wauquiez.

Dans un entretien au Monde, le 31 août, Laurent Wauquiez, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, agite son passeport logement étudiant pour mieux masquer une absence de réponse pérenne à la crise du logement étudiant.

Le ministre esquive ainsi les faits : il manque au bas mot plusieurs dizaines de milliers de logements étudiants dans notre pays ! Enfermé dans sa volonté dogmatique d’encourager le logement privé, il oublie d’envisager la nécessité d’assurer à tous les étudiant-e-s  un logement pour étudier dans de bonnes conditions (proximité de son université et de transports en commun, surface suffisante pour un étudiant ou en couple, accès aux handicapés, garantie financière, etc).

Le nouveau passeport sera mis en place par les CROUS sans aucun moyen supplémentaire. Qui va certifier les « label CROUS »? Sous quels critères objectifs ? Des « banques partenaires » participeront; belle entrée qui leur est offerte pour « accrocher » un futur client pour financer ses études… Une fois de plus, L. Wauquiez entend présenter l’addition aux familles. Les étudiants paieront 5€ par mois alors que rien ne sera demandé aux bailleurs privés! Profitant déjà du désengagement de l’état dans la construction des résidences universitaires, les bailleurs auront donc encore plus le champs libre pour augmenter les loyers à leur convenance. Seule une politique de construction de résidences universitaires permettrait de faire baisser les loyers et de mettre fin à une politique bénéficiant aux rentiers.

Au final, beaucoup d’annonces et toujours la même solution : reporter sur les familles la charge financière des études. L’OCDE martèle depuis des années cette politique : l’étudiant et sa famille doivent devenir les premiers financeurs des études…OCDE et libéraux le demandaient, Laurent Wauquiez, fidèle larbin libéral l’a fait!

Dans ce contexte, la politique de concentration et de fusion des universités en PRES, voulue par le gouvernement, aura pour conséquence la suppression de nombreuses formations sur le territoire au profit d’un nombre limité de sites. Dans une lutte acharnée que se livreront les universités pour attirer les meilleurs étudiants, la construction de logements étudiants aux travers de Partenariats Publics Privés sera un outil supplémentaire de la dévolution lucrative au secteur privé.

En situation de crise du logement universitaire, seuls les étudiants issus des familles les plus aisées pourront se loger à proximité de leur lieu d’études. L’immense majorité, perdra encore des heures dans les transports en commun lorsqu’ils existent, pour aller étudier, mettant en danger ainsi leur réussite aux examens et leur santé.

Pour le parti de Gauche, la politique du logement étudiant va de paire avec celle de la santé de l’étudiant. Elle doit s’inscrire dans une politique nationale en partenariat avec les Régions, les CROUS et les universités pour atteindre les objectifs du plan Anciaux pour la période 2004-2014, soit 5.000 constructions et 7.000 réhabilitations de chambres universitaires par an pendant dix ans et pour créer des maisons de la santé sur les campus.

Pour le Parti de Gauche, l’accès garanti à un logement adapté à ses besoins tout au long de ses études ainsi que l’accès aux soins médicaux sont les gages de la réussite de l’étudiant.

Chantelot Pierre

Retards dans le versement des bourses aux étudiants : le gouvernement s’éloigne encore du triple A social

Au soir du 22 novembre, de très nombreux étudiants n’avaient pas encore reçu le versement de leurs bourses par les CROUS (Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Sociales) pour le mois de novembre et les inquiétudes planent déjà sur le versement de celles de décembre prévu « peu avant Noël »…

Ces retards de versements mettent des étudiants, déjà en difficultés financières, dans des situations sociales catastrophiques en les faisant passer de la précarité à l’extrême pauvreté. La raison de ces problèmes de versement est simple : le gouvernement, qui a promis depuis des années un 10ème mois de bourses en septembre (une mesure d’urgence sociale nécessaire) a oublié de financer cette belle promesse. Mieux ! Son dogme de l’austérité, qui veut que les pauvres paient pour les financiers, le conduit aujourd’hui à diminuer le budget de 21 des 28 CROUS. Ces problèmes graves révèlent donc la volonté plus large du gouvernement de casser les services publics des œuvres universitaires, services nécessaires et uniques en Europe ! La priorité est ailleurs : rassurer les marchés financiers, sauver les banques, au prix du quotidien de ceux qui sont l’avenir de notre pays.

Le Parti de Gauche soutient les étudiants en lutte pour leurs droits et leur dignité, il soutient le droit aux études pour tous et pas seulement pour ceux dont les parents peuvent les payer. Cette mobilisation s’inscrit dans la lutte sociale globale contre l’austérité et la dictature des marchés, et pour remettre au centre une alternative sociale au modèle actuel qui conduit notre pays sur la même voie que les Grecs ou les Espagnols.

Au-delà des mesures d’extrême urgence (garantie de financement du 10e mois de bourses), et à l’heure où les régions appellent à une régionalisation du logement étudiant qui vont accroître les inégalités sociales et territoriales et affaiblir encore davantage les CROUS, le Parti de Gauche appelle à un service public des CROUS renforcé (aides sociales, logement, restauration, culture… ), géré par les étudiants et personnels, et à la mise en place d’un statut social pour les étudiants et jeunes travailleurs avec, notamment, un système d’allocations pour tous, seule mesure permettant d’abolir la précarité et de garantir la réussite de tous à l’université et dans les premiers années d’emploi.

