« La remontée des dossiers [d'accréditation des Espé] que j'ai pu examiner lundi a permis de déterminer trois groupes d'universités, très minoritaires, dans lequel le travail mérite à ce stade d'être profondément revu car nos exigences ne sont pas aujourd'hui au rendez-vous », déclare jeudi 20 juin 2013 Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, au Sénat. Interrogé par AEF vendredi matin, le MEN n'a pas donné la liste des universités concernées (1). Le ministre précise qu'il présentera tous les dossiers d'accréditation des Espé « le 1er juillet à Lyon ». « Les remontées que nous avons […] nous laissent des craintes [sur] les contenus pédagogiques, les intervenants, les moyens », déclare la sénatrice Marie-Christine Blandin (Nord, groupe écologiste) qui a interrogé jeudi le ministre sur le sujet. Vincent Peillon assure que les ministères ont été « vigilants sur ces trois points » dans l'examen des dossiers.

Lors des questions au gouvernement jeudi au Sénat, l'écologiste Marie-Christine Blandin affirme que « les contenus des maquettes de masters Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation présentés dans les différentes académies interrogent sur la place effective de l'enseignement professionnel pratique » qui sera délivré dans les Espé. « La double tutelle ne saurait donner priorité à la seule approche disciplinaire aux dépens de la nécessaire mise en situation, suivie d'analyse », estime la sénatrice. Le ministre de l'Éducation nationale assure que les autorités ont « veillé à ce que les maquettes pour les masters respectent [certaines] exigences »  et que les écoles délivreront une « formation professionnalisante nécessaire au travail des enseignants ». 

DES INTERROGATIONS SUR LES INTERVENANTS ET LES CONTENUS PÉDAGOGIQUES

Le ministre précise que les intervenants dans les Espé seront des « universitaires mais aussi les praticiens de terrain et ceux qui œuvrent dans certaines associations, en particulier les associations péri-éducatives ». « Les formateurs qui gardent une activité d'enseignement au primaire ou dans le secondaire semblent pour l'instant écartés au profit des universitaires et des professeurs d'IUFM à temps plein », estime pour sa part Marie-Christine Blandin. « Nous veillons à ce qu'il y ait des moyens et j'ai donné ordre aux recteurs que parmi les milliers de postes que nous créons -plus de 6 000 à la rentrée- certains soient précisément affectés pour la décharge des professeurs », répond le ministre. 

Concernant les contenus pédagogiques, le ministre indique qu'il a demandé « aux inspections générales de se mobiliser pour que, là ou il y a des défauts de compétences, les inspecteurs puissent » intervenir. La sénatrice l'a notamment interpellé sur des cadres de contenus énoncés dans la loi d'orientation et de programmation de l'école mais qui s'avèrent « absents à ce jour dans les maquettes », comme par exemple l'élaboration des parcours artistique et culturelle, la pédagogie coopérative ou l'usage du numérique.

(1) Selon un bilan réalisé en avril sur les projets d'Espé, sept académies (Bordeaux, Corse, Lille, Lyon, Nantes, Toulouse, Versailles) semblaient rencontrer des difficultés, d'après les avis des MEN et MESR