Véronique Soulé, C'est classe!, Blog libération, 17 novembre 2009.

Rien ne va plus autour de la réforme de la formation des enseignants. Au coeur du mouvement de l'an dernier, la "masterisation" risque-t-elle de remette le feu aux poudres  ? Une bonne partie du monde syndical est vent debout contre les dernières annonces. Ce matin invité de France Inter, le ministre de l'Education Luc Chatel a bien promis des discussions. Mais il n'a donné qu'une quinzaine de jours pour que tout soit conclu....

Les deux ministres de l'Education nationale, et de la Recherche et de l'Enseignement supérieur (Valérie Pécresse), en charge du dossier, ont présenté leurs derniers arbitrages vendredi dernier aux partenaires sociaux. Ils portent sur les deux questions les plus explosives de la réforme qui avaient été reportées à plus tard devant la mobilisation. Il s'agit essentiellement de la place des concours de recrutement au cours des deux années de master, et du contenu des épreuves elles-mêmes, avec la place réservée aux savoirs disciplinaires et celle réservée à la formation professionnelle.

Les ministres ont donc tranché. Les concours - celui des professeurs de lycées professionnels, celui de CPE (conseiller principal d'éducation), le capes mais aussi l'agrégation pour les enseignants du secondaire, etc - auront tous lieu au cours de la deuxième année du master (en Master 2 ou M2).

Plus précisément, les épreuves d'admissibilité - la première partie du concours - pour les professeurs des écoles se dérouleront en septembre, avec des résultats prévus en novembre. Celles des enseignants du second degré, comme des CPE, seront organisées en décembre, avec des résultats prévus à la mi janvier. Les épreuves d'admission - la seconde partie - auront lieu, elles, en fin d'année de M2. Pour l'agrégation, le écrits seront en avril, les oraux en juin-juillet.

Pour le contenu, les deux ministres ont décidé que les Masters "Métiers de l'enseignement" qui vont être créés dans les universités seront "généralistes", privilégiant la dimension disciplinaire à la pédagogie proprement dite. Officiellement, cela devrait permettre à ceux qui échouent aux concours de se réorienter vers un autre métier.

Pour l'admissibilité, les candidats auront deux épreuves écrites disciplinaires. Pour les professeurs des écoles, ce sera "le français et la culture humaniste", et "les mathématiques et les sciences". En fin de parcours, pour l'admission, on jugera enfin un peu de l'aptitude professionnelle des candidats, à qui il sera notamment demandé de préparer une leçon.

Les principales organisations syndicales d'enseignants  - le Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire), le Snesup-FSU (pour le supérieur), le SE-UNSA, le Sgen-CFDT, FO, le Snalc (considéré à droite) dans une moindre mesure, etc -, et d'étudiants comme  l'Unef ont aussitôt réagi et dénoncé ce qui représente à leurs yeux une régression et une dégradation de la formation. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire favorable à la réforme sur le fond, n'a diffusé un communiqué que ce matin, jugeant "le projet inacceptable" en l'état.

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