La commission ESR du PG

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La rente financière au privé et la fin des diplômes universitaires

Les propositions de lois actuellement à l’étude en commission de la culture, de l’éducation et de la communication du sénat (Article L. 762-2 et L. 344-4) mettent en place un système de rentes financières sur des décennies de l’état vers des groupes privés et la fin des diplômes délivrés par les universités.
Avec les modifications proposées par le gouvernement, les Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) pourront se voir confier par l’État, la maîtrise d’ouvrage de constructions universitaires. Or dans un PRES, les membres fondateurs peuvent être des instituts confessionnels mais aussi des écoles consulaires, qui sont des organismes dépendant des Chambres de commerce et d’industrie, sous la tutelle du ministère de l’Industrie.
Les nouveaux bâtiments construits par les PRES, pourront alors être financés par l’état au travers des universités publics par l’intermédiaire de Partenariats Publics-Pivés (PPP) dotés de 200 à 300 M€ d’Autorisation d’Engagement (AE) selon V. Pécresse. Ces PPP sont des emprunts à rembourser en 30ans.
De plus, ces PRES pourront conclure des contrats sur ces biens pour conférer des droits réels à des tiers, c’est à dire au domaine privé.
On peut alors imaginer la constitution d’une Société Civile Immobilière (SCI) qui pourrait avoir pour actionnaires un PRES (avec des membres de l’enseignement privé) mais aussi une entreprise privée de Bâtiments et Travaux Publics ainsi que la Caisses de Dépôts et Consignation.
Cette SCI, qui sera donc propriétaire du bâtiment construit par un groupe du BTP (peut être le même que l’actionnaire privé) aura toutes les compétences pour fixer le loyer ou les mensualités du crédit à rembourser. L’université qui va payer ce loyer ou cette mensualité le fera par l’intermédiaire de sa dotation venue de l’État. Ainsi une rente est garantie sur des décennies à un groupe du BTP…De plus comme le PRES peut désormais vendre ses bâtiments, on peut imaginer qu’il le fasse et ensuite en fasse reconstruire d’autres par des groupes du BTP pour les louer de nouveau aux universités ! Ainsi de suite…
La deuxième loi à l’étude, est le cheval de Troie !
Un PRES peut être habilité à délivrer des diplômes nationaux. Or seule actuellement les universités sont habilités à délivrer des diplômes. Par exemple, l’institut confessionnel d’Angers, qui se fait appeler « Université Catholique de l’Ouest –UCO- » est membre associé du PRES Université Nantes Angers Le Mans. À ce titre, cet institut confessionnel privé, au travers du PRES, pourra donc délivrer un diplôme d’état. Et comme il sera le seul à proposer un master des métiers de l’enseignement sur cette région, il pourrait se voir ainsi déléguer la formation des maîtres de l’enseignement privé et public ! Cet institut confessionnel privé, au travers du PRES qui est une structure publique, pourra donc délivrer un diplôme d’état.
Un PRES ne possède pas de Conseil des Études et de la Vie Universitaire (Le CEVU pilote la politique pédagogique, les questions relatives aux formations et les conditions de vie et d’études des étudiants) ni de Conseil Scientifique (Le CS pilote la politique de recherche de l’Université). Il n’y a aucun organe ni d’instance pour contrôler le Comité d’Administration du PRES.
Mais ce n’est pas tout ! Désormais un établissement ou un organisme public ou privé concourant aux missions du service public de l’enseignement supérieur ou de la recherche pourrait délivrer un diplômes ! C’est à dire que n’importe quel organisme professionnel certificateur ou formateur pourraient donc délivrer des diplômes nationaux !
Nous voilà concrètement, par la loi, dans la délégation du service public au privé et la mise ne place de rentes décennales aux groupes de BTP !

Chantelot Pierre (PG)

 

A la course à la dévolution du patrimoine immobilier…!

Conséquence directe de la loi sur l’autonomie des universités votée en 2007, les universités qui le désirent, 9 sur 85 actuellement, peuvent désormais devenir propriétaires de leurs murs. L’université d’Auvergne, située dans le centre-ville de Clermont-Ferrand, a été la première à franchir le pas ce mardi matin, après la signature d’une convention sur la dévolution de son patrimoine, par Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Philippe Dulbecco, le président de l’université d’Auvergne Clermont-Ferrand 1 depuis juin 2007.
Philippe Dulbecco, professeur de sciences économiques et ancien président du PRES Clermont Université s’est toujours fait le chantre de la gestion managériale des universités. Déjà en 2007, il trouvait que la réforme des universités était encore trop timorée. Il aurait aimé aller encore plus loin, en instaurant une sélection pour les étudiants et des frais d’inscription plus élevés.
Cette fois ci, pour diversifier les sources de financement de son université, il est le 1er à se lancer dans la course à la dévolution du patrimoine immobilier. Car le fait d’être propriétaire en propre de ses bâtiments, permettra à l’université, au travers du PRES dont elle fait partie, de vendre ou de louer ces dits bâtiments pour, par exemple renflouer le budget de la masse salariale ou bien alors financer les secteurs de recherche jugés rentables. L’état n’aura plus son mot à dire.
En échange de la signature de cette convention, l’état, dans le cadre du contrat de plan État-région 2007-2013, s’engage à doter l’université d’Auvergne de 13 millions d’euros pour les divers travaux de mise en sécurité et d’accessibilité des locaux. L’université aura donc des locaux en parfait état qu’elle pourra rentabiliser aussitôt comme bon lui semble…
L’incitation financière pour les présidents d’universités tentés de franchir le pas est grande dans un 1er temps, mais une fois que l’université sera propriétaire de ses locaux, comment va-t-elle trouver le budget pour pouvoir les entretenir ou en acquérir d’autres ?
L’état s’étant totalement dégagé, et étant devenue autonome, elle devra se tourner forcément vers le secteur privé, source de capitaux, et donc ne développer que les thématiques de recherche jugées financièrement rentables par le secteur privé. Ainsi des pans entiers de recherche et d’enseignement supérieur seront abandonnés. De plus, les universités ont pour l’instant l’interdiction d’emprunter sur le marché bancaire (on a vu les conséquences récemment avec la dernière crise…), ce qui pourrait être un garde fou, peut se révéler être en fait plus dangereux : aliénation de la recherche publique par des capitaux privés…
Dans ces conditions, l’indépendance de la recherche publique n’est plus possible. Le service public doit être financer par l’argent public !

