IUFM de créteil : bilan et enjeux de la masterisation
Les enseignants qui seront recrutés en septembre prochain auront-ils été bien formés ?
Master « métiers de l’enseignement du 1er degré » :
Au terme de la première année de mise en œuvre de la réforme de la formation des enseignants dans le cadre de masters, un premier bilan s’impose.
Impliqués à divers titres dans la formation des enseignants dans l’académie de Créteil en tant que formateurs à l’IUFM, conseillers pédagogiques, maîtres formateurs ou étudiants inscrits en 1ère et 2ème année du master « métiers de l’enseignement » à l’IUFM de Créteil et acteurs fortement investis dans la lutte contre cette réforme, les auteurs de cette tribune en dénoncent les effets désastreux qu’ils ont pu constater jour après jour depuis la rentrée scolaire.
La situation post-concours a été largement évoquée par les média. L’opinion publique a ainsi pu apprendre que les jeunes enseignants recrutés cette année se sont retrouvés sans véritable formation face aux élèves, que leur souffrance s’est traduite par de nombreuses démissions ou des arrêts maladie, que des milliers d’élèves ont fait les frais de cette politique et que ce sont les enfants qui n’ont pas pu trouver une compensation au sein de leur famille qui en payeront le plus les conséquences.
En revanche, les média ont peu abordé la situation pré-concours c’est-à-dire les problèmes posés par la préparation des futurs enseignants dans le cadre de la réforme dite de masterisation.
Au préalable il faut rappeler que le master ou les parcours « métiers de l’enseignement » proposés depuis septembre par la plupart des universités ne sont pas obligatoires pour devenir enseignant, qu’il s’agisse du premier ou du second degré. Il suffit d’être titulaire de n’importe quel master et de réussir le concours pour se retrouver en charge d’une classe dès la rentrée suivante sans formation professionnelle à la clé.
Pour autant, le cursus consistant à suivre un master étiqueté « Métiers de l’éducation et de l’enseignement » ne prépare pas non plus correctement au métier d’enseignant.
L’argument principal du ministère est de prétendre que cette formation remplace avantageusement la précédente puisque, pour se présenter au concours, il faut désormais justifier d’un master (contre une licence précédemment).
Or, une année après l’entrée en vigueur de la réforme, on s’aperçoit que ce qui était à craindre est advenu : il s’agit d’une vue de l’esprit qui ne résiste pas à l’épreuve du réel. Cette année a montré l’échec de cette prétention à satisfaire des visées inconciliables.
En effet, ces deux années de master doivent concilier des logiques incompatibles : préparer un master (dont la réussite exige d’avoir mené à bien une recherche, obtenu les différentes unités d’enseignement auxquelles s’ajoutent un certificat de langue étrangère de haut niveau, un certificat en informatique, un brevet de natation et un autre de secourisme), préparer un concours et se professionnaliser.
Deux ans avec un triple objectif alors que chacun des objectifs suppose à lui seul un engagement total et exclusif :
Jusqu’à l’an dernier
· les étudiants qui se destinaient à la recherche s’y consacraient deux années à plein temps (c’est encore le cas pour les autres masters)
· Ceux qui préparaient le concours s’adonnaient à sa seule préparation pendant un an minimum
· Ceux qui avaient réussi le concours étaient fonctionnaires stagiaires rétribués et se professionnalisaient dans les IUFM pendant un an (autrefois pendant trois ans puis deux). Le passage par les I.U.F.M. de tous les nouveaux recrutés offrait aussi un cadre national à la formation des enseignants.
Désormais, même si le contenu des masters « métiers de l’enseignement » varie d’une université à l’autre, les deux années de masters sont employées à poursuivre ces trois objectifs à la fois.
Dans l’esprit de leurs concepteurs, les masters comportent trois dimensions qui doivent s’épauler l’une l’autre (la conduite d’une recherche est censée enrichir les futures pratiques professionnelles et nourrir la préparation du concours tout comme les stages en milieu scolaire).
Or, il en est tout autrement
Cette formation ne permet pas une mise en relation progressive et réfléchie des divers apports, mais elle entraine une dispersion des énergies des étudiants comme des formateurs sur trois pôles différents
· un faux master-recherche : dans la mesure où les conditions de la recherche (temps, terrain, séminaires, etc.) ne sont pas réunies.
· Une préparation insuffisante à un concours : le volume horaire qui serait nécessaire à une bonne préparation est rogné par les heures consacrées aux stages, aux séminaires de recherche et à toutes les autres composantes du master.
· Une parodie de professionnalisation : les moments où les étudiants prennent des classes en responsabilité ne peuvent être qualifiés de stages. Le temps de leur préparation et de suivi est insuffisant, le retour critique n’est pas prévu, la qualité de l’enseignement dispensé par les étudiants n’est pas évalué. Ces moments ne préparent pas au métier d’enseignant et en donnent une approche faussée. Ces périodes permettent d’utiliser les étudiants comme moyens de remplacement pour compléter le service des directeurs partiellement déchargés ou remplacer des titulaires en formation continue.
Dans pareil système, les étudiants n’ont ni la possibilité ni la préoccupation d’améliorer leur enseignement. Ils cherchent juste à valider leur master en se conformant à des exercices formels.
