Les formateurs de français, des sites IUFM de Bar-le-Duc, Épinal, Nancy et Metz. réunis lundi 27 mai et jeudi 6 juin 2013 autour de la maquette, se sont heurtés à la difficulté d'honorer les demandes actuelles, relatives à la rédaction des fiches UE :

- La plupart des disciplines enseignées sont désormais reléguées au rang d'options, remettant en cause le caractère polyvalent et pluridisciplinaire de la formation.
- Les espaces non affectés à une discipline, susceptibles d'être investis entre autres par le français (par exemple 720, 820 et 1020.1) sont d'ores et déjà le lieu d'une concurrence entre plusieurs disciplines qui jouent leur survie au sein de cette maquette.
- Du fait de la réduction drastique des horaires, il nous est impossible d'assurer l'aspect transversal de l'étude de la langue.
- Enfin, il nous semble totalement impossible de traiter dans les heures prévues l'ensemble des domaines du français qui figurent dans les programmes et dans les différents cycles ; les points essentiels à traiter sont nombreux : le langage à l'école maternelle, l'apprentissage de la lecture, l'étude de la langue au cycle 3, la production d'écrit, la didactique de l'oral... et, comme toutes les autres disciplines, nous ne pourrons pas traiter dans l'horaire prévu tout ce qu'un futur enseignant doit maitriser.
Ces problèmes de décompte horaire sont le révélateur de l'inadéquation de ce master à une véritable formation de Professeur des Ecoles polyvalent.


La place du concours en fin de première année, la nécessité de concilier ce master avec la volonté nationale de préparer de futurs enseignants polyvalents et donc la lourdeur des tâches qui attendent les étudiants (UE, préparation de l'oral et de l'écrit du concours, stages de deuxième année, mémoire...)  ne permettront pas un travail serein.
Les enseignants qui ont participé depuis des mois  à la construction de la maquette ont réalisé un travail considérable mais le cadre contraint, laspécificité du master du premier degré et l'extrême urgence dans laquelle ils ont dû travailler leur ont rendu la tâche insurmontable.
À l'heure où la refondation de l'école est portée par un enjeu politique national affiché depuis des mois, il est impératif de rappeler l'importance des enjeux d'une vraie formation en français des futurs professeurs des écoles, la complexité des compétences, savoirs et savoir-faire qu'il convient de construire chez eux et la variété des présupposés théoriques et didactiques qu'il faut prendre en compte. Ainsi, nous constatons chaque année que les bases théoriques ne sont pas suffisamment maitrisées par nos étudiants en début de master et la maquette actuelle permettra encore moins que précédemment de combler ces manques. C'est la problématique du travail en licence qui est ainsi posée ; la construction des contenus de notre master dépend aussi de ces anticipations en licence mais nous n'en connaissons pour l'instant rien. Nous avons bien conscience que vu l'urgence dans laquelle cette réforme se met en place, tout ne peut pas être fait immédiatement dans le cadre des licences, mais c'est précisément aussi pour cette raison que nous affirmons la nécessité de prendre du temps et de différer la construction définitive des contenus.

Si la formation initiale ne peut tout faire, elle permet cependant la construction des premiers savoirs et des formes de travail fondamentaux. Elle nécessite pour cela de la cohérence, de la précision, du temps.

Les enseignants de français des sites IUFM de Bar-le-Duc, Épinal, Nancy et Metz.