La bio de dulbecco : ça aide à mieux comprendre le pourquoi du comment….
http://www.educpros.fr/recherche-de-personnalites/fiche-personnalite/h/55cee69d7e/personalite/philippe-dulbecco.html

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Un changement historique du métier d’enseignant

Copie-de-logo-pg-membrefg-verticalDepuis plus de 15 ans, un changement sans précédent du métier d’enseignant est à l’œuvre. Il résulte des préconisations libérales qui n’ont de cesse de démanteler le système public d’éducation pour le livrer sans vergogne aux appétits privés. Les vœux du président-candidat Sarkozy à la communauté éducative du 5 janvier 2012 à Poitiers témoignent d’une accélération fulgurante. Le triptyque autorité, autonomie et flexibilité est convié à cet effet.

Comme pour l’université avec la LRU, l’autonomie serait donc la solution idéale permettant de résoudre les problèmes pour tous et partout. Si le système éducatif fonctionne mal, c’est qu’il n’est pas assez autonome. Mais l’autonomie ne doit pas être réduite qu’à sa seule dimension budgétaire. C’est un processus permettant certes la mise sous coupe financière mais aussi intellectuelle de la sphère éducative et l’accroissement des inégalités avec une école à plusieurs vitesses. Après l’université, au tour des autres cycles de l’éducation nationale d’être pris comme cible.

La restauration de l’autorité des maîtres dans l’école publique passe pour Nicolas Sarkozy par la copie du modèle de l’école privée où ce sont les équipes dirigeantes qui choisissent leurs enseignants. Cette autonomie n’est plus ni moins qu’un chantage pervers envers la communauté éducative : elle doit obéir, sinon c’est la porte. C’est là clairement un dévoiement pernicieux du mode managérial ouvrant la voie au règne des petits chefs.

Plusieurs universités sont passées sous la tutelle du rectorat après avoir vu leurs budgets en déficit. C’est la réalité de la LRU et de l’autonomie. Pour les collèges et les lycées, l’autonomie se traduira par des changements destructeurs sans précédent. Les plus riches établissements des centres-villes seront les gagnants de la mise en concurrence. Ils se développeront en attirant des enseignants qui accepteront toutes les conditions de travail : mise sous tutelle des pratiques et des contenus pédagogiques, modulations du service,  changement de la matière enseignée etc. Dans le même temps, lycées et collèges des secteurs populaires verront partir leurs enseignants et leur budget, prélude pour certains d’entre eux à leur fermeture.

L’autonomie financière va de pair avec le désengagement de l’État ; elle constitue une entreprise de destruction des libertés pédagogiques et de démantèlement des cadres réglementaires, en terme de recrutement ou de diplômes. Le but est clair : casser tous les cadres nationaux qui garantissent le maintien d’égalité et démanteler par la même occasion les statuts des personnels.

Les enseignants exercent un métier d’intellectuel se situant au cœur de la construction des processus d’apprentissage. L’exigence d’un master 2 pour enseigner aurait pu signifier une volonté d’élévation du niveau disciplinaire et de qualification. Or ce fut un marché de dupe ! La casse de la formation d’enseignants jetés, sans expérience, sur le terrain a mis un coup d’arrêt brutal aux rêves de nombreuses vocations !

Le développement de l’émancipation intellectuelle doit être le garant de la conception de cours en toute liberté pédagogique. C’est pourquoi les contenus des masters d’enseignement doivent être en prise directe avec la recherche universitaire, posséder un contenu disciplinaire fort et une formation contextualisée indispensable à la mise en pratique de savoirs théoriques. Mais c’est le contraire qui est visé : l’enseignant est progressivement amené, contre sa volonté, au rang de prestataire de service devant utiliser des mallettes pédagogiques toutes faites et vendues à prix d’or par des entreprises privées et l’avalanche des réformes au lycée conduisent au final à déstabiliser les équipes pédagogiques et à casser le moral des enseignants. C’est un véritable travail de sape pour dévaloriser le métier d’enseignant.

A travers ce bouleversement radical du métier d’enseignant et des missions dévolues à l’école de la République, c’est une nouvelle vision de la société que la droite veut promouvoir. Une société fondée sur le renoncement, la concurrence et la marchandisation, aux antipodes de notre volonté de mettre au plan de nos préoccupations l’égalité, l’émancipation et « l’humain d’abord ».

DASPE Francis, responsable commission éducation

CHANTELOT pierre, responsable commission enseignement supérieur et recherche

 

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Nouvelles du PRES : Le Museum d’histoire naturelle en danger

imgresAprès la vente des entreprises publiques au privé (qui n’a rien changé du tout, au contraire, à la débâcle des finances publiques), le pouvoir en place s’attaque au patrimoine avec une rapidité inouïe. Même aux heures les plus sombres de l’histoire, on n’avait pas envisagé un tel chaos.

Le Muséum d’Histoire Naturelle est une des victimes de cette politique stupide qui n’arrange rien dans le présent et ampute l’avenir.

Musée, mais aussi institution de recherche de renommée mondiale, reconnu universellement pour son expertise dans divers domaines scientifiques, le Muséum National d’Histoire Naturelle se voit aujourd’hui triplement menacé : difficultés pour poursuivre ses missions de conservation, de recherche et de pédagogie vis-à-vis du grand public à cause de l’insuffisance de moyens, spoliation de son patrimoine foncier, non renouvellement des équipes. Fondé par un décret de la Convention nationale en 1793 pour des missions d’enseignement, le Muséum national d’histoire naturelle est une institution bien connue du public et des touristes étrangers pour ses collections permanentes, notamment la Grande galerie de l’évolution et le zoo, et ses expositions. Le Jardin des plantes, fondé en 1635 est un lieu de promenade et de convivialité cher à tous. C’est le lieu historique de découvertes fondamentales (Buffon, Cuvier, Laplace…) notamment pour la théorie de l’évolution : c’est donc un lieu symbolique. Mais le Muséum est aussi en  charge de collections uniques et de nombreux spécimens en réserve, qui représentent environ cent fois ceux exposés, et constituent une mine d’informations pour les chercheurs sur la biodiversité mondiale, et son évolution depuis les débuts de la vie. 450 chercheurs travaillent au sein de cette institution de recherche de renommée mondiale, qui accueille en outre des étudiants en 2ème et 3ème cycles universitaires.