En outre, le traitement accordé aux disciplines enseignées à l’école varie en fonction de leur place (ou leur absence) au concours de recrutement. Seuls les mathématiques et le français présents aux épreuves d’admission bénéficient d’une pseudo préparation à la didactique (les étudiants doivent se préparer à présenter une séance devant un jury … dont les professeurs de la discipline ont été écartés). Pour l’histoire, la géographie, l’instruction civique et morale, les langues vivantes, l’EPS, les sciences expérimentales, la technologie, les pratiques artistiques, l’histoire des arts et les techniques de l’information et de la communication, il n’existe aucun cours préparant sérieusement les futurs professeurs des écoles à leur enseignement.
Nous constatons et dénonçons un émiettement de la formation, une perte d’efficience, de sens et de cohérence.
Les conséquences en sont dramatiques : les étudiants sont écartelés parce qu’ils ne peuvent se donner aucun objectif prioritaire. Ils ont le sentiment de travailler de façon superficielle et en sont insatisfaits ; ils ne parviennent pas à mettre en relation les composantes de leur formation, ils vivent une situation de tension psychique et d’incertitude très angoissante, d’autant qu’on leur demande de se former pour un métier qu’ils n’exerceront peut-être jamais, s’ils n’obtiennent pas le concours ou à défaut comme de simples vacataires ou contractuels dans des conditions précaires. A cela s’ajoute que nombre d’entre eux doivent être salariés afin de financer leurs études.
Nous dénonçons donc une maltraitance produite par ces nouvelles conditions de formation.
Un des effets majeurs de la réforme est donc de sacrifier toute la dimension professionnelle de la formation.
Or, le métier d’enseignant ne peut s’apprendre sur le tas.
Mais il ne peut non plus s’apprendre sérieusement en un an lorsqu’on est engagé dans des études visant à réussir en même temps un examen et un concours.
Les pseudo-masters en alternance annoncés par le ministère de l’Education nationale ne sont pas non plus une solution : ils consistent en réalité en un succédané de formation, un effet d’affichage et un moyen pour le ministère d’avoir des étudiants remplaçants bon marché pour compenser les postes qu’il supprime massivement.
Les débuts de la professionnalisation supposent un temps de formation long et une implication totale ; c’est pourquoi il est impératif de rétablir au plus vite une véritable stagiarisation après le concours, à l’instar de celle qui existe pour les autres corps de la fonction publique (magistrature, police etc.).
Un recrutement des enseignants sur concours au niveau licence suivi d’une formation rémunérée en deux ans avec statut de fonctionnaire stagiaire serait la garantie d’une formation de qualité, accessible aux étudiants issus de milieux modestes. Cette formation en 6 ans (3 années de licence + 1 année de préparation concours + 2 années de master) après le bac pourrait donner lieu à l’attribution d’un master.
On l’aura compris, la réforme de la formation des enseignants n’a pas été motivée par une recherche d’amélioration de l’existant. Il importe de rappeler et de dénoncer les vrais mobiles et les finalités réelles de cette réforme :
· Une finalité économique : l’Etat en supprimant toute décharge de service durant l’année de stage et en affectant directement les lauréats fait des économies considérables en moyens humains puisqu’il dispose d’un volant appréciable de remplaçants, se dispense de créer de nouveaux postes et de rétribuer des formateurs.
· Une finalité politique : à terme il s’agit de réduire, voire de supprimer la fonction publique d’Etat d’enseignement en faisant disparaître les concours - dont le nombre de postes diminue chaque année- et en s’alignant sur le modèle de plusieurs autres pays de l’UE. Pour la première fois en France existeront dès la prochaine rentrée des titulaires d’un diplôme d’enseignant indépendamment de la réussite d’un concours. Se met ainsi en place un mode de recrutement des enseignants contractuels et précaires parallèle à celui sur concours en vigueur aujourd’hui et créant les conditions de sa disparition. Le rapport adopté le 29 juin 2011 par la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la formation des enseignants a confirmé la réalité de ce projet. La longueur des études et la multiplication des exigences pour devenir enseignant fonctionnaire dissuadent les étudiants, et en particulier les plus modestes, de suivre la voie des concours.
· Une finalité idéologique : en perdant leur statut de fonctionnaire et la sécurité de l’emploi, les enseignants risquent de perdre très rapidement leur liberté pédagogique. Recrutés sur profil en fonction des projets d’établissement, eux-mêmes subordonnés aux impératifs des bassins d’emploi et des politiques régionales, les enseignants seront mis à la botte de pouvoirs locaux dont dépendra la reconduction de leur contrat. La volonté de faire disparaître les IUFM est un autre aspect idéologique de la réforme de la formation des enseignants. Le gouvernement veut en finir avec ces instituts où s’élabore et se diffuse une pensée critique sur les pratiques d’enseignement, s’appuyant sur les acquis de la recherche et non sur les injonctions ministérielles.
Gageons qu’il n’est pas trop tard pour maintenir une éducation nationale ainsi que la qualité de la formation de ses acteurs, garante de celle de l’enseignement dispensé aux élèves, nos concitoyens de demain, qui font les frais actuellement des mesures gouvernementales.
Geneviève Guilpain (Sud Education), Daniel Djament (SNESup), Didier Frydman (CGT Educ’Action), Nathalie Pfaff (élue SNESup au conseil de l’IUFM), Pierre Sauve (Sud Education), Michel Solonel (élu SNESup au conseil de l’IUFM).
