Le SNPREES‐F.O., comme les autres syndicats de l’Enseignement Supérieur et les Sociétés Savantes concernées, a reçu d’universitaires de Lyon II, Lyon III et St‐Etienne responsables de la maquette du Master « Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation » (MEEF) en histoire‐géographie (académie de Lyon) leurs « remarques annexes » à cette maquette.
Ces « remarques annexes » signées par les trois responsables du « parcours » et par 48 autres universitaires impliqués confirment totalement l’appréciation du SNPREES‐FO sur la « masterisation » des concours d’enseignement : c’est « mission impossible » que de rédiger une maquette avec comme objectif tout à la fois de dispenser des cours disciplinaires, de délivrer une formation à la recherche, en didactique, en pédagogie, de préparer au CAPES tout en donnant aux futurs enseignants une formation professionnelle. Il n’y aura ni enseignement de qualité, ni réelle préparation à la Recherche de qualité, ni formation professionnelle de qualité.
Les universitaires sont habilités et compétents pour délivrer un enseignement de haut niveau et pour former à la recherche par la recherche. Ils sont compétents pour rédiger des maquettes de diplômes de qualité habilités par le CNESER. Le « cahier des charges » des masters MEEF aboutit à leur demander de créer des diplômes baptisés « masters » qui ne peuvent pas réunir ces conditions, malgré toute leur bonne volonté. Seul le ministère est responsable de cette situation.

La masterisation, initiée par M. Chatel, Mme Pécresse, M. Wauquiez, confirmée et amplifiée par Madame Fioraso et M. Peillon, devrait désormais se dérouler dans le cadre de la « territorialisation » de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche prévue par la loi actuellement discutée au Parlement :
• une trentaine de maquettes différentes, dans autant de « territoires »
(académies/régions)
• des moyens différents d’un établissement à l’autre, autonomie oblige
• des ESPE accréditées pour titulariser les fonctionnaires par la délivrance de M2 n’ayant
pas les mêmes contenus
• la formation de « reçus‐collés » futurs précaires
• des suppressions de postes et de moyens dans les ex‐IUFM
• L’accueil en M2 MEEF de contractuels admissibles payés 854 € bruts par mois en 2013‐ 2014, le recul de la rémunération des fonctionnaires stagiaires à partir de 2014 (‐ 316 € nets par mois, avec une rémunération à peine supérieure de 150 € au minimum de la fonction publique !), c’est à terme la régionalisation du CAPES, la fin du caractère national  du concours, et une brèche ouverte dans le statut de fonctionnaire d’Etat des enseignants.

Dans le même temps, les préparations à l’agrégation seront du seul ressort des Universités, avec les moyens qu’elles voudront (ou pourront) y consacrer… ou pas ! C’est la mise en extinction de l’agrégation.

Cette déqualification de la formation des enseignants aura pour conséquence une dégradation de la transmission des connaissances dans l’enseignement primaire et secondaire, qui devraient se limiter à délivrer un « socle de connaissances ».

Le SNPREES‐FO rappelle en conséquence ses revendications :
• abandon de la « masterisation » de la formation des enseignants
• maintien de Masters disciplinaires formant à la recherche par la recherche ;
• maintien du statut de la fonction publique d’Etat, de la rémunération et du statut
particulier des professeurs certifiés titulaires du CAPES, lié aux disciplines.

Avec la Fédération des Fonctionnaires FO, il revendique le maintien du recrutement type de la
Fonction Publique :
• formation initiale disciplinaire dans l’Education Nationale et dans l’Enseignement Supérieur, sanctionnée par des diplômes
• concours de recrutements de fonctionnaires organisés par les différents ministères
• formation complémentaires et formation professionnelle des stagiaires fonctionnaires d’Etat organisées par les Ministères dans leurs écoles, puis titularisation par les Ministères à la fin du stage.

Les universitaires de Lyon entendent faire part « à tous » de leurs remarques. Le SNPREES‐FO transmet donc leur courrier à ceux qui, comme eux, sont confrontés à la rédaction des maquettes des maîtrises MEEF.

Pour sa part, le SNPREES‐FO saisit à nouveau la ministre de l’ensemble des problèmes soulevés par les universitaires lyonnais.