Pourtant de nombreux bâtiments du site sont aujourd’hui dans un état ne permettant pas l’accueil des visiteurs ou le travail des personnels, pas plus que la conservation des nombreuses collections en réserve.  Ainsi le bâtiment de paléontologie, construit sur un sous-sol instable, s’affaisse au risque de s’effondrer. En 2005, l’injection de mousse polyuréthane pour combler des fissures béantes a été largement insuffisante pour régler le problème et un arrêté préfectoral préconise la fermeture du bâtiment au public début 2010. En outre, les collections fragiles, aujourd’hui stockées au sous-sol de ce département, nécessiteraient un déménagement unique vers une réserve suffisamment protégée de l’humidité et des crues de la Seine.

Des chantiers ont été lancés dans les années 2000 pour tenter de répondre à ces problèmes et réduire la densité des services sur les sites du 5e arrondissement : Les collections du Musée de l’Homme devaient être rapatriées au Palais de Chaillot dès 2012. Le démarrage du chantier du Zoo de Vincennes est aujourd’hui remis en cause par un avis de la Commission consultative du Vieux Paris demandant le classement d’éléments architecturaux devant être détruits. Le chantier de rénovation des bâtiments de l’herbier a pris un retard considérable dès son démarrage. Tous ces projets sont aujourd’hui ralentis voire à l’arrêt faute de financements suffisants.

Dans ce contexte difficile, le rapport Larrouturou sur l’immobilier universitaire remis le 10 février 2010 prévoit, sans concertation avec les personnels, l’utilisation de terrains affectés au Muséum dans le 5e, entre les rues Buffon et Poliveau, sous prétexte de relocaliser une partie des activités de l’université Paris 3 (bibliothèque, bureaux et amphis). L’objectif serait la centralisation du campus de Paris 3, aujourd’hui dispersé sur 8 sites dont certains en banlieue parisienne. De plus, les activités du bâtiment de la rue de Censier, qui doit être désamianté, devraient être déplacées provisoirement sur le site du Muséum .D’autres solutions sont envisageables et plus commodes ; accueil sur le campus de Jussieu qui dispose pourtant de locaux lui ayant permis d’héberger Paris VI et Paris VII, accueil dans les bâtiments de l’Institut national d’agronomie tout proche qui doit déménager. Les personnels de Paris 3 s’inquiètent en outre du risque de vente du site de Censier car le désamiantage exigera la démolition du bâtiment et libèrera donc le terrain alors que les services auraient été opportunément relogés sur l’îlot Poliveau. Les personnels du Muséum s’inquiètent d’autant plus qu’ils ont vécu il y a peu la création du Musée du Quai Branly qui a abouti au démantèlement des collections du Musée de l’homme et que les menaces sur le Zoo de Vincennes les concernent également.

Ce projet prévoit la destruction de 9 800 m2 de surface aujourd’hui utilisée sous forme de bureaux et laboratoires par le Muséum et supprime tous les espaces encore constructibles de la zone. Certains de ces  bâtiments contiennent des éléments classés (charpente métallique de l’ancienne orangerie devenue réfectoire), d’autres viennent à peine d’être construits. Avant 2020, 7 000 m2 seulement seront alloués au Muséum sur les bâtiments construits. En outre, les 10 800 m2 du bâtiment où sera relogé Censier et qui devraient être à terme restitués au Muséum seront des bâtiments de cours inadaptés pour accueillir des  laboratoires et devront être réaménagés en 2020. Les compensations envisagées impliquent des travaux qui défigureront la roseraie pour mettre en place une réserve de 3 000 m2 seulement, là où Hervé Lelièvre, responsable scientifique de la collection de paléontologie estime que 25 000 m2 seraient nécessaires1. Aucune solution n’est donc apportée au problème urgent des collections de paléontologie. Pourtant l’espace nécessaire serait disponible sur le site du 5e arrondissement.

Le projet du Ministère, tel qu’il a été présenté sans la moindre concertation aux chercheurs et autres personnels travaillant actuellement sur le site, ne prend manifestement pas en compte les besoins spécifiques des laboratoires et du jardin. Aucune solution spécifique de locaux « tampons » n’est ainsi proposée pour les collections de géologie, l’atelier de taxidermie ou le laboratoire de chimie, alors que des garanties de sécurité, notamment un système efficace de ventilation, sont absolument nécessaires. Les coûts et implications des déménagements des collections, souvent fragiles (celles de paléontologie ne devraient être déplacées qu’une seule fois, vers leurs locaux définitifs), et du matériel lourd (appareils d’imagerie par exemple) n’ont pas été réellement étudiés. Plusieurs collections sont menacées de délocalisation en banlieue, alors que le maintien sur un site unique des départements de recherche et de leurs collections est indispensable au travail de haut niveau et de rayonnement international du Muséum. Il est prévu que la pépinière du jardin, aujourd’hui sur site, soit délocalisée à 22 km de là, dans l’arboretum de Chèvreloup (Yvelines), sans aucun chiffrage des coûts supplémentaires et des contraintes liées au transport des plantes et du personnel entre les deux sites.

Par ailleurs, le site est situé sur un sous-sol instable, miné de cavités (passage de la Bièvre notamment). La hauteur du bâtiment accueillant aujourd’hui les collections du Musée de l’Homme avait dû être limitée à deux étages au lieu de trois prévus, pour éviter son affaissement. À proximité, le projet de Paris 3 prévoit de construire un immeuble de six étages, sans prévoir de fondations adaptées. Outre la gêne que constituerait le vis-à-vis d’un bâtiment d’une telle hauteur pour les habitants des immeubles voisins, les conséquences d’un tel surpoids pour la stabilité les immeubles adjacents pourraient être dramatiques et n’ont pas été étudiées.

