Une nouvelle rentrée universitaire sous le signe de l’austérité

Depuis 2009, le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche a baissé de 250 millions en euros constants, alors même que le nombre d’étudiant-e-s n’a cessé d’augmenter. Malgré la promesse de François Hollande de sanctuariser la Recherche, il a préféré poursuivre les plans d’austérité de ses prédécesseurs, aggravant largement une situation déjà préoccupante. Après la loi Travail, et le mouvement social pour défendre l’outil de défense des salariés que représente le code du travail, et si aujourd'hui ce sont les statuts de la fonction publique qui sont menacé, l'ESR expérimente ces réformes depuis quelques années déjà

 

Des politiques continues contre l'enseignement supérieur et la recherche publique

Notre situation découle en effet des réformes mises en œuvre depuis la fin des années 1990 : processus de Bologne (1998), qui visait à « harmoniser » les systèmes universitaires européens ; loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités) qui a forcé les universités à devenir autonomes financièrement et à gérer elles-mêmes la masse budgétaire et salariale et, enfin, loi Fioraso (2013), qui a accentué la logique de la mise en concurrence en imposant le regroupement des universités, des grands établissements, des écoles au sein des COMUE (Communauté d’Universités et d’Établissements). L’ensemble de ces réformes reposent toutes sur une transformation fondamentale dans la manière de financer l’enseignement supérieur et la recherche : les universités doivent désormais chercher seules des financements privés, les forçant à se rapprocher des entreprises. A moins qu’elles ne fassent partie des rares à profiter du Crédit Impôt Recherche, concentrant les moyens sur les universités et les laboratoires ayant fait preuve d’« excellence ». Quoiqu’il en soit, elles sont toutes de plus en plus amenées à jouer de la masse salariale, en remplaçant des postes de fonctionnaires par des contractuels ou des vacataires (qui coûtent jusqu’à six fois moins cher) : les précaires, désormais de l’ordre de 40% chez les BIATSS et de 30% chez les personnels enseignants dans les universités, sont alors une simple variable d’ajustement, dont les conséquences, celles notamment de la paupérisation des jeunes chercheurs non titulaires, sont largement invisibilisées.

 

Une dégradation insupportable de nos conditions de travail et d'études

En plus de remettre en cause les statuts de la fonction publique, qui protègent encore les salarié-e-s face à l’emprise de l’employeur et leur permettent plus facilement de s’opposer à ces réformes, la précarité a des conséquences importantes sur la santé des travailleurs-ses de l’ESR : maladies professionnelles, telles que stress, burn out, turn over etc., que l’on voit cependant se développer partout face à un manque criant de personnels administratifs et enseignants. Si les personnels vivent le contrecoup de ces réformes, les étudiant-e-s sont en première ligne : salles surchargées, absence de suivi face à un manque de personnels, mettant en péril, en même temps que leur avenir, les missions de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

Pour exiger un financement public de l’Enseignement supérieur et de la recherche, une augmentation du budget nécessaire à l’embauche des personnels administratifs et enseignants et en finir avec la politique managériale de précarisation qui a déjà montré ses limites, retrouvons-nous toutes et tous ensembles, personnels administratifs et enseignants précaires ou titulaires et étudiant-e-s, pour manifester le mercredi 12 octobre à Paris.

Rendez-vous à 14h sur l’esplanade des Grands Moulins pour rejoindre ensemble le ministère du budget à Bercy !

 Signataires :

Collectif des travailleur.e.s précaires des l’Enseignement Supérieur et de la Recherche