Ce texte est soutenu par l’Intersyndicale de l’I.U.F.M. de l’académie de Créteil, Université Paris-Est Créteil : Sud Education, SNESup, CGT Educ’Action.
Des conseillers pédagogiques et maîtres formateurs exerçant dans l’académie de Créteil et des étudiants inscrits en 1ère et 2ème année du master « métiers de l’enseignement du 1er degré » de l’U.P.E.C ont participé à sa rédaction.
Le rapport qui contredit Luc Chatel
Publié dans Médiapart le 10 septrembre 2010, par Louise Fessard
Le rapport est ici http://bit.ly/9kMrBU (PDF 5 Mo).
Mediapart publie un rapport interne, destiné au ministre de l'éducation
nationale, Luc Chatel, sur la rentrée scolaire 2010. Ce rapport de l'inspection
générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche
(IGAENR), daté de juillet, montre que le tableau rose dépeint par Luc Chatel
lors de sa conférence de presse du 30 août, où il avait réussi à ne pas citer
une seule fois les 16.000 suppressions de poste de la rentrée, était, pour
rester poli, un pur exercice de communication.
Les retours des correspondants académiques synthétisés par trois inspecteurs
généraux de l'IGAENR révèlent des administrations locales aux abois, dont les
crédits de fonctionnement ne suffiront même pas à finir l'année 2010. Si la
rentrée est «techniquement réussie» grâce «au savoir-faire technique des
rectorats et des inspecteurs d'académie», les inspecteurs généraux tirent la
sonnette d'alarme face à des restrictions budgétaires «qui vont créer des
tensions et préparent assez peu l'avenir».
L'école primaire s'en tire plutôt bien, du fait d'un surprenant recrutement
excessif d'enseignants par rapport au nombre de postes à pourvoir (8000
enseignants en surnombre, le gouvernement avait surestimé le nombre de départs
en retraite). Seule ombre au tableau: les fermetures de classes ont provoqué
«dans beaucoup d'académies» des «frictions importantes» et une forte opposition
des élus locaux.
Mais c'est au niveau du second degré où «une hausse démographique est attendue
dans les collèges et lycées professionnels» que les choses se corsent. Les
auteurs du rapport saluent le tour de force des recteurs qui «devaient
accueillir 25.000 élèves en plus avec l'équivalent de trois ou quatre mille
emplois en moins». Des prévisions d'effectif que le ministère de l'éducation
s'était bien gardé de publier jusqu'ici.
Pour respecter la promesse de Luc Chatel de ne pas diminuer le taux
d'encadrement des secondes générales, l'année de la mise en œuvre de la réforme
du lycée, les recteurs ont préservé les lycées... et taillé dans les collèges et
postes de remplacement. «Certaines académies ont dégradé le taux d'encadrement
des collèges», signale le rapport.
Les économies de bout de chandelle sur le dos des remplaçants laissent
«sceptiques» les inspecteurs généraux «alors que la situation est déjà difficile
suite aux centaines de suppressions d'emplois l'an dernier sur ce même poste
(remplacement, ndlr), que la réforme du recrutement va nettement accroître les
besoins de remplacement pour compenser les absences de professeurs stagiaires en
formation (...), tandis que le ministre insiste sur la nécessaire amélioration
du remplacement l'an prochain».
«Quelque chose n'est pas cohérent dans ce schéma d'ensemble», concluent-ils.
Rabotage de la formation
Le recrutement au coup par coup d'enseignants non titulaires par les rectorats,
solution prônée par Luc Chatel, atteint lui aussi ses limites. Les étudiants et
jeunes retraités visés ne se bousculent pas au portillon pour pourvoir des
postes «pas attractifs (...): zones rurales, établissements difficiles, petit
nombre d'heures faiblement rémunérées», relève le rapport. A Paris, «des
courriers adressés tant aux étudiants de M2 qu'aux néo-retraités ont remporté un
succès qu'on peut qualifier de modéré: quelques réponses chez les étudiants, une
seule chez les retraités», raconte un correspondant académique.
Plus inquiétant, le rapport révèle que les crédits de fonctionnement seront
«insuffisants pour terminer l'année civile». «Le cri d'alarme est général dans
les académies», relèvent les inspecteurs. En conséquence, «les autorités
académiques s'apprêtent à annuler de nombreux stages en formation continue faute
de pouvoir payer les déplacements et les formateurs».
La formation initiale des profs débutants étant désormais laissée à la charge
des académies, les inspecteurs craignent que les «disparités» des dispositifs
mis en place d'une académie et d'un département à l'autre ne soient «source de
recours pour rupture d'égalité de la part de candidats non titularisés et qui
auraient bénéficié de conditions “moins favorables”». Dans le cadre des 216
heures de formation fixées nationalement, le compagnonnage du tuteur peut ainsi
varier selon les académies de 36 à 108 heures, et les regroupements de
formations théoriques de 60 à 160 heures.
Quant aux efforts d'animation et de mutualisation des bonnes pratiques,
appréciés par les académies car moins coûteux que de vraies formations menées
par des experts, «on ne peut méconnaître qu'(ils) ont parfois débouché sur la
contemplation du vide», sabrent les inspecteurs généraux.