Le plan proposé, alors que les embauches de personnel sont elles aussi au point mort, est symptomatique du genre d’intérêt que porte le gouvernement à cette institution phare de la recherche sur la biodiversité et sa conservation. Comme l’explique Christian Milet, élu FSU au Conseil d’administration, en attribuant toutes les surfaces constructibles à Paris-3, ce projet signe l’abandon de toute ambition réelle pour le Muséum national.Il s’agit aussi d’une attaque en règle contre un patrimoine immobilier public convoité par les spéculateurs immobiliers (comme c’est le cas aussi pour l’Institut Agronomique, la Mutualité, l’Hôtel-Dieu et la Salpêtrière). Pourtant la préservation d’une telle institution publique de sensibilisation, de recherche et d’enseignement est indispensable dans une République consciente de ses responsabilités vis-à-vis des générations futures dans la préservation de l’environnement et de la biodiversité. Elle est un outil précieux d’éducation et de sensibilisation auprès des scolaires et du grand public. Cet héritage révolutionnaire ne peut être dilapidé au profit d’une vision à court terme qui s’accompagne de mesures d’affichage qui ne sont que du semblant.

Parti de Gauche 75 – Comité 5-6-7

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Hollande : Un programme stupéfiant !

La Commission Enseignement Supérieur Recherche (ESR) du Parti de Gauche est stupéfaite de la lecture du Programme de F. Hollande.

En retrait, en tout point, avec le Programme du PS, le moins qu’on puisse dire de l’engagement 39, concernant l’Enseignement Supérieur et la Recherche, c’est que pour le « Professeur » Hollande, l’élève Sarkozy a réussi son mandat.

Tout d’abord, c’est probablement la première fois, qu’un candidat de gauche à l’élection présidentielle, ne fait aucune allusion à la démocratisation de l’accès aux études supérieures. Pourtant, des études récentes ont montré un véritable recul. Même l’objectif contenu dans la Loi sur l’Ecole, fixant à 50% d’une classe d’age diplomée du supérieur, n’est pas cité. F. Hollande l’abandonne-t-il ou alors, comme pour le barême supérieur d’imposition, est-il en-deçà de la droite ?

On apprend ensuite que la LRU ne sera pas abrogée. Voilà un engagement qui donne un bon-point à Sarkozy et qui valide sa stratégie de mise en concurrence des Universités. Certes, « la gouvernance sera plus collective et démocratique » est-il dit, sans plus de précision, mais c’est là un bien piètre aménagement qui laissera quasi-intacte la gouvernance managériale, qui sied si bien à l’autonomie et à la concurrence  entre les établissements.

Promettant plus loin « d’accélérer la mise en oeuvre des Investissements d’Avenir », F. Hollande apporte encore plus d’eau au moulin de Sarkozy et une preuve supplémentaire que son combat contre la finance a fait pschittt. Car rappelons que les fonds en question proviennent d’intérêts de placements financiers.

Rien en revanche, sur le budget de l’ESR, alors qu’un grand nombre d’Universités sont en déficit, victimes du passe-passe budgétaire de Sarkozy. Aucune trace de la proposition du PS de porter l’effort à 3% du PIB, ou de la mise en oeuvre d’un plan pluri-annuel d’emplois. Out ! les crédits récurents pour la Recherche.

Il y a bien ici ou là un peu de picotin à glaner, concernant l’allocation d’étude, l’encadrement des stages ou l’abrogation de « la circulaire Guéant », mais c’est bien le moins qu’on puisse attendre ! C’est aussi et surtout, une occasion saisie pour rester silencieux sur les frais d’inscription que Terra Nova propose d’augmenter.

En consacrant dans son programme pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche, la rigueur, la LRU et les Investissements d’Avenir, F. Hollande sacrifie « le changement, maintenant » dans les labos et les amphis et valide le choix de la « politique d’excellence » qui porte en germe les coups les plus sévères contre l’unité du système français d’enseignement supérieur et de recherche.

La commission Enseignement Supérieure et Récherche : http://esr.lepartidegauche.fr/

Focus sur l'équipe inquiétante en charge du volet éducation de François HOLLANDE.

Il s’agit d’Alain CLAEYS, maire de Poitiers pour l’enseignement supérieur et le député Jean-Yves LE DÉAUT pour la recherche.

Alors même si Alain CLAYES s’est fait le chantre de la performance à tout crin dans l’université, F. Hollande s’est entouré de « plus fort » encore…

Car dans son équipe, figure aussi Lionel COLLET, ancien président de la CPU de 2008 à fin 2010, qui a pensé toute la loi LRU. On se souvient que ses propositions à l’époque allaient même au-delà de la loi Pécresse actuellement en vigueur.

Rappelons en outre que Lionel COLLET estime que le noyau dur de cette loi, fondée sur la déconcentration de la gestion des universités, doit être préservé. Et même s’il est ouvert à des évolutions du modèle de gouvernance des établissements, il propose néanmoins  que chaque président d’université ne soit en charge que de l’administration de celle-ci…donc un super gestionnaire administratif avec des objectifs de performance. Il fera donc « bonne équipe » avec A. CLAEYS.

Enfin, pour finir le tableau, L. Collet aimerait bien pouvoir rapidement augmenter les frais d’inscription :« on nous donne l’autonomie des dépenses mais pas celle des recettes, notamment sur les frais d’inscription ». Avec de telles lames, le programme que le candidat Hollande concocte, sera bien plus proche des propositions du Club Terra Nova qui refusait l’abrogation de la LRU et qui conseillait une augmentation très sensible des frais d’inscription afin de participer au financement des universités que de ce qu’attendent les étudiants et la jeunesse.

