Après quelques minutes d'incertitude où M. Geffray ne pointait pas le bout de son nez, nous avons finalement pris place pour entendre son discours et ses réponses à nos questions.
Pour faire court : langue de bois sur toute la ligne, sans surprise.
En plus détaillé : 
1/ les collègues qui étaient venus au rassemblement ont demandé à participer au débat. M. Geffray n'est pas idiot, il a laissé la direction de l'ESPE et Mme Carrara - présidente du Conseil - se débrouiller. Qui a refusé tout net que les collègues puissent s'exprimer (comme quoi il a bien fait). Ils ont quand même pu assister aux débats, ils pourront donc compléter ce compte-rendu s'ils le souhaitent.
Mais du coup, on a quand même obtenu que M. Geffray revienne pour une AG des personnels prochainement.
2/ je ne résiste pas à quelques commentaires sur la forme : c'est du Macron pur sucre, c'est impressionnant ! Avec toutes les tournures de phrase un peu familières qui vont bien (on n'est pas loin du "non mais les enfants c'est pas open bar là !"), on se croirait dans le grand débat national. A mourir de rire, si c'était pas aussi triste sur le fond.
3/ M. Geffray nous a déroulé l'esprit de la réforme dans son ensemble :
- le ministère fait dans le social, il lance une campagne des prépro avec les AED qui sont rémunérés pour entrer dans le métier (de quoi se plaint-on ?? Quand on voit ces pauvres étudiants salariés, ben là on les aide). C'est très clair, les L2 observeront, les L3 seront en pratique accompagnée et les M1 en responsabilité. 
- sur la formation initiale, deux invariants : l'universitarisation et la masterisation. Volonté d'harmoniser tout ce bazar, car toutes les ESPE ne dispensent pas la même formation. Or l'employeur a quand même son mot à dire sur la formation, c'est normal. Mais attention, le ministère produit un cadrage national, les maquettes c'est pas ses oignons (euh, donc il veut harmoniser mais en fait non. J'ai du mal à saisir en quoi cette réforme harmonisera quoi que ce soit, il y avait déjà un cadrage national, mais bon).
- sur la place du concours, c'est normal que ça vienne après puisque D'ABORD on réfléchit à comment on veut former et APRES on voit où on colle le concours. Et sinon on en parle demain en réunion syndicats-ministère, donc on dit rien aujourd'hui parce que ça être repris, amplifié et déformé (oui, les syndicats ont cette sale habitude, c'est connu). D'ailleurs il s'épanche beaucoup sur les rumeurs fausses qui circulent : non il en veut pas mettre des L2 devant élèves, non les AED ne seront pas payés 200€, non cette réforme ne permet pas de supprimer 25.000 postes en 1 an... Bref, on raconte n'importe quoi. 
Parmi les questions posées :
Q: qui va tutorer les AED 1er degré ? R: hum, bonne question à laquelle je n'ai pas de réponse. Je note.
Q: vous balancez les textes par petits bouts, mais en fait la cohérence est claire : AED pendant 3-4 ans de contrat, donc le concours sera à la fin du M2, faites pas semblant. Quand vous nous dites que tout n'est pas ficelé d'avance, vous mentez. R: meuh non tous les textes sont envoyés en même temps. Et puis la place du concours, j'ai déjà dit que ce sera discuté demain, c'est pas maintenant (et il prend l'air peiné qu'on le traite de menteur, bien sûr).
Q: votre projet laisse entendre que tout le monde doit faire la même chose partout sur le territoire, mais c'est inepte. Cette prétendue égalité de traitement envers les étudiants/stagiaires n'existe pas, on le sait très bien (pour les AED notamment, ça sera différent entre ceux qui seront dans un établissement qui fonctionne bien, avec un bon tuteur, et les autres). R: ben c'est déjà le cas pour les M2 et personne ne se plaint. Donc je ne vois pas le problème.
Q: au vu du référentiel proposé, il y a changement sur le volume d'heures assurées par les formateurs à temps plein et sur la répartition entre les différentes disciplines pour le 1er degré. On demande une assurance écrite sur le maintien des postes de formateurs en sept 2019 et en sept 2020. R: ne vous inquiétez pas, tout ira bien. Il n'est pas question de supprimer des postes.
Q: un des objectifs de la réforme est quand même bien de supprimer 25.000 postes sur 1 an. R: mais jamais de la vie !!!
Q: le 1er et le 2nd degré seront alignés ? R: actuellement on travaille en ce sens (NB : là je craque et j'insiste : mais c'est quand même un projet qui a circulé, il est donc abandonné ? R: où avez-vous entendu ça, on n'a jamais travaillé là-dessus ?!)