Malaise dans les inspections académiques
«Pour la première fois, le principal message d'alerte des correspondants
académiques (...) concerne les personnels administratifs, plus particulièrement
les cadres, et plus nettement dans les services départementaux», s'alarment
également les auteurs. «Ampleur des réformes à mettre en place», «notion
d'urgence omniprésente», «succession d'enquêtes à retourner au plus vite»,
«surcharge de travail» à la suite de suppressions de poste: le malaise est tel
que «certains personnels demandent leur mutation».
Ainsi le correspondant académique de Bordeaux craint «une fuite des cadres vers
les universités et les collectivités locales». Un autre rapporte que «les
suppressions de poste commencent à peser sur la capacité d'agir de l'inspection
académique comme assurer les permanences pendant les vacances scolaires, assurer
un fonctionnement continu du standard».
Réagissant sur ce document qui a commencé à circuler hier dans les milieux
éducatifs, Frédérique Rolet, co-secrétaire général du Snes, regrette que «le
ministre n'ait pas entendu nos alertes, y compris pour prendre des mesures de
prévision, car le rapport conforte notre analyse sur les disparités dans la
formation des maîtres, les problèmes de remplacement, la remontée démographique,
la réforme du lycée professionnel, etc.».
Le parti communiste pour sa part demande au ministre de l'éducation nationale la
publication officielle de ce rapport pour «que cesse la pratique instaurée par
Darcos de mise sous l’éteignoir des outils de réflexion sur le système
éducatif». «Si, au sommet de la hiérarchie, les inspecteurs généraux tirent la
sonnette d’alarme sur la rentrée 2010 et sur le manque de vision d’avenir,
constat qui converge avec les dénonciations des syndicats, des jeunes et des
parents d’élèves, c’est que l’heure est grave», note le communiqué du PCF.
Quand le Conseil d'Etat suspend 5 décrets du ministre de l'éducation nationale
- Sur SLU
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3904
Pour lire ce texte sur le site du Conseil d'Etat
lire l'ordonnance n° s 340165, 340167, 340169, 340171, 340173
Dans le cadre d'une procédure provisoire de référé-suspension, le juge des référés du Conseil d'Etat a suspendu l'exécution de cinq arrêtés organisant la session 2011 des concours du CAPES, du CAPET, du CAPEPS, du CAPLP, ainsi que des concours de recrutement de conseillers principaux d'éducation et de professeurs des écoles. Il a estimé que le moyen tiré d'un vice de procédure, lié à l'absence d'avis conforme du ministre chargé de la fonction publique sur ces arrêtés, était de nature à justifier la suspension. Cette suspension ne devrait toutefois pas avoir d'incidence pour les candidats, le ministre de l'éducation nationale ayant entretemps recueilli l'avis nécessaire et pouvant reprendre des arrêtés similaires sans encourir le même vice de procédure.
Le ministre de l'éducation nationale a pris, le 5 mai 2010, cinq arrêtés permettant l'ouverture et l'organisation des concours de recrutement de professeurs certifiés stagiaires en vue de l'obtention du certificat d'aptitude au professorat du second degré (CAPES), au professorat de l'enseignement technique (CAPET), au professorat d'éducation physique et sportive (CAPEPS), au professorat de lycée professionnel (CAPLP) ainsi que les concours de recrutement de professeurs des écoles et de conseillers principaux d'éducation. Ces arrêtés, qui organisent la session de 2011 de ces concours, sont les premiers à être pris dans le cadre de la réforme dite de « masterisation ». Ils ont été contestés par plusieurs associations et syndicats, qui en ont demandé, en urgence, la suspension au juge des référés du Conseil d'Etat.
Dans ce cadre, le juge statue de manière provisoire. Il ne procède à la suspension de l'acte contesté, sans attendre le jugement de la requête au fond, qu'à une double condition : s'il existe à la fois un doute sérieux sur sa légalité et une situation d'urgence.
Les requérants soulevaient notamment que ces arrêtés n'avaient pas été précédés de l'avis conforme du ministre chargé de la fonction publique. Ce dernier doit en effet obligatoirement être consulté et donner un avis favorable à l'ouverture de ces concours. Cet avis est réputé acquis en l'absence de réponse expresse dans un délai de quatre jours suivant la demande d'avis. Or, il ne ressortait pas du dossier que l'avis du ministre de la fonction publique avait été recueilli. Dans ces conditions, le juge des référés a considéré qu'il y avait un doute sérieux sur la légalité des arrêtés. La condition d'urgence était par ailleurs remplie, les dates de clôture des inscriptions et de début des épreuves d'admissibilité étant imminentes. Par conséquent, le juge des référés a prononcé la suspension qui lui était demandée.
Cette ordonnance de suspension ne devrait toutefois pas avoir d'impact pour les candidats à ces concours : le ministre de la fonction publique avait en effet fait parvenir un avis conforme au ministre de l'éducation nationale le lendemain de la signature des arrêtés contestés. Le ministre de l'éducation nationale a donc la possibilité de reprendre très rapidement des arrêtés au vu de cet avis conforme et prévoyant que les candidats déjà inscrits n'auront pas à renouveler les démarches en vue de leur inscription.