A ce propos, le texte de l’accord entre le PS et EELV en proposant seulement «des Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche… organisées afin de réexaminer la loi LRU et de trouver les voies pour mieux garantir l’indépendance de la recherche », est en très net recul et s’apprête à renoncer à une rupture avec les réformes de Sarkozy à l’Université…

L’équipe du candidat socialiste n’est pas un bon signal envoyé à la communauté universitaire qui s’était mobilisée sans précédent dès 2007 contre le projet de loi LRU et d’une rupture brutale et franche avec l’ensemble des valeurs portées par la Gauche. Le fait que B. Monthubert qui a soutenu A. Montebourg en soit écarté est symptomatique!

Le projet socialiste porte au travers des personnes qui l’incarne des éléments forts et clivants avec notre propre vision de ce que doit être l’enseignement supérieur et la recherche comme service public.

Le parti de Gauche garantira son soutien sans faille à l’Enseignement Supérieur et de la Recherche par la mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement de fonctionnaires et de financement gommant les inégalités entre établissements et permettant une réelle liberté de recherche et pédagogique.

Chantelot Pierre et Perdereau Patrice

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Contractuels du supérieur : la fin du statut ?

Copie-de-logo-pg-membrefg-verticalUne fois de plus, le ministère de l'Enseignement Supérieur et la Recherche ne perd pas une occasion pour pousser plus loin sa logique de la précarisation et la casse du statut de fonctionnaire.

Issu d’un texte très peu modifié par rapport aux propositions du gouvernement, qui faisaient suite au protocole d'accord signé le 31 mars 2011 par plusieurs organisations syndicales, le projet de loi relatif à l'accès à l'emploi titulaire et à l'amélioration des conditions d'emploi des agents contractuels de la fonction publique a été débattu au sénat en 1ère lecture le 25 janvier, pour être ensuite envoyé à l’assemblée. Mais le ministère de l’ESR a court-circuité le dialogue social, le parlement et la procédure législative en lançant une circulaire sur la mise en œuvre de ce projet dès le 12 janvier dernier.

L’effet annoncé, à grand renfort de communication, du dispositif était la transformation en CDI de 12,5 % des 891 000 CDD officiellement reconnus dans la fonction publique. Mais tout compte fait seulement 5,6 % seraient titularisés ! De plus la circulaire préconise aux établissements, par souci d'économie, d'envisager les titularisations dans l'optique de postes qui auraient été pourvu dans le cadre des campagnes annuelles. Aucun poste ne sera donc crée pour les 50 000 précaires du supérieur. Cynisme poussé à son comble, des organismes et des établissements d’enseignement supérieur procèdent depuis l’accord du 31 mars 2011 à des dégraissages inacceptables d’ayant droits potentiels en ne renouvelant pas de nombreux contrats.

Avec ce projet de loi ANT, ce serait plus de 100 000 CDI qui vont apparaître dans la fonction publique. Cette loi n'est pas vraiment un plan de résorption de la précarité mais plutôt un plan de conversion de l'emploi public en emploi contractuel avec toutes ses dérives que la Parti de Gauche dénonce : disparition du statut, individualisation du traitement, dérive des pratiques locales, attribution des primes aux personnels et recrutement à la discrétion du président d’université.

Contrairement au secteur « privé » où la situation du salarié dépend d’un contrat, les agents des administrations de l’État, des collectivités territoriales et du secteur sanitaire et social public ne sont pas régis par le Code du travail et des conventions collectives. Le fonctionnaire est dit dans une situation statutaire, c’est à dire que ses conditions de recrutement, de travail et de rémunération sont définies dans le cadre d’un "statut général".

Comme la fonction publique n’est régit par aucune convention collective, la rédaction du CDI par l’employeur commence par une feuille vierge. Aucune protection sociale préalable n’est exigée par la loi en faveur du salarié comme pour l’employeur. Seul le rapport de force, le contrat donc, entre les 2 parties est la règle.

C'est un changement fondamental qui met à bas le statut de fonctionnaire. Lié à la RGPP, le recrutement d'agents contractuels, casse le contrat social liant la société à ses fonctionnaires. Ces deniers, devenu des contractuels, ne seront plus protégés par leur statut et seront donc soumis aux pressions. Cela va à l’encontre des valeurs prônées par le PG pour qui le statut est le garant de la liberté fondamentale du chercheur et de la liberté pédagogique de l’enseignant. C'est l'ensemble des professions représentées dans la communauté universitaire qui est concernée par la précarisation - enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, biatoss et personnels actuellement non titulaires. C 'est ensemble qu'ils pourront imposer une autre politique.

Le Parti de Gauche exige la modification, par un dialogue social respectueux de tous les intervenants, de la loi votée mardi 14 février à l’assemblée nationale à fin de permettre la titularisation de tous les précaires. Le Parti de Gauche exige la protection dans l’emploi sur des fonctions pérennes des contractuels pour lesquels il n’existe ni concours, ni poste.

Communiqué de la Commission Enseign. Supérieur & Recherche du Parti de Gauche : http://esr.lepartidegauche.fr/

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Démission d’un quart du jury de l’agrégation externe de mathématiques : les effets de la masterisation

Le système éducatif français est en crise, la situation est grave.

La crise apparaît d'abord dans l'asphyxie des moyens. Les fermetures de classes se succèdent à un rythme accéléré dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Les universités n’arrivent pas à accueillir décemment les étudiants ; elles sont précipitées dans une course effrénée aux financements. Il y a une baisse alarmante des effectifs dans les études scientifiques ainsi que dans les filières professionnelles. Les mesures indignes prises récemment à l'encontre des étudiants étrangers aggravent encore la situation. Élèves, étudiants, parents, chefs d'entreprises, enseignants, tous perdent peu à peu confiance dans notre système de formation.

