Monsieur Le Vice-Chancelier, 

Monsieur le Président de Sorbonne Université,

Monsieur le Doyen de la Faculté des Lettres,

Monsieur le Président du Conseil d'École de l’ÉSPÉ de l’académie de Paris, 

Monsieur le Directeur de l’ÉSPÉ de Paris,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’École, chers Collègues,


Ce matin, vendredi 11 mai, sur le site des Batignolles, deux collègues de l’ÉSPÉ se sont vu demander de regrouper leurs deux cours de Master MEEF (de la même discipline) afin de libérer la salle dans laquelle l’une d’entre eux était censée faire cours 30 mn plus tard.

Vérification faite, la  salle avait été « attribuée » sans qu’on sache ni comment (le logiciel ADE n’accepte en principe pas les doublons) ni par qui.

Les étudiants qui se trouvaient à attendre ont expliqué aux collègues concernés qu’ils venaient passer un « examen d’histoire » (licence).  Situation motivée, selon eux, par le fait que «  la Sorbonne était fermée ».

Nous voulons à nouveau souligner ici que les locaux de l’ÉSPÉ de l’académie de Paris, s’ils peuvent servir, en temps ordinaire et quand ils sont libres, aux cours et évaluations afférents au Master MEEF, dispensés par les collègues de Sorbonne Université et des universités partenaires, ne sauraient, dans le contexte d’un mouvement de mobilisation sociale, être utilisés comme des lieux de contournement.

Ce n’est ni aux agents ni aux enseignants de l’ÉSPÉ de gérerin fine dans les couloirs, une situation de crise que Monsieur le Président de Sorbonne Université et Monsieur le Doyen de la Faculté des Lettres ne semblent pas, pour le moment,  savoir résoudre.

Il nous semble irresponsable – et de mauvaise politique – , au moment où se déroule la phase finale des préparations aux concours de recrutements (CRPE et CAPES), d’amener les sites de l’ÉSPÉ à se voir bloqués, au motif qu’ils seraient susceptibles de permettre la tenue d’examens qui doivent se tenir – s’ils le doivent – là où les étudiants, censés les passer, sont censés être abrités

L’ÉSPÉ de l’académie de Paris n’est pas Arcueil ni n’aspire à le devenir http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/05/11/reforme-des-universites-tensions-lors-du-blocage-d-examens-delocalises-a-arcueil_5297426_4401467.html

 « Malesherbes n’est plus dans Malesherbes » https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/11/malesherbes-six-personnes-arretees-apres-des-violences-contre-des-etudiants-occupant-ce-site-de-la-sorbonne-exclusif_a_23432286/

 : c’est là un destin (?)  auquel nous ne voulons pas contribuer.

L'illusione è la gramigna più tenace della coscienza collettiva; la storia insegna, ma non ha scolari. (A. Gramsci, Italia e Spagna, L'Ordine Nuovo, 11 mars 1921, année I, n° 70) [L’illusion est le chiendent le plus tenace de la conscience collective: l’histoire enseigne mais elle n’a pas d’élèves.] 

Nous vous remercions de votre attention et vous prions d’agréer l’expression de notre considération. 

Pour les élus FSU au CE, le 11 mai 2018.