Juge des référés du Conseil d'Etat, 2 juillet 2010, n° s 340165, 340167, 340169, 340171, 340173
- Dépêche publiée sur le site VousNousIls le 2 juillet 2010:
"Concours enseignants : suspension de 5 arrêtés, sans incidence sur les candidats"
Cinq arrêtés organisant la session 2011 de plusieurs concours enseignants, dont ceux de professeurs des écoles et du Capes (collège, lycée) ont été suspendus par le Conseil d'Etat, pour vice de procédure, mais cela n'a pas d'incidence pour les candidats inscrits, a annoncé ce dernier vendredi.
Dans le cadre de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, le ministère de l'Education nationale avait pris, le 5 mai, 5 arrêtés permettant l'ouverture et l'organisation de ces concours pour l'année 2011.
Le juge des référés, auprès duquel l'association Sauvons l'Université, la fédération de parents d'élèves FCPE et Sud Education avaient déposé des requêtes en annulation, a jugé qu'il y avait un "vice de procédure, a expliqué le Conseil d'Etat dans un communiqué.
Ce vice de procédure est "lié à l'absence d'avis conforme du ministre chargé de la fonction publique sur ces arrêtés", a-t-il ajouté.
"Le juge des référés a considéré qu'il y avait un doute sérieux sur la légalité des arrêtés", selon lui.
"Cette ordonnance de suspension ne devrait toutefois pas avoir d'impact pour les candidats à ces concours : le ministre de la fonction publique avait en effet fait parvenir un avis conforme au ministre de l'Education nationale le lendemain de la signature des arrêtés contestés", selon le Conseil d'Etat.
"Les candidats inscrits n'auront pas à renouveler les démarches en vue de leur inscription", précise-t-il.
Selon lui, le ministre de l'Education nationale "a la possibilité de reprendre très rapidement des arrêtés".
L'Etat devra toutefois verser 1.000 euros à chacune des trois organisations, selon l'ordonnance.
Les concours concernés sont ceux de professeur des écoles, de professeur certifié dans le second degré (Capes), dans l'enseignement technique (Capet), dans l'enseignement professionnel (CAPLP), de professeur d'éducation physique et sportive (CAPEPS) et de conseiller principal d'éducation (CPE).
Mastérisation : le calendrier fantôme
Par Pascale Dubus, maître de conférences en Histoire de l'art à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Qui s'intéresse au "nouveau calendrier des concours" doit se demander dans quels textes on trouve mention du report de l'admissibilité à septembre, novembre, et janvier. Le 28 décembre 2009, l'article 2 de l'arrêté de la réforme des concours publié au Journal officiel du 6 janvier 2010 stipule en effet : "La date d'ouverture des sessions, les modalités d'inscription, les centres dans lesquels les épreuves sont subies ainsi que la répartition des places entre les sections sont fixés par arrêté du ministre chargé de l'éducation. Les candidats sont tenus de s'inscrire dans les conditions et les délais fixés par ces arrêtés".
Outre les documents préparatoires de 2009 qui envisagent plusieurs solutions, dont l'admissibilité en début de M2, il existe un projet présenté aux syndicats le 13 novembre 2009 dans lequel les calendriers sont incorporés (voir pièce jointe). Les dates correspondent à celles qui circulent actuellement. Mais ensuite, plus rien. Ce vide "juridique" correspond aux propos tenus dans l'article d'educpros en avril 2010. Il s'avère impossible de trouver un texte officiel mentionnant des épreuves d'admissibilité au troisième semestre du master pour la session 2011. Il faut dire que l'on se perd dans la jungle des projets de mastérisation présentés, puis retirés, puis proposés sous une autre forme. Les ballons d'essai finissent par brouiller la perception de la réforme en cours.
Tandis que l'Enseignant-chercheur, rompu à la recherche des sources, fait chou blanc, un grand nombre de documents et de sites universitaires annonce un calendrier précis et détaillé. Parfois, les candidats sont même invités à s'inscrire en ligne du 10 mai au 18 juin 2010 sur le site du MEN, alors qu'aucun calendrier, ni aucune procédure d'inscription n'y sont publiés pour la prochaine session. Comment expliquer un tel paradoxe ?
Afin d'apporter des éléments de réponse, il faut remonter deux mois en arrière. Le 15 mars 2010, l'Inspecteur général d'histoire, Laurent Carroué, fervent défenseur de la mastérisation, a soumis un calendrier dans un document officieux à l'intention des préparateurs. Ce courriel privé a été expédié aux collègues historiens, avec comme consigne de lui donner la plus large diffusion. Son contenu s'apparente à une fuite organisée puisque le calendrier et les nouveaux programmes limitatifs d'histoire s'y trouvent divulgués. Quatre jours plus tard, AEF a publié un calendrier dont les dates concordent avec celles indiquées par l'Inspecteur Général (dépêche 129078 du 19 mars 2010). La dépêche ne s'appuie pas sur des sources officielles, mais renvoie à des "informations recueillis par AEF". Depuis, les dates ont largement circulé sans qu'aucune source soit jamais citée. Chacun a intégré le calendrier, à tel point que certains collègues sont convaincus qu'il repose sur des textes officiels.
En l'absence d'un cadre officiel, la politique de la rumeur a admirablement fonctionné. Lorsqu'on ne sait pas, toute information est bonne pour chasser les monstres de l'anxiété. Dans le train de la mastérisation, voici venu le temps du calendrier fantôme.
