14 mars 2012 | Auteur Quentin Brarda

Social. Le climat ne risque pas de s’améliorer dans les bureaux du ministère de l’Éducation nationale. Alors que les enseignants se mobilisent contre les suppressions de postes et les heures supplémentaires prévues pour la rentrée prochaine, les étudiants en Master 2 d’enseignement ont, eux aussi, des raisons d’être en colère.

A Etiolles (91), Cergy-Pontoise (95) ou Gennevilliers (92), des étudiants s’élèvent contre deux certifications imposées par le ministère dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants. Ainsi, tous les étudiants doivent valider une certification de langue vivante, le CLES2, et une certification informatique, le C2i2e, en plus de leur Master. Un passage obligatoire et une charge supplémentaire pour tous les étudiants aspirant à devenir enseignant, que ce soit en maths, en histoire ou en sport, dans le premier ou le second degré. Pour Jean-Baptiste Reynes, étudiant en Master 2 enseignement histoire-géographie à l’université de Cergy-Pontoise (UCP), « on peut légitimement douter de la pertinence d’une évaluation demandant à un futur professeur de maths ou d’EPS d’organiser une situation pédagogique liant les Tice à l’art », comme le demande une des consignes du C2i2e qui nous a été transmise.

En plus de son contenu pour le moins douteux, cette certification souffrirait d’un manque cruel d’organisation. Des groupes d’une dizaine d’étudiants issus de différents sites universitaires sont supervisés par des tuteurs via un chat. Tuteurs qui se sont révélés à plusieurs reprises moins compétents que leurs étudiants. Mais ce qui a poussé à bout ces futurs enseignants, c’est avant tout un problème flagrant de calendrier. La validation de cette certification informatique a débuté le 20 février dernier, à la veille des partiels, des rendus de mémoire, des stages ou encore des oraux des différents concours. « L’ampleur du travail attendu, couplée à une totale absence d’organisation, a suscité chez bon nombre d’étudiants un sentiment de révolte et de frustration », explique Jean-Baptiste Reynes qui est également représentant des étudiants du M2 de l’UCP. Cerise sur le gâteau, l’Éducation nationale fait payer cette certification qui est obligatoire. Si l’université de Cergy-Pontoise propose une première tentative gratuite, l’étudiant devra débourser plus de deux cents euros en cas d’échec pour pouvoir repasser cette certification. Un candidat libre (hors cadre universitaire) devra, lui, verser quatre cents euros.

Une situation qui a donc entraîné un élan de mobilisation dans le milieu étudiant. Un boycott du C2i2e est envisagé. Une pétition circule également demandant la révision complète des modalités de cette certification et qu’elle soit gratuite pour tous les étudiants. Un moratoire de cinq ans, le temps d’un cursus universitaire complet, a été demandé à l’initiative des syndicats FSU, tant que les conditions nécessaires à ces enseignements ne seront pas remplies par l’ensemble des universités. Le 28 mars, une délégation sera reçue par le recteur de l’académie de Versailles.