Compte-rendu de la réunion d’information syndicale / Assemblée Générale du 11 décembre 2019 en amphi 55B à l’appel d’un collectif de chercheurs et enseignants-chercheurs des syndicat CGT, SUD, FO et FSU de Sorbonne Université

 

Etaient présents à l’assemblée  des Chercheurs, des enseignants, des Enseignements-chercheurs (Universités et EPST), des personnels BIATSS et quelques étudiants étudiants

 

L’ordre du jour portait sur :

 

-          La réforme du système de retraites en cours

-          Et la nouvelle Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR)

 

L’AG a débuté par une introduction et rappels sur ces deux sujets en mentionnant notamment que pour les fonctionnaires le calcul du montant des pensions sera basé sur l’ensemble de la carrière et non pas sur 75% des salaires des six derniers mois comme c’est le cas actuellement, ce qui provoque mécaniquement des chutes de 20% à 40% des pensions par rapport au calcul actuel. Dans ce nouveau système, les personnes ayant eu des périodes d’inactivité (maladie, maternité, séjours à l’étranger sans cotisation...) seront particulièrement pénalisées. De plus, le principe de la retraite par point soulève l’incertitude sur la valeur de ce point qui peut fluctuer. Les enseignants universitaires, d’enseignants-chercheurs ou de chercheurs, qui sont souvent recrutés après plusieurs post-docs et donc tard seront particulièrement impactés par cette réforme et travailleront de plus en plus tard pour avoir une carrière complète.

En ce qui concerne la LPPR, cette loi est programmée pour être révisée et votée courant février 2020. Elle prévoit :

-          La disparition de la référence aux 192 heures annuelles d’enseignement pour les enseignants-chercheurs en laissant la liberté aux UFR de gérer le service des personnels selon les besoins. C’est donc le retour de la modulation de service tant combattue en 2009 !

-          La disparition de la procédure de qualification par le CNU

-          L’aggravation de la précarité pour les jeunes docteurs avec la mise en place de postes de chercheurs en « CDI » de « chantier » (qui sont en fait des CDD valable pour la durée d’un projet) pour une durée de 6 ans maximum et de postes de « tenure–track » suivant le modèle anglo-saxon qui sont des CDD de 5 ou 6 ans, une période durant laquelle la personne doit faire la preuve d’être capable de décrocher des financements industriels ou de type ANR et ERC.

-          L’obtention de primes en fonction de l’évaluation du laboratoire d’appartenance par l’HCERES.  

 

A la suite de cette introduction, plusieurs interventions/questions ont nourri le débat en émettant des avis et idées sur les réformes en cour et la mobilisation à venir. Tout d’abord concernant les retraites, plusieurs questions ont été posées autour du calcul des pensions. Toutes les personnes présentes étaient conscientes de la perte nette avec le nouveau système de calcul qui est inévitable si l’enveloppe consacrée aux pensions reste constante à 14% du PIB sachant que le nombre de retraités augmente et augmentera encore dans les prochaines années. 

Au sujet de la LPPR, plusieurs avis convergent pour trouver scandaleux la volonté de précarisation des personnels de l’enseignement supérieur et la recherche à travers les nouveaux contrats mis en place et la modulation de service. L’avis général est aussi sévère avec les propos scandaleux du directeur du CNRS qui parle de Darwinisme appliqué à notre milieu c’est à dire que les meilleurs soient favorisés et que les moins bons disparaissent ! Plusieurs personnes font remarquer que la théorie scientifique du  Darwinisme est bien plus complexe et que le patron du CNRS devrait lire Darwin ! Le premier moyen de protester contre ce scandale est de faire circuler par signer la pétition en ligne(https://www.petitions.fr/recherche__non_a_une_loi_inegalitaire). Il a été suggéré de constituer une délégation pour interpeler le président de l’université et les élus aux conseils centraux afin qu’une motion soit adoptée contre la LPPR et les déclarations extrêmement violentes du patron du CNRS. .

La question de la mobilisation se pose évidemment également pour la défense du système de retraites. Plusieurs chercheurs et enseignants-chercheurs ont déclaré être en grève depuis le début du conflit et plusieurs autres (une dizaine) ont déclaré être prêt-e-s à faire grève et à  arrêter les enseignements pour protester contre la casse des retraites et la LPPR

Pour faire reculer Macron, la question de la grève totale jusqu’au retrait est posée.

La discussion a permis de dire qu’avant d’appeler à une telle grève il faut mener des actions d’information et convaincre les collègues par la tournée des services et/ou la mise en place de tables/stands d’information pour mobiliser sur ces questions, ce qui a déjà commencé. Il y a aussi des réunions interfac qui se mettent en place, d’autant que certains présidents d’universités ferment leurs établissements. Aujourd’hui des examens ont été suspendus à Paris 8 et à Orsay. Le constat est que majoritairement les collègues sont maintenant convaincus que la réforme des retraites est mauvaise pour eux mais que beaucoup hésitent à se mettre en grève pour ne pas pénaliser les étudiants et le fonctionnement de l’ESR. Il faudra dire à nos collègues que la question de la grève (en particulier de la grève des enseignements) se pose comme le seul moyen/efficace pour faire reculer le gouvernement à la fois sur les retraites et la LPPR comme en 2009. 

D’autres suggestions ont également été proposées. Par exemple inciter les collègues à ne pas relever l’assiduité des étudiants et de ne pas les pénaliser en cas d’absence (c’est déjà en partie le cas en ce moment). Il a été également suggéré d’adresser un courrier à l’ensemble des directeurs d’unités afin qu’ils menacent de démissionner de leur fonction administrative (comme en 2004 lors du mouvement « Sauvons la Recherche »). 

 

Certaines personnes ont suggéré d’aller aider les grévistes de la RATP dans les piquets de grève pour perturber le fonctionnement des dépôts de bus. Plusieurs camarades ont répondu que la meilleure façon de soutenir les grévistes des transports est d’étendre le mouvement sur notre université. 

 

Enfin il a été décidé de tenir une AG le lundi 16/12 à 12h30 en mobilisant un maximum de collègues et étudiants en vue de la grande mobilisation sur Jussieu lors de la manifestation du mardi 17/12 après-midiLe tract appelant à cette AG sera distribué lundi matin avec un collage d’affiches.