Formation des profs : la masterisation et ses bugs
C’est une première dans la fonction publique… Jamais un concours n’a
levé autant d’incertitudes quelle qu’en soit l’issue ! Qu’ils
réussissent ou qu’ils échouent aux épreuves de la session 2010 du
recrutement des enseignants, plusieurs milliers d’étudiants (en
2009-2010) plongeront dans l’inconnu à la rentrée prochaine. I
ls seront
les cobayes de la masterisation. Les premiers à passer un tiers de leur
temps en formation et le reste devant des élèves, pour les lauréats. Et
aussi les premiers, pour les recalés aux concours, à devoir s’inscrire
dans un nouveau master et à passer, dans la foulée, de nouvelles
épreuves. Et, pour les uns et les autres, rien ne semble prêt.
La
situation est particulièrement ubuesque pour les étudiants qui doivent
poursuivre leurs études dans les nouveaux masters enseignement. Quand
ils se sont inscrits à l’université, on leur a « vendu » un parcours
qui devait initialement les conduire, après leur licence, à une année
de préparation au concours, suivie d’une année de formation au métier
de prof. On leur propose aujourd’hui de nouvelles règles du jeu, mais
elles ne sont pas maîtrisées… Des textes officiels manquent à l’appel
pour clarifier les conditions d’admission en master, l’inscription aux
concours, le déroulement des stages dans les établissements scolaires
et, dans un an pile, l’avenir professionnel et universitaire
courtelinesque de tous ceux qui auront eu le M2 et pas le concours ou vice versa.
Pour lire la suite c'est ici:
L’inscription aux concours de l’enseignement : un vrai problème de calendrier
Le cas de l’entrée en master : vers une double sélection ?
Un stage « vraiment indispensable » pour devenir prof ?
Le statut des « nouveaux » reçus-collés
Mastérisation : les prépas d’été fleurissent, fleurissent…
Educpros, 11 mai 2010
La quasi-totalité des IUFM ont pris l’initiative de mettre en place des prépas d’été, soit début juillet, soit fin août. L’objectif est de préparer les futurs entrants dans un M2 métiers de l’enseignement à la rentrée 2010 aux nouvelles épreuves des concours de l’enseignement, prévues dès le mois de septembre pour le concours de professorat des écoles, et dès novembre, pour les concours du secondaire.
Des prépas gratuites...
Et devant la difficulté d’instaurer un coût d’inscription pour ces prépas - ce qui impliquerait un vote du CA de l’université -, elles devraient être gratuites. « Le coût sera pris en charge par mon IUFM », assume un directeur qui chiffre à environ 32 000 € les quelques 800 heures de cours qui seront données.
... et sélectives
Seulement il n’y aura pas de place pour tout le monde. Si aucune sélection n’est pour le moment envisagée, ces prépas seraient réservées, en priorité, « aux recalés aux concours de la session 2010 qui étaient inscrits à l’IUFM ou dans une UFR », reconnaît un directeur d’IUFM. Car ce dernier soulève un problème juridique : « pour des raisons de responsabilité civile, nous ne pourrons accueillir que des personnes qui étaient inscrites à l’université cette année et, donc, restent couvertes jusqu’au 30 septembre 2010 ». Exit donc les prépas pour tous les candidats libres recalés. Et également pour les étudiants qui étaient inscrits en M1 en 2009-2010 et n’ont pas passé les concours cette année, sauf s’il reste des places, car eux sont couverts juridiquement.
Pour lire la suite
Lettre de Patrice BRUN, Président de l’Université Bordeaux 3
Lettre de Patrice BRUN,
Président de l’Université Bordeaux 3 au recteur de l’Académie de
Bordeaux
Pessac, jeudi 6 mai 2010
Monsieur le Recteur,
Je souhaite, par la présente lettre, vous faire part des insurmontables difficultés qui sont désormais les nôtres pour la mise en place des nouveaux masters.
Comme vous le savez, et malgré mon opposition de principe à cette réforme qui, selon moi, affaiblira à court terme la formation des enseignants, fidèle au principe républicain, j’ai convaincu l’université Bordeaux 3 de mettre en place des parcours devant permettre aux étudiants de suivre des filières en accord avec les décrets, arrêtés et circulaires publiés sur la question. Mais, en entrant dans le détail du montage des formations, des obstacles de plus en plus hauts et imprévus se dressent devant nous et nous amènent dans une impasse ou plutôt une nasse.
Il existe d’abord un défaut originel à cette réforme, qui allonge de fait la durée des études des étudiants se destinant au CAPES et à l’agrégation. C’est que cette réforme se fait à moyens humains constants alors que, selon nos calculs, ce sont entre vingt et trente enseignants et enseignants-chercheurs qu’il nous faudrait pour répondre à la nouvelle offre de formation que le ministère nous demande de mettre en place.
Certes, des moyens financiers nouveaux pourront advenir l’an prochain, avec les droits d’inscription et l’augmentation de la DGF liés à l’inscription de ces étudiants-candidats. Mais, après examen par les services financiers de l’établissement, il appert que l’excédent d’initialisation dont nous « bénéficions » au titre de l’année 2010 absorbera la totalité de l’augmentation de la DGF. Ce qui signifie que nous ne pourrons, pour assurer la formation de pas moins de quatorze CAPES et onze agrégations, que compter sur environ 50.000 euros de droits d’inscriptions supplémentaires. Mais que représente cette somme en regard des nécessités imposées par la réforme et que nous estimons à l’équivalent de 5000 h Eq./TD – soit les vingt à trente postes que j’évoquais tout à l’heure - ou bien rapportées en coût HS, à 250.000 euros ?
