Monsieur Le Vice-Chancelier, 

Monsieur le Président de Sorbonne Université,

Monsieur le Doyen de la Faculté des Lettres,

Monsieur le Président du Conseil d'École de l’ÉSPÉ de l’académie de Paris, 

Monsieur le Directeur de l’ÉSPÉ de Paris,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’École, chers Collègues,

 

Nous voudrions, à travers ce courrier, poser quelques questions que la situation que nous avons à connaître inspire afin de pouvoir exposer à nos mandants les réponses qu’ils nous réclament. 
1. La Faculté des Lettres voit, depuis un temps conséquent maintenant, des sites fermés et/ou des cours préventivement suspendus, ce dont avertit la Direction générale des Lettres.
 
Le premier message que nous ayons reçu à l’ÉSPÉ sur les fermetures date du 3 avril, le dernier du 11 mai. 
Quand un motif est invoqué, c’est à travers un énigmatique « pour des raisons de sécurité », sans qu’il soit jamais dit en quoi les conditions de sécurité ne se trouvent plus réunies à tel ou tel endroit (sur quels éléments de constat ?  établis par qui? consignés dans quel rapport ?)
Nous demandons que l’ensemble de la communauté ait accès à ces pièces, si elles existent, et que Monsieur le Recteur, Chancelier des Universités, qui assure un contrôle, a posteriori sur les établissements et peut faire appel des décisions prises,  veuille bien les examiner. 
2. Le 18 mai, Monsieur le Directeur de l’ÉSPÉ (cf. mail plus bas) prenait, en accord avec Monsieur le Doyen de la Faculté des Lettres, dans un  courrier adressé aux personnels [et sans en avertir (sauf erreur de notre part) les étudiants et stagiaires], la décision de fermer les sites des Batignolles et de Boursault.
Dans l’après-midi même une affichette (sans tampon de l’établissement, sans signature et sans la date de la prise de décision) se trouvait apposée sur la porte du seul site (sauf erreur de notre part) des Batignolles.
Nous passons ici naturellement sur la nature de cette partie de la réponse de la Direction de l’ÉSPÉ au courrier et à l’entrevue intersyndicaux des représentants CFDT, CGT, FO, FSU de l’ÉSPÉ de Paris pour nous concentrer sur le caractère administrativement douteux de la communication par la seule voie de l'affichage anonyme. 
Aujourd’hui 22 mai, la police était présente devant le site des Batignolles, qui était donc administrativement… fermé. 
Nous imaginons que les fonctionnaires de police ont été reconnaissants aux camarades Biatss qui leur ont appris la « nouvelle » de cette fermeture.
La police était également présente à l’intérieur de Molitor dès potron-minet (et dûment photographiée par le Comité de mobilisation). 
Monsieur le Directeur n’était, semble-t-il, pas au courant de cette présence, dont il assure qu’il ne l’a pas demandée, ni n’a été averti qu’elle l’avait été.
Après discussion avec le Comité de mobilisation, les policiers, incapables de produire quelque document que ce soit (ni demande de Monsieur le Président, ni accord de la préfecture de police) sont (gentiment) sortis du parc (pour mémoire: L'article L712-2 du Code de l'Education dispose que le président d'Université «est responsable du maintien de l'ordre et peut faire appel à la force publique». Les forces de l'ordre peuvent donc intervenir dans les universités, à la demande de leurs présidents, avec accord de la préfecture.)
Nous demandons à Monsieur le Recteur de bien vouloir intervenir pour rappeler à chacun les règles de droit.
3. Sur la tenue des examens: nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer sur le fond à ce sujet dans un courrier précédent. 
Nous nous étonnons de recevoir le courrier de Monsieur le Doyen de la Faculté des Lettres (que vous trouverez plus bas; un exemple de convocation reçu par des étudiants sous forme de capture d’écran est à suivre dans un prochain mail), où, de nouveau, passer un examen est présenté comme l’alpha et l’oméga de l’évaluation et la seule façon d’assurer la « valeur réelle » (sic) du diplôme: aucune sociologie ne semble susceptible d’entamer ce credo, dont acte. 
C’est cependant oublier un peu vite la sortie de crise qu’a connue Paris IV en 2009 - chacun à l'ÉSPÉ se souvient de l’intelligence dont avait fait preuve à l’époque l’équipe du Président Molinié http://www.fabula.org/actualites/deces-de-georges-molinie_63409.php . 
Pour la mémoire courte: etiamsi omnes, nos non
Devrait-on considérer que partout ailleurs, où d’autres voies ont été choisies, à Lyon 2, par exemple ou plus près de nous, à Paris 3, les présidents se signaleraient  par une incurie et/ou une impéritie coupables?  
Si l’on peut ainsi s’accorder intellectuellement pour convenir qu’une autre administration est possible, qu’on veuille bien nous faire savoir clairement - si tel doit être le cas - que les différences de traitement que l’ "autonomie" des universités induit ici (comme ailleurs) sont et seront mises en oeuvre à Sorbonne Université selon la pente du moins-disant dans le dialogue social, et qu’on nous demande désormais de consentir, y compris dans le domaine pédagogique, au principe autocratique généralisé du cujus regio, ejus religio… 
On se doute que ce n’est pas là la conception de l’Université que nous portons.
Nous vous remercions de votre attention et vous prions d’agréer l’expression de notre considération. 
Pour les élus FSU et CGT au CE de l’ÉSPÉ,