Monsieur Le Vice-Chancelier, 

Monsieur le Président de Sorbonne Université,

Monsieur le Doyen de la Faculté des Lettres,

Monsieur le Président du Conseil d'École de l’ÉSPÉ de l’académie de Paris, 

Monsieur le Directeur de l’ÉSPÉ de Paris,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’École, chers Collègues,

Nous tenons à porter à votre connaissance les faits suivants:
1. L’amphi du site des Batignolles a été de nouveau occupé ce matin et cet après-midi par des étudiants et personnels mobilisés contre la loi ORE. 
2. Des vigiles que nous n’avions jamais vus (qui ne sont pas les personnes qui assurent la sécurité de l’établissement dans le cadre de Vigipirate) se sont retrouvés à de multiples reprises devant l’établissement, sur le boulevard des Batignolles (et non dedans). Ils ont contrôlé au moyen de feuilles nominatives d’émargement (constituées comment? fournies par qui ?) les étudiants qui n’étaient pas détenteurs d’une carte de l’ÉSPÉ -  lesquelles feuilles d’émargement n’ont manifestement d'ailleurs pas servi à grand chose (cf. 1).
3. Ces vigiles nous ont dit être employés par la société SPG https://www.societe.com/societe/societe-de-protection-et-gardiennage-397429762.html, enregistrée  au 28, avenue du 19 mars 1962 78370 Plaisir (l’adresse donnée par la personne qui s’est présentée comme le « responsable » a été (pour être exact) «  28 avenue du 19 mars 1956 » ). 
3. Lesdits vigiles ont été dans l’incapacité de nous montrer quelques « instructions «  écrites que ce soit, susceptibles de cadrer à nos yeux - comme aux leurs - la nature, le périmètre (et donc la légalité) de  leur intervention, ce qui engage, nous semble-t-il en dehors de la responsabilité propre de la société qui les emploie, celle de l’autorité institutionnelle qui a fait appel à ladite société (pour quelles prestations ?, avec quel contrat ?, après quel appel d’offres ?)
4. Les personnels administratifs en charge du site sont dans la même incapacité de produire quelques consignes écrites que ce soit, alors qu’ils endossent des responsabilités dont ils sont les premiers à ne pas savoir exactement s’il leur revient effectivement de les exercer au vu du statut qui est le leur. Ce qui non seulement les met professionnellement en porte à faux mais aussi les menace directement, si un incident sérieux engageant les personnes ou les biens venait à survenir. Les « instructions » sont orales - quand il y en a…, ce qui ne saurait suffire dans une situation inédite à plus d’un titre.
Nous demandons avec la plus grande insistance, au cas où ces procédures de « délocalisation » des partiels (sur lesquelles nous nous prononcerons sur le fond en tant que syndicats dans un courrier prochain) devaient être poursuivies:
a. que des messages écrits, cosignés par Monsieur le Président de Sorbonne Université, Monsieur le Doyen de la Faculté des Lettres, Monsieur le Directeur de l’ÉSPÉ, soient adressés à l’ensemble des personnels Biatss et enseignants, qui explicitent, dans le détail nécessaire à une institution publique, ce qui est demandé aux vigiles (et donc délimite ce qu’ils sont autorisés à faire),
b. et précisent, pour les personnels relevant de l’ÉSPÉ, les consignes qui président à l’exercice cadré de leurs missions dans la situation très particulière que nous connaissons. 
Plusieurs des étudiants et/ou stagiaires de l’ÉSPÉ, qui ont suivi des études de droit (certains ont été avocats ou le sont encore), ont été extrêmement surpris de voir des vigiles procéder à des « contrôles » d’identité. Certains ont proposé, de façon assez argumentée, d’appeler… la police -  ou d’aller déposer une main courante au commissariat du 17ème arrondissement.
Il nous semble pour le moins étonnant que, dans une institution qui forme de futurs fonctionnaires, qui ont à répondre à des questions relevant de la  législation et du Code de l’Éducation dans les épreuves des concours qu’ils passent, la question des cadres réglementaires soit traitée avec une telle désinvolture.
Nous tenons par ailleurs à rappeler la conformation de nos locaux et invitons l’ensemble des personnes qui ont pouvoir de décision à venir mesurer les risques que le moindre engorgement du premier sas (après la porte d’entrée) et/ou de la courette qui précède le hall d’entrée et/ou des 2 couloirs qui débouchent directement sur la cour de récréation des élèves de l’école Boursault ( la cour des élèves se situe à 10 mètres de la porte d’entrée du site de l’ÉSPÉ) pourrait faire courir à l’ensemble des présents sur les lieux.
Nous vous remercions de votre attention et vous prions d’agréer l’expression de notre considération.
Pour les élus FSU et CGT au CE