Mais il y a pire… En effet, après la signature de la convention entre les universités d’Aquitaine et l’IUFM sous votre haute autorité, M. le Recteur, nous avons appris il y a peu que l’IUFM d’Aquitaine avait décidé, sans concertation aucune, de revoir son offre de formation. Il s’avère que l’an passé, l’IUFM dispensait environ 45.000 heures de formation dont environ 10.000 étaient assurées, par voie de conventions, avec les universités du site dans le cadre de la préparation aux différents CAPES (PLC). Or, quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre que l’IUFM, pour l’année 2010-2011, se préparait à présenter une offre de formation de 52.000 heures, alors que sa préparation propre aux concours pour cette année représentait un volume de 35.000 heures. Le résultat pratique, tout à fait contraire à l’esprit d’une collaboration à laquelle nous aurions pu nous attendre, est que les 7.000 heures que l’IUFM rémunérait à Bordeaux 3 au titre des formations au CAPES, disparaissent entièrement dans cette opération et nous laissent totalement nus. Nous comprenons bien la stratégie de l’UFM qui consiste à gonfler sa propre offre de formation pour maintenir ses moyens à l’intérieur de l’université Bordeaux IV. Mais cela a pour conséquence de priver les autres établissements aquitains d’une partie de ces moyens actuellement dévolus à la préparation aux concours PLC, alors même que la vocation de l’IUFM d’Aquitaine a toujours été de déployer ses ressources sur l’ensemble des concours à l’échelle académique. Nous ne pouvons que déplorer amèrement que l’intégration des IUFM dans un seul établissement universitaire ait désormais pour conséquence en Aquitaine d’aspirer les moyens attribués jusqu’à cette année aux concours PLC.
Devant ce très mauvais coup et après analyse objective de la situation, il apparaît que l’université de Bordeaux 3 n’a plus que trois solutions.
1) Obtenir du ministère une aide substantielle, que nous avons chiffrée à 600.000 euros par an pour assurer les formations demandées par la nouvelle politique de formation des maîtres (12.000 heures x 50 €) ou bien un recrutement massif d’enseignants-chercheurs – solution à laquelle nous ne croyons pas beaucoup.
2) Réduire de façon drastique son offre de formation sur tous les masters recherche. Nous estimons cette réduction à 60% de l’offre actuelle. Chacun conviendra qu’il s’agirait là d’une politique qui amènerait à très court terme la disparition de la recherche dans notre université.
3) Supprimer la quasi-totalité des formations au CAPES, en les réduisant à des filières où les étudiants sont relativement nombreux : Lettres Modernes, Histoire-Géographie, Anglais, Espagnol. Et faire disparaître toutes les autres préparations. Ce qui à terme ne ferait rien moins que menacer l’existence de ces filières, pour lesquelles l’enseignement est, dans une université comme la nôtre, un débouché essentiel. Et si une université comme Bordeaux 3 n’est plus capable de former de futurs enseignants aux CAPES de lettres classiques, de philosophie, d’allemand, de russe, d’italien, de portugais, d’arts plastiques, de musique, de basque… qui le fera ?
En d’autres termes, Monsieur le recteur, et sans vouloir dramatiser outre mesure, notre situation devient de jour en jour plus désespérée, dans la mesure où nous avons l’impression d’être dans une nasse, obligés de nous amputer nous mêmes d’une part fondatrice de notre mission, la formation des maîtres ou (et ?) la recherche les deux étant, dans une université comme la nôtre, indissolublement liées et il s’agit là d’une issue à laquelle, vous le comprendrez aisément, je ne peux me résoudre.
Peut-être vous demandez-vous pourquoi une telle situation existe à Bordeaux 3 alors qu’elle ne semble pas apparaître ailleurs (encore qu’à Rennes 2, la situation ne soit pas meilleure). C’est que notre université, dans le cadre de cette réforme, possède deux lourds handicaps. Le premier est que notre université n’est pas « intégratrice » de l’IUFM ; le second est que nous préparons à quatorze CAPES, ce qui représente un alourdissement considérable par rapport à Bordeaux 1, par exemple, qui ne prépare qu’à trois CAPES.
Cette lettre, Monsieur le Recteur, a un but : vous tenir au courant des problèmes que nous rencontrons et qui vont amener, à très court terme, d’invraisemblables conséquences, quand on sait que le but affiché de la réforme était de renforcer la formation disciplinaire et professionnelle des futurs enseignants. Sans moyens suffisants, l’université Bordeaux 3 se trouve désormais dans l’incapacité d’assurer la mission qui devrait lui revenir : diplômer des étudiants tout en les préparant à un concours et au métier d’enseignant. Mais elle est aussi un appel pour que nos formations, auxquelles je vous sais attaché, soient sauvées. Je ne sais pas quelle est votre marge personnelle de manœuvre, mais vous devez comprendre que l’université Bordeaux 3 ne pourra rester les bras croisés en attendant sa mort programmée. C’est la raison pour laquelle j’attends de votre part une intervention, soit en direction du ministère, soit en direction de l’IUFM.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Recteur, l’assurance de mes sentiments les plus respectueux.