Un signe alarmant est la désaffection croissante des étudiants pour le métier de professeur. Amorcé au début des années 2000, le phénomène a connu en 2011 une accélération brutale, effet immédiat de l'entrée en vigueur de la réforme de la formation et du recrutement (connue sous le nom de « masterisation »). Par exemple, au CAPES externe de mathématiques, où il y avait 846 postes ouverts en 2010 et 950 en 2011, le nombre de candidats présents aux épreuves écrites est passé de 2695 en 2010 à 1285 en 2011 (-53%), le nombre d'admissibles de 1919 à 1047 (-46%), le nombre d'admis de 846 à 574. Ainsi, l'effondrement du nombre de candidats a été tel que le jury n'a pu pourvoir en 2011 que 60% des postes offerts. De tels chiffres se passent de commentaire. Sans être encore aussi catastrophique, la situation de l'agrégation n'en est pas moins alarmante : le nombre de candidats présents à l'écrit a régulièrement baissé depuis 2006 (ils étaient 1853 en 2006 et 1124 en 2011), alors qu'en même temps le nombre de postes augmentait. Les effectifs des préparations au CAPES ou à l'agrégation restent cette année à un niveau très bas. Pourtant le besoin en professeurs est énorme. Les rectorats en sont à publier des petites annonces pour rechercher les professeurs de mathématiques qui leur manquent. On recrute ainsi dans l'urgence des personnels précaires, non qualifiés et sans formation profession- nelle. Les zones « difficiles » sont les premières touchées, ce qui va à l’encontre de l'égalité des chances et compromet la vie des générations à venir.

Pour une très grande part, la crise de l’école provient des déséquilibres de la société et de l’économie, dans le monde comme en France, entraînant une perte de confiance et des difficultés d’adaptation. Ceci devrait être une raison de plus pour faire de l'école une priorité, un devoir pour la nation afin de mieux préparer l’avenir.

Pour améliorer l’école il faut reconnaître ses problèmes. Notre système éducatif a certainement ses faiblesses, qu’il faut corriger. Cependant il a aussi des forces considérables, qu'il faut absolument préserver. L'une d'elles, reconnue dans le monde entier, était sa capacité de formation et de recrutement des enseignants, garantissant de très solides bases scientifiques et humanistes. Or dans sa frénésie de réformes, le ministère de l’éducation nationale est en train de détruire sciemment cette capacité. Nous ne pouvons pas rester passifs devant cette entreprise de démolition.

Nous rendons public ce texte le 13 février 2012. Les jurys étant constitués pour chaque session, notre « démission » est en fait un refus de participer au jury pour la session 2012.

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La masterisation a été imposée sans aucune concertation, contre l'avis quasi unanime de la communauté éducative (cf. le récent rapport Jolion2). L'exigence du diplôme de master pour tous les concours d’enseignants a détourné un grand nombre de candidats potentiels. Beaucoup des meilleurs étudiants, pour lesquels la deuxième année de master est une ouverture naturelle vers la recherche, ont déserté les préparations à l'agrégation. D'un autre côté, des étudiants moins brillants ont reculé devant la difficulté supplémentaire que représentait le master. Le flux, modeste mais régulier, et bénéfique, de candidats venus d'autres secteurs d'activité professionnelle pour une reconversion a été stoppé net.

L'un des aspects les plus graves de la réforme en cours est l'attribution d'un service d'enseignement à temps plein aux lauréats, juste après le concours. Cette mesure n'a aucune autre justification que l'exigence d'économies budgétaires. Elle a d'ailleurs été désapprouvée par le Conseil d'État3. La formation professionnelle est ainsi sacrifiée. Une réforme aurait dû avant tout motiver les étudiants et les mettre dans les meilleures conditions de préparation. C'est exactement le contraire qui s'est produit.

La masterisation a déjà changé le visage de l’agrégation, en diminuant fortement le nombre des candidats. Or ce concours est un des points les plus forts de notre système. Son intérêt principal est de garantir un recrutement de qualité indiscutable. Le stage qui suivait l’admission complétait la formation professionnelle. Les conditions nouvelles d’inscription ont changé la donne, là où il n’y avait aucune nécessité.

Une conséquence de la suppression de l'année de formation professionnelle après le concours a été l’introduction de l’épreuve « agir en fonctionnaire de l'état et de façon éthique et responsable », censée tester la déontologie et les qualités humaines du candidat en un quart d’heure lors de l’oral, plutôt qu’au cours d'une année d'apprentissage sur le terrain. Le jury de l'agrégation de mathématiques, pratiquement unanime, avait lors de la session 2010 indiqué dans une motion rendue publique son opposition à l'instauration de cette nouvelle épreuve dans ces conditions. Plusieurs jurys d'autres disciplines en avaient fait autant. La moitié du jury de l’agrégation de philosophie avait même démissionné pour protester contre l’absurdité de l’épreuve « agir ». Le ministère n'a même pas daigné répondre à ces critiques. Au contraire, il s'est ingénié à dénaturer encore plus le concours en y introduisant des contraintes nouvelles (certification en informatique et en langues, à un niveau clairement irréaliste), toujours sans concertation et sans préparation.

À ces contraintes s'est ajoutée une complication supplémentaire : le ministère a imposé à tous les jurys un calendrier extrêmement serré qui, pour les concours à gros effectifs comme celui de mathématiques, a transformé la session d'oral 2011 en un marathon très difficile à gérer. Annoncé comme exceptionnel par le ministère, ce resserrement du calendrier a été accepté par notre jury, soucieux de préserver l'agrégation, de permettre aux candidats de faire valoir leur travail de préparation, et d'assurer aussi bien qu'il le pouvait le recrutement de professeurs pour pourvoir les 288 postes mis au concours en 2011.

Mais les membres du jury ont en même temps voulu renvoyer à leur tutelle un message d'alerte exprimant leur inquiétude quant à la détérioration du concours et plus généralement des conditions de formation et de recrutement des professeurs. Cette démarche n'était pas destinée à être rendue publique, mais un nouveau diktat ministériel concernant la session 2012 a mis le feu aux poudres : le calendrier, loin de redevenir normal, allait être encore plus resserré ; le jury disposait de moins de temps

2. http://smf.emath.fr/files/text_like_files/rapportjolion.pdf
3. http://arianeinternet.conseil-etat.fr/arianeinternet/getdoc.asp?id=192811&fonds=DCE&item=2

alors que vingt postes de plus étaient à pourvoir. La seule façon d'organiser le concours en respectant les délais imposés et sans porter atteinte à l'équité des épreuves pour tous les candidats serait de diminuer le nombre d'admissibles : prendre une telle décision pour des raisons purement administratives est pour nous inacceptable.

Une lettre circonstanciée, signée par une grande majorité des membres du jury 2011, fut adressée au ministre, détaillant nos inquiétudes sur le fond, et lui demandant surtout de revoir les dates d’oral (nous suggérions par exemple de moduler celles-ci suivant les effectifs de chaque concours). Le mécontentement était tel que les signataires faisaient part de leur intention de ne pas siéger en 2012 s'ils n'obtenaient pas de réponse. Il y eut certes une réponse, mais indirecte et accablante : adressée au président du jury, elle le chargeait en quelque sorte de calmer ses troupes, maintenait les contraintes absurdes du calendrier et ne disait pas un mot des questions de fond.

Aussi, trente d'entre nous, soit plus d'un quart du jury 2011, ont décidé qu'il n'était plus possible d'assister passivement à la destruction de notre système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste.

Le mépris avec lequel la DGRH et le ministère ont traité leur personnel à cette occasion va bien avec le fond et la forme des réformes récentes. C’est contre tout cela que les démissionnaires protestent aujourd’hui.

La protestation de membres d'un jury d'agrégation peut apparaître comme dérisoire au regard de la crise que traverse la société, en particulier du chômage qui frappe 25% des jeunes. À ceux qui voient dans notre démarche une réaction élitiste, émanant de quelques privilégiés, nous disons que la formation de la jeunesse est la question clé aujourd’hui, et que nous refusons la destruction en cours des outils de cette formation. Quelle chance a-t-on d’entrevoir la sortie de la crise si on renonce à donner une formation de qualité aux futurs citoyens ?

Or les conséquences des réformes actuelles sont déjà visibles : on enverra dans les classes de jeunes professeurs moins motivés, moins bien formés scientifiquement, sans ou presque sans formation pédagogique ni professionnelle. Un gâchis patent, pour ces professeurs autant que pour leurs élèves.

Le système d'éducation français a longtemps été un modèle. Il est urgent qu'il le redevienne. Nos universités devraient attirer des étudiants du monde entier. C'est particulièrement vrai en mathématiques, où l'école française est une des meilleures du monde. Mais ne nous y trompons pas, l'élite ne peut pas reposer sur du vide. Nos médailles Fields ne sont pas une rente éternelle. La dégradation générale aura inévitablement des répercussions sur l'ensemble du tissu scientifique, et en particulier sur notre recherche de pointe.

Il est urgent de redonner au métier d'enseignant l'éclat qu'il a perdu. N'attendons pas qu'il soit trop tard. En défendant un outil de formation et de recrutement efficace, c'est à l'avenir de tous les jeunes que nous pensons.

Liste des trente démissionnaires*

Dominique Barbolosi

Professeur, université d'Aix-Marseille

Daniel Bennequin

Professeur, université Paris Diderot

Laurent Bernis

Professeur de classes préparatoires, lycée Kerichen, Brest

Franck Boyer

Professeur, université d'Aix-Marseille

  • *  Olivier Brinon

    Maître de conférences, université Paris-Nord

    Marie-Line Chabanol

    Maître de conférences, université Bordeaux 1

    René Cori

    Maître de conférences, université Paris Diderot

    Hubert Correia

    Professeur de classes préparatoires, lycée Michel Montaigne, Bordeaux

  • *  Clément De Seguins Pazzis

    Professeur de classes préparatoires, lycée Sainte-Geneviève, Versailles

    Sandrine Dozias

    Professeur de classes préparatoires, lycée Descartes, Tours

  • *  Denis Favennec

    Professeur de classes préparatoires, lycée Michel Montaigne, Bordeaux

    Jean-Christophe Feauveau

    Professeur de classes préparatoires, lycée de Bellevue, Toulouse

    Françoise Fontanez

    Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur

    Jean-Claude Fort

    Professeur, université Paris Descartes

    Serge Francinou

    Professeur de classes préparatoires, lycée Charlemagne, Paris

    Isabelle Gaudron

    Maître de conférences, université Paris-Nord

    Hervé Gaussier

    Professeur, université Joseph Fourier, Grenoble

    Stéphane Gonnord

    Professeur de classes préparatoires, lycée du Parc, Lyon

    Thierry Klein

    Professeur, université Joseph Fourier, Grenoble

    Bernard Loiseau

    Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur

    Edith Méthou

    Professeur de classes préparatoires, lycée Victor Hugo, Besançon

    Nicolas Meunier

    Maître de conférences, université Paris Descartes

    Rached Mneimné

    Maître de conférences, université Paris Diderot

    Sylvie Monniaux

    Maître de conférences, université d'Aix-Marseille

    Bertrand Philibert

    Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur

    Simon Riche

    Chargé de recherche, CNRS, Clermont-Ferrand

    Antoine Rousseau

    Chargé de recherche, INRIA, Montpellier

    Monique Teillaud

    Directrice de recherche, INRIA, Sophia Antipolis

    Emmanuel Thomé

    Chargé de recherche, INRIA, Lorraine

    Jacques-Arthur Weil

    Maître de conférences, université de Limoges

 

* Les 3 collègues signalés par un astérisque ont cependant accepté de corriger l'écrit. 

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