Patrice BRUN,
Président de l’Université Bordeaux 3
Formation des enseignants : le Conseil supérieur de l’éducation rejette 2 textes
Source: VousNousIls, 12 mai 2010
La communauté éducative réunie mercredi en Conseil supérieur de l’éducation (CSE) a rejeté deux textes administratifs découlant de la réforme de la formation des enseignants pour la rentrée 2010, a-t-on appris de sources concordantes.
L’avis du CSE, qui représente notamment les enseignants, lycéens, parents, étudiants, fédérations syndicales, collectivités territoriales, n’est que consultatif. Le CSE a rejeté un projet d’arrêté sur un "référentiel de compétences" que les enseignants devront maîtriser lors de leur titularisation. Ce texte a reçu deux votes "pour", 24 "contre", huit "abstentions" et 13 "refus de participer au vote". Un projet de circulaire d’application sur la formation en master à l’université et lors de la première année de stage a recueilli deux votes "pour", 36 "contre", sept "abstentions" et deux "refus de participer au vote".
La plupart des organisations syndicales dénoncent la réforme de la formation des enseignants qui se met en place à la rentrée 2010 et les conditions dans lesquelles les professeurs stagiaires vont effectuer leur première année d’exercice.
Une première réunion du CSE, qui devait se tenir jeudi dernier, avait été boycottée par plusieurs organisations syndicales, obligeant à la reporter à mercredi.
A lire sur le site de VousNousIls.Fr
Les futurs enseignants privés de formation professionnelle
Les parents et enseignants du collectif « Marche pour l’école » vous invitent à une réunion d’information et de débat sur un sujet vital pour l’avenir de nos enfants : La réforme de la formation des enseignants et son impact
Mardi 11 mai à 19h00
à la Bourse du Travail
3 rue du Château d’Eau
métro République
VENEZ NOMBREUX vous informer et débattre sur l’avenir de l’école de nos enfants tel que le dessine cette réforme
Le bricolage pour l’accueil des professeurs stagiaires Contestée par les parents d’élèves et les enseignants, la réforme gouvernementale de la formation des enseignants va fortement dégrader leur formation professionnelle. Dès la rentrée prochaine, la suppression des IUFM (instituts de formation des enseignants) prévue par la réforme va désorganiser les écoles, diminuer la qualité de l’enseignement : des enseignants stagiaires, sans formation, seront affectés dans des classes de tous les arrondissements parisiens.
Quelques 4000 élèves parisiens se trouveront dans des classes
dirigées par quatre enseignants, au minimum :
De
septembre à novembre : le professeur des écoles stagiaire (PES) sera
affecté dans une classe, mais n’y exercera pas à temps plein. En effet
ce PES sera occasionnellement en observation dans la classe de son
tuteur (qui sera lui-même amené à se rendre dans la classe du PES).
Lorsque tuteur et PES ne seront pas dans leurs classes, ils seront
remplacés par un enseignant T1 (enseignant débutant en 1ère année).
De
novembre à mai : Le PES fera cours 3 jours par semaine et le 4ème il
sera remplacé par un autre professeur.
De
mai à juillet : le PES prendra en charge la classe toute la semaine.
Pendant les stages de formation et les congés maladies : un nouveau
remplaçant
En résumé : un professeur d’école stagiaire sans formation
professionnelle mis devant classe et au moins trois enseignants
différents pour cette classe (PES, T1, et brigades de remplacement
remplaçant un jour par semaine) .
Nous n’acceptons pas cette situation : Enseigner , ça s’apprend ! Ensemble , nous pouvons imposer d’autres choix !
Cette casse de la formation professionnelle des enseignants est faite
pour :
économiser
d’un coup 14 000 emplois de stagiaires (pour atteindre l’objectif de
non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux)
justifier
le fait que de nombreux étudiants ayant préparés les concours mais
n’ayant pas été reçus faute de postes, deviennent vacataires puisqu’ils
auront le niveau requis pour enseigner
Collectif « Marche pour l’école » www.marchepourlecole.org Avec le soutien des parents, adhérents FCPE et non affiliés, et des enseignants des arrondissements du 10è,18è, 19è,20è , SNUIPP, CGT Educ’action
La Fcpe, la Fsu, Sud, l'Unsa, l'Unl et la Cfdt ont boycotté le CSE du 06 mai 2010
Le Conseil Supérieur de l'Education du 6 mai 2010 devait étudier le projet d'arrêté « portant définition des compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d'éducation pour l'exercice de leur métier » signé par les 2 ministres de l'éducation et de l'enseignement supérieur.
- communiqué de la FCPE "Formation des enseignants : la FCPE boycottera le CSE", 3 mai 2010.
- Note de SLU: à
l'appel de la FCPE, l'UNSA et le
SGEN (CFDT) ont annoncé le 5 mai une décision identique.
- Communiqué de Sud Éducation : Destruction de la formation des maîtres, le ministère s'entête. SUD Éducation et l'Union syndicale Solifaires ont décidé, comme la FCPE, de ne pas siéger au Conseil supérieur de l'éducation du 6 mai 2010.
- Communiqué
de la FSU (à propos du Conseil
Supérieur de l'Education) - 6 mai 2010.
- 7 mai –
Formation des enseignants : plusieurs syndicats boycottent une réunion
du CSE - VousNousIls, 